Des séances de yoga pour tous !

Enseignements spirituels

VIDEO :

DANSE DE SHIVA


Kuchipudi : danse dédiée à Shiva, filmée par Louise.


VIDEO : cliquez sur la flêche "lecture"
Interprétée par une danseuse de grande qualité, à Agen, invitée par l'Association AUMA. 

 

                                       

 

LES TROIS ETAPES DE LA NATURE

"Tels les rayons d'une roue dans le moyeu, toute chose est établie en l'Energie de Vie : la triple connaissance et le Sacrifice, et le pouvoir du fort et la pureté du sage. Sous l'empire de l'Energie de Vie est tout ceci  qui demeure dans le triple ciel "*

Les anciens disaient avec raison que l'être humain est essentiellement le penseur : Manou , l'être mental qui dirige la vie et le corps, non l'animal qui est dirigé par eux ( Moundaka Oupanishad)

LE HAUT IDEAL HUMAIN.

" Le mental matériel est un mental microscopique, répétitif, plein de craintes et d'automatismes,

il enregistre les moindres sensations et les moindres faits de la vie matérielle et les ressasse indéfiniment.

C'est en lui que s'enracinent les habitudes de la vie.                                               C'est la première émergence ou fixation du Mental dans la Matière."

Loin d'être apparue  récemment dans l'homme, la vie mentale est la rapide répétition en nous d'un accomplissement antérieur, après quoi l'Energie dans l'espèce a subi l'un de ses déplorables reculs. 

     Le sauvage n'est peut-être pas tant le premier ancêtre de l'homme civilisé que le descendant dégénéré d'une civilisation précédente.

     Ce n'est pas l'incapacité mentale qui crée le sauvage, mais l'isolement, ou parce qu'il a longtemps rejeté l'occasion et s'est soustrait à l'impulsion qui pouvait l'éveiller.

     La barbarie est un sommeil intermédiaire, non une obscurité originelle.

     Toute la philosophie indienne repose sur l'affirmation

    qu'il existe une vie plus haute que la vie mentale

Acquérir et organiser cette vie supérieure

est l'objet véritable des méthodes de yoga.

Le Mental n'est pas le dernier terme de l'évolution, ni son but ultime, mais un instrument, comme le corps. C'est même ainsi qu'on le désigne dans le langage du yoga :

antakharana l'instrument intérieur.

La tradition indienne affirme que ce qui doit se manifester, n'est pas un terme nouveau dans l'expérience humaine, mais a déjà fait son apparition dans les temps passés et a même gouverné l'humanité à certaines périodes de son évolution.

La terminologie du yoga reconnaît, outre le statut de notre être physique et vital, appelé : " corps grossier " et doublement composé de l'enveloppe dite de nourriture et du véhicule vital, et outre le statut de notre être mental, appelé : " corps subtil " et simplement composé de l'enveloppe mentale ou véhicule mental : manakôsha ,

un troisième statut, suprême et divin :

l'être supramental, appelé "corps causal " et composé d'un quatrième et d'un cinquième véhicules, dits de connaissance et de béatitude:                       vijnânakôsha et ânandakôsha.

Mais cette connaissance est une Vérité pure existant en soi et lumineuse en soi. ...

Sat - chit - ânanda est la description métaphysique du suprême Âtman; c'est la façon dont l'Inconnaissable se formule pour notre connaissance éveillée, soit qu'on le conçoive comme une pure Impersonnalité, soit comme une Personnalité cosmique manifestant l'univers....

 Le long labeur de la Nature s'achèvera par un couronnement justificateur   et les évolutions révèleront leur signification profonde.

Les trois étapes dans la Nature:

 - une vie corporelle base de notre existence dans le monde matériel;

 - une vie mentale à laquelle nous émergeons et par laquelle nous haussons la vie corporelle à un usage plus haut et l'élargissons en la rendant plus complète.

- une existence divine, but des 2 autres: elle revient aussi sur elles         pour  les libérer et leur ouvrir leurs propres possibilités plus hautes.

Nous admettons que cette libération et cette plénitude font une large et importante partie du yoga et de son but.

LA TRIPLE VIE

Puisque l'évolution ou la manifestation progressive d'une existence éternelle et secrète sous trois formes successives qui constituent les 3 étapes de son ascension, toutes nos activités seront conditionnées par ces 3 possibilités mutuellement interdépendantes:

la vie corporelle, l'existence mentale et l'être spirituel voilé, qui dans l'évolution est la cause des deux autres, et, dans l'évolution, leur résultat.

Le but de la Nature ( et ce devrait être le nôtre ) est de dévoiler dans un corps et un mental parfaits, les activités transcendantes de l'Esprit.

De même que la vie mentale n'abolit pas la vie corporelle mais travaille à son élévation et à sa meilleure utilisation,

de même la vie spirituelle devrait transfigurer nos activités intellectuelles, émotives, esthétiques et vitales.

     L'être humain qui est le chef de la Nature terrestre

et la seule structure sur la terre en laquelle puisse s'accomplir pleinement l'évolution de la Nature,

l'être humain est le lieu d'une triple naissance.

Il a reçu une structure vivante avec un corps qui est le vaisseau d'une manifestation divine,

et une vie qui est le moyen dynamique de cette manifestation.

Son activité est centrée autour d'un mental  progressif qui tend,

non seulement à se perfectionner,

mais à perfectionner la maison où il demeure

et les moyens de vie dont il se sert,

et qui est capable, par une réalisation de soi progressive,

de s'éveiller à sa propre nature vraie en tant que forme de l' Esprit.

Il atteint son point culminant lorsqu'il devient ce qu'il a toujours été vraiment: 

l'esprit illuminé et béatifique finalement destiné à irradier la vie et le mental de ses splendeurs maintenant cachées.

     Puisque tel est le plan de l'Energie divine dans l'humanité, toute la méthode et le but de notre existence dépendront de l'interaction de ces trois éléments de notre être.

Et puisque ces éléments se sont formulés séparément dans la Nature, l'homme a devant lui le choix entre trois genres de vie:

- l'existence matérielle ordinaire,

- une vie d'activité mentale et de progrès,

- et l'immuable béatitude spirituelle. 

Mais à mesure qu'il progresse, il peut combiner ces trois formes,

résoudre leurs désaccords en un rythme harmonieux,

et ainsi créer en lui-même la divinité complète, l'Homme parfait.

     Dans la Nature ordinaire, chacune de ces trois formes est gouvernée par une impulsion caractéristique.

     L'énergie caractéristique de la Vie corporelle n'est pas tant le progrès de la persistance, pas tant l'élargissement de l'individu que sa répétition. Certes, il y a progrès d'un type à l'autre dans la Nature physique - du végétal à l'animal, de l'animal à l'homme -

car même dans la Matière inanimée, le Mental est à l'oeuvre.

Mais une fois qu'un type est physiquement délimité, la préoccupation principale et immédiate de la Mère terrestre semble de le perpétuer par une constante reproduction.

Car toujours la Vie cherche l'immortalité ;

mais puisque la forme individuelle est impermanente et que seule l'idée de la forme est permanente dans la conscience qui crée l'univers - car là, elle ne périt pas -,

cette reproduction constante est la seule immortalité matérielle possible

Conservation, répétition, multiplication, sont donc nécéssairement les instincts prédominants de toute existence matérielle.

La vie matérielle semble se mouvoir à jamais dans cycle fixe.

 L'énergie caractéristique du Mental pur est le changement,

et plus il s'élève et s'organise,

plus la loi du Mental prend l'aspect d'un élargissement et d'un perfectionnement continuels,

d'un arrangement meilleur de son acquis,

et donc d'un passage continuel d'une perfection petite et simple à une perfection plus grande et plus complexe.

Car le mental à la différence de la vie corporelle, possède un champ infini; son expansion est élastique et ses formations aisément variables.

Changement, élargissement, perfectionnement, sont donc ses instincts propres.

Le Mental aussi se meut par cycles, mais ce sont des spirales qui sans cesse s'élargissent.

Sa foi est la perfectibilité, son mot d'ordre est le progrès

La loi caractéristique de l'Esprit est la perfection en soi et l'infinitude immuable. Il possède toujours et de plein droit l'immortalité, qui est l'objet de la Vie, et la perfection en soi et l'infinitude immuable.

     La loi caractéristique de l'Esprit est la perfection en soi et l'infinitude immuable. Il possède toujours et de plein droit l'immortalité, qui est l'objet de la Vie, et la perfection, qui est le but du Mental.

Atteindre l'éternel et le réaliser ce qui est pareil en toutes choses et par-delà toutes choses, ce qui est également béatifique dans l'univers et hors de l'univers, non touché par les imperfections et les limitations des formes ou des activités en lesquelles il demeure, telle est la gloire de la vie spirituelle.

     En chacune de ces formes de vie, la Nature agit individuellement et collectivement à la fois; car l'Eternel s'affirme également dans la forme isolée et dans l'existence de groupe - famille, clan, nation, ou dans des groupements obéissant à des principes moins exclusivement physiques, ou encore le groupe suprême : notre humanité collective.

L'homme aussi peut chercher son bien individuel dans l'une ou l'autre de ces sphères d'activités ou en toutes, ou s'identifier à la collectivité dans sa propre sphère et vivre pour elle, ou encore, s'élevant à une perception plus vraie de cet univers complexe, harmoniser la réalisation individuelle et le but collectif.

Car de même que la vraie relation de l'âme et du Suprême, tandis qu'elle est dans l'univers, n'est pas d'affirmer égoïstement son existence séparée  ni de s'anéantir dans l'Indéfinissable mais de réaliser son unité avec le Divin et le monde et de les unir dans l'individu ; de même la vraie relation de l'individu et de la collectivité n'est pas de poursuivre égoïstement son propre progrés matériel et mental ou son salut spirituel sans se soucier de ses semblables, ni de sacrifier ou de mutiler son propre développement sur l'autel de la communauté, mais de totaliser en lui-même les possibilités les meilleures et les plus complètes de la communauté et de les prodiguer autour de lui par la pensée, l'action ou n'importe quel autre moyen, afin que l'espèce entière puisse se rapprocher des réalisations de ses personnalités les plus hautes.

     Par conséquent, avant toute chose, l'objet de la vie matérielle doit être de réaliser le dessein vital de la Nature.

Le seul but de l'homme matériel est de vivre, de passer de la naissance à la mort avec autant de confort et d'agrément qu'il peut en trouver sur sa route, mais en tout cas de vivre.

Il peut subordonner ce but, mais il ne le subordonnera qu'aux autres instincts de la Nature physique :

à la reproduction de l'individu et à la conservation du type dans la famille, dans la classe ou la communauté.

L'ego, la vie domestique, l'ordre coutumier de la société et de la nation, sont les éléments constitutifs de l'existence matérielle.

Son importance immense dans l'économie de la Nature est évidente et le type humain qui la représente est proportionnellement important.

Il assure à la Nature la sécurité de la structure qu'elle a construite, une bonne continuation et la conservation de ses gains passés.   

Les hommes de ce type et la vie qu'ils mènent, sont voués à être bornés, irrationnellement conservateurs et terre-à-terre.

La routine coutumière, les instituions coutumières, les formes de pensée héritées ou habituelles, sont tout l'air qu'ils respirent.

Ils acceptent et défendent jalousement les changements imposés par les intelligences progressives du passé,

mais ils combattent avec un zèle égal les changements que ces mêmes intelligences veulent introduire dans le présent.

Pour l'homme matériel, en effet, le penseur progressiste tant qu'il n'est pas mort, est un idéologue, un rêveur ou un fou.

Certains dans les temps anciens lapidaient leurs prophètes lorsqu'ils étaient en vie et adoraient leur mémoire quand ils étaient morts. Ceux-là sont l'incarnation même de ce principe instinctif et inintelligent de la Nature.

Dans l'Inde ancienne, où l'on distinguait 

" celui qui est né une fois"

et le "deux fois né",

c'est à l'homme matériel que le premier qualificatif pouvait s'appliquer.          Il accomplit les travaux inférieurs  de la Nature et assure la base de ses activités supérieures, mais les gloires de la seconde naissance ne s'ouvrent pas facilement à lui.

Pourtant l'homme matériel admet la spiritualité, ou du moins ce que les grands éclats religieux du passé ont pu faire entrer de force dans ses idées coutumières.

Il fait une place vénérable, - mais pas souvent effective, dans son organisation de la société,  une place au prêtre et au savant théologien, qui ne se font pas faute de lui fournir une nourriture spirituelle, il assigne  - si toutefois il le reconnaît, non l'habit du prêtre mais la robe du sannyâsin :

qu'il exerce sa dangereuse liberté en dehors de la société;                          ainsi il peut même, de la sorte, servir de paratonnerre humain aux foudres de l'Esprit et détourner ces foudres de l'édifice social.

Néanmoins, il est possible de rendre modérément progressifs l'homme matériel et sa vie, en empreignant sur le mental matériel,

l'habitude du progrès, l'habitude du changement conscient,

l'idée fixe de la marche en avant comme loi de la vie.

Ainsi se sont créées en Europe les sociétés progressives,

et c'est l'un des plus grands triomphes du Mental sur la Matière.

Il est possible aussi de donner à l'homme matériel et à sa vie une spiritualité modérée, en l'habituant à voir dans un esprit religieux toutes les institutions de la vie et ses activités courantes.

Ainsi se sont créées en Orient les communautés spiritualisées, et ce fut l'un des plus grands triomphes de l'Esprit sur la Matière.

Pourtant, ici aussi il y a un défaut ; car souvent les sociétés spiritualisées par ce moyen  tendent simplement à la création d'un tempérament religieux, forme, la plus extérieure de la spiritualité. 

Leurs manifestations supérieures, même les plus splendides et les plus puissantes, ne font qu'accroître le nombre des âmes attirées hors de la vie sociale, qui s'en trouve d'autant plus appauvrie, ou remuent un moment la société par une élévation passagère.

En vérité, ni l'effort mental ni l'impulsion spirituelle, divorcés l'un de l'autre, ne peuvent suffire à surmonter l'immense résistance de la Nature matérielle. Il faut leur alliance dans un effort complet avant qu'elle consente à un changement complet dans l'humanité.

La vie mentale se concentre sur les activités esthétiques, éthiques et intellectuelles. Essentiellement, le Mental est idéaliste et chercheur de perfection.

Le moi subtil, le brillant Âtman : " Celui qui demeure dans le Rêve, qui est conscient à l'intérieur, qui trouve sa joie dans les abstractions, le Brillant " (Mândoûkya Oupanishad.) est un rêveur inlassable.

Rares et dispersées sont les réalisation du rêveur dans l'Homme. Elles furent acceptées de bon coeur par le monde et que le monde aime garder en mémoire ou cherche à cultiver dans sa vie. 

Quand l'abîme est trop grand entre la vie réelle et la nature du penseur, le Mental se retire de la vie afin d'oeuvrer dans sa propre sphère.

Le poète qui vit dans ses visions brillantes,

l'artiste absorbé dans son art,

le philosophe dans sa retraite solitaire,

le savant et l'érudit préoccupés de leurs seules études et de leurs expériences

étaient et sont assez souvent encore, les sannyâsin de l'intellect.               Tout le passé de l'humanité témoigne du travail qu'ils ont fait pour elle.    

* Selon Sri Aurobindo, l'évolution est le produit d'une " involution " :          rien ne peut évoluer dans la Matière, qui n'y soit déjà contenu ou "involulé", comme l'arbre et toutes ses branches sont contenus

ou involués dans la semence.

 

 

 

 

 Cours de yoga Agen Nérac

Shiva

peinture ci-dessus, détruisant un  rakshasa          Créateur et Destructeur des mondes.

YANTRA: il symbolise le corps de la divinité. Le yantra de la déesse Durga est généralement de la couleur rouge-safran afin de développer la sérénité.

DEVISUKTAM: " Hommage à vous, ô déesse, Prakriti qui soutient et protège la Terre." Nous nous prosternons devant Vous."

 

LA VOIX DE LA FORÊT

Chef Raoni:

" L'homme blanc est étrange. Il ne prend pas le temps de rêver, de méditer, de célébrer la beauté de la terre, la naissance de l'aube...

Notre mode de vie est le résultat d'une longue tradition qui nous a conduits vie après vie à connaître chaque plante et chaque animal de la forêt. Et par là, à les respecter.

La nature est comme l'homme:     

le sol est sa peau, les forêts sont ses cheveux  et les rivières sont ses veines....

Le Grand Esprit, qui est le même pour tous, est venu me rendre visite dans mes rêves.

Il m'a dit:

" que la terre va devenir sèche.                                              Qu' il n'y aura plus d'eau."

Nous respirons tous un seul air.                                   

Nous buvons tous une seule eau.

Nous vivons tous sur une seule terre.

Nous devons tous la protéger. Aidez-nous.

Aidez-vous avant qu'il ne soit trop tard."

Bienfaits des plantes :

Le Plantain doit son nom à la ressemblance de sa feuille avec la plante d'un pied humain. Du fait de cette similitude, nos aïeux ont compris que sa feuill pouvait soulager leurs pieds meurtris.  Du coup, les pèlerins la portent sur eux comme porte-bonheur . Il soigne les ampoules, soulage les piqûres d'insectes ou de serpents.

Le jus de Plantain calme les piqûres d'Ortie, d'abeilles, de guêpes et de nombreux insectes. Le plantain sert à nourrir les oiseaux de cage et de volière.

Les oiseaux granivores raffolent de la semence du plantain : moineaux, verdiers, chardonnerets, pinsons.

Les Anglais ont mis en place des prairies artificielles de Plantains lancéolés pour les moutons et les chevaux. Les herbivores sauvages et certains rongeurs en profitent, du garenne au chevreuil en passant par la marmotte ou le chamois.  Des petits animaux  invertébrés savourent et exploitent le Plantain : les papillons, les lépidoptères et en particulier leurs chenilles. Pour clore provisoirement ce chapitre, citons les insectes: les abeillees, les bourdons, des coléoptères.

 

 

 

 

 

 

OBJET DU YOGA :

Sortir du cycle du karma, quitter la ronde mécanique de la Nature dans laquelle on est un instrument impuissant, pour monter à un autre plan où l'on devient un participant conscient et un agent dynamique dans l'édification d'une plus haute destinée. .

Le yoga est la pratique de la Vérité : SATYA.

Cette pratique a pour force motrice un esprit de calme ou de fervente consécration à la connaissance.

 " Yoga de la Bhagavad Gîtâ "   Sri Aurobindo

" C'est seulement au terme de maintes existences qu'après être entré en possession de la connaissance intégrale et l'avoir élaborée en soi-même au fil de vies nombreuses, que l'on peut enfin atteindre au Transcendant. La connaissance que le Divin est tout ce qui existe est difficile à atteindre et rares sur la terre sont les grandes âmes Mahâtma capables de Le voir aussi pleinement et d'entrer en Lui de tout leur être, dans toutes les voies de leur nature par la vaste connaissance qui englobe tout. "

SARVA-VIT  SARVA-BHAVENA. GITA II

Le langage de la Gîtâ, la structure de sa pensée, la combinaison et l'équilibre des idées ne sont pas du tempérament d'un instructeur sectaire, ni de l'esprit d'une dialectique rigoureusement analytique découpant un pan de la vérité à l'exclusion des autres; on y trouve plutôt un un mouvement d'idées, large, ondoyant, encerclant, qui révèle un vaste esprit et une riche expérience synthétiques.

C'est une de ces grandes synthèses où abonda la spiritualité de l'Inde, comme elle abonda aussi dans la création de mouvements intenses et exclusifs de connaissance et de réalisation religieuse qui poursuivent jusqu'au bout, en absolue concentration, un fil directeur, une voie, jusqu'à son issue dernière. Cette oeuvre ne tend pas à séparer et à opposer, mais à concilier et à unifier.    

                   OM TAT SAVITUR VARAM RUPAM JIOTY

                    PARASYA DIMAHI

                    YANAHA SATYENA DIPAYËT

LA SYNTHESE DES YOGA

Règles de conduite et Liberté Spirituelle

La clef de voûte de la connaissance sur laquelle doivent reposer l'action et le progrès du travailleur dans le yoga,    est une perception de plus en plus concrète de l'unité,          un sentiment vivant de l'Un qui imprègne tout;                       le travailleur doit se mouvoir avec la conscience grandissante que l'existence entière est un tout indivisible :                    toutes les oeuvres aussi font partie de                                  ce tout divin indivisible.

Nos oeuvres font partie d'une action cosmique indivisible 

Cette action mondiale, est l'indivisible mouvement de l'Un qui se manifeste progressivement dans le cosmos.

L'être humain devient progressivement conscient de sa propre vérité et de la vérité des choses

Ce mouvement est soutenu par une immense existence environnante et sous-jacente, et il est soumis à l'attraction d'une immense existence.

Notre action émerge, comme nous-mêmes, d'une universalité dont nous ne sommes pas conscients ;

 La vraie loi de l'action, dépasse les formations humaines.

Tous les points de vue et toutes les règles d'action humaines sont aux yeux de la Vérité spirituelle une loi de l'Ignorance.

Même quand nous avons réussi à fixer cette idée dans notre conscience sous forme de connaissance mentale, et que l'âme a pris l'attitude qui en découle, il reste difficile pour nous dans notre nature active de faire cadrer ce point de vue universel avec nos opinions personnelles, notre volonté personnelle, nos émotions et nos désirs personnels. Par la force de l'habitude, nous continuons à traiter ce mouvement indivisible comme si c'était une masse  de matériaux impersonnels. A partir de cela, nous, l'ego, nous taillons quelque ouvrage selon notre volonté et notre effort personnels.

Telle est l'attitude normale de l'homme à l'égard de son milieu.

C'est une attitude fausse,

car notre ego et sa volonté sont les marionnettes et les créations des forces cosmiques.

Quand nous nous retirons de l'ego pour entrer dans la conscience de la Connaissance-Volonté de l'Eternel laquelle agit à travers ces forces cosmiques, alors nous pouvons être leur maître (par une délégation d'en haut)

Cette position personnelle est l'attitude juste pour l'homme, aussi longtemps qu'il chérit son individualité et qu'il ne l'a pas encore développée pleinement.

Sans ce point de vue personnel et cette force motrice, l'ego ne peut pas croître, il ne peut pas se développer, ni se différencier suffisamment de la masse d'existence universelle, subconsciente ou semi-consciente.

L'emprise de l'ego sur toute notre existence est difficile à secouer, même quand nous n'avons plus besoin du stade séparatif, individualiste et agressif du développement .

Même quand nous devrions dépasser la nécessité de cette petitesse de l'âme-enfant  pour entre dans l'unité et l'universalité, dans la conscience cosmique et par delà, dans notre stature spirituelle transcendante.

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Quatre règles principales gouvernent la conduite humaine suivant une échelle ascendante.

1) besoin personnel et préférence, le désir de l'individu.

2) la loi et le bien de la collectivité.

3) l'idéal moral.

4) la loi divine la plus haute de notre nature.

Quand l'homme se met en route pour le long voyage de son évolution, il ne possède que les 2 premières règles pour s'éclairer et se conduire ; elles constituent la loi de son existence animale et vitale,

- car c'est en tant qu'animal-homme -animal vital et physique

qu'il commence son progrès.

La vraie besongne de l'homme sur la terre est d'exprimer dans le ype humain, une image grandissante du Divin.

Qu'il le sache ou non, c'est à cette fin que la Nature travaille en lui sous le voile épais de ses processus intérieurs et estérieurs.

Mais l'homme matériel ou animal ignore le but intérieur de la vie; il ne connaît que ses besoins et ses désirs;                      et nécessairement, son seul guide pour accomplir ce qui est attendu de lui, est la perception de ses propres besoins et les vibrations ou les indications de son propre désir.

Sa première règle naturelle de conduite est de satisfaire avant tout ses exigences et ses nécessités physiques et vitales, et accessoirement tous les besoins émotifs ou mentaux, toutes les imaginations ou les notions dynamiques qui s'éveillent en lui.

La seule loi qui vienne contrebalancer ou dominer, atténuer, contredire cette impérieuse revendication naturelle, est l'obligation qui lui imposent les idées, les besoins et les désirs de sa famille, de sa communauté ou sa tribu, le troupeau ou la bande dont il est membre.

 

 

 

 

Tantôt Sattva l'emporte, en dominant Rajas et Tamas,

 tantôt c'est rajas qui domine sattva et tamas,

 tantôt c'est tamas qui domine sattva et rajas

Quand par toutes les portes du corps rayonne la lumière de la connaissance, on peut comprendre que sattva prédomine.

L'âme, attachée à la jouissance des guna et de leurs résultats, concentre sa conscience sur les activités inférieures et extérieures de la vie, du mental et du corps dans la Nature.

Elle s'emprisonne dans leurs formes et ignorante du libre pouvoir  et du libre domaine du Purusha libérateur, elle oublie sa propre conscience plus grande, qui se tient derrière ces formes dans l'esprit.

Si nous voulons être libérés et parfaits nous devons quitter tout cela, abandonner les guna et nous élevant au-dessus, retrouver la puissance de la libre conscience spirituelle qui domine la Nature.

   YOGA DE LA BHAGAVAD GITA"                                        Sri Aurobindo 

" Pour nous rendre heureux nous courons après toutes choses; nous poursuivons notre folle chevauchée dans le monde extérieur de nos sens."

     Le monde n'est pas réel. Il n'est pas non plus illusoire ou trompeur; il est seulement imparfait ou relatif. Il doit exister une réalité qui lui soit sous-jacente. Il doit y avoir un substratum à cette imagination. Ce substratum, c'est la Réalité transcendente, c'est Brahman.

     Cette Réalité existe en soi, au-delà du temps, immuable. Le monde n'est que phénoménal et temporel.

Le Réel est , simplement; mais nous essayons de le caractériser par la connaissance et nous nous ne trouvons pas de prédicat qui lui convienne.

     La Réalité éternelle se manifeste vis à vis du monde sous la forme du Moi, âtman, et du Seigneur Îshvara.

Îshvara, par sa mâyâ , son pouvoir de création phénoménale, construit le monde en tant que phénomène temporel.  

Le Réel, l'Absolu, est sans relations.

C'est par l'artifice de mâyâ que la Réalité, inconditionnée et dénuée de relations, revêt l'apparence du monde des relations phénomènales.

Mâyâ est ce qui limiete et délimite. C'est elle la crétrice du monde des apparences finies.

Le fini est l'infini qui nous est partiellement voilé.                    

 

Sauvons notre Planète !!!

Paroles d'enfants:

28/03/2019

 " Bonjour, je suis Severn Suzuki et je représente l' E.C.O. (Organisation des Enfants pour la Defense de l'Environnement). Nous sommes un groupe d'enfants canadiens âgés de 12 à 13 ans. Nous avons réuni l'argent nécessaire pour faire 8000 kms afin de vous dire, à vous, adultes, que vous devez changer votre façon de faire. En venant ici, je me bats pour mon avenir. Perdre mon avenir n'est pas la même chose que perdre des élections, ou quelques points à la Bourse. Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés du monde entier dont les cris passent inaperçus.

Je suis ici pour parler au nom des innombrables animaux qui meurent partout sur la planète parce qu'ils n'ont plus aucun endroit où aller. J'ai peur d'aller au soleil maintenant à cause des trous dans la couche d'ozone. J'ai peur de respirer l'air car je sais quelles substances chimiques il contient ... Nous entendons parler de plantes et d'animaux qui s'éteignent tous les jours, perdus à jamais.

J'ai rêvé de voir de grands troupeaux d'animaux sauvages,des jungles, des forêts tropicales pleines d'oiseaux et de papillons. Mais aujourd'hui je me demande si ces forêts existeront toujours pour que mes enfants puissent les voir. Etiez-vous obligés de vous préoccuper de ces choses lorsque vous aviez mon âge ? Toutes ces choses se passent devant nos yeux et pourtant nous agissons comme si nous avions tout le temps souhaité et toutes les solutions.

Je suis seulement une enfant, et je n'ai pas toutes les solutions, mais j'aimerais que vous réalisiez que vous non plus ! Vous ne savez pas comment réparer les trous dans la couche d'ozone. Vous ne savez pas comment ramener le saumon dans les rivières mortes. Vous ne savez pas comment ramener à la vie des animaux désormais éteints, et vous ne savez pas ressuciter les forêts qui existaient là où maintenant il y a le désert.

Si vous ne savez pas comment réparer tout ça, s'il vous plaît, arrêtez la casse ! 

Vous pouvez être ici en tant que délégués de gouvernements, hommes d'affaires, PDG, journalistes ou politiciens, mais en réalité vous êtes des pères, mères, frères, soeurs, oncles, tantes, et vous êtes tous, sans exception, l'enfant de quelqu'un.

Je suis seulement une enfant, et pourtant je sais que nous faisons partie d'une famille forte de 4 milliards de personnes, forte de 30 millions d'espèces, et que les frontières et les gouvernements ne changeront jamais ça. Je ne suis qu'une enfant, et pourtant je sais que le problème nous concerne tous et que nous devrions agir comme un seul monde dans un seul but.

Au Canada, nous menons une vie privilégiée, avec plein de nourriture, de l'eau et un abri. Nous avons des montres, des bicyclettes, des ordinateurs, des télés, ... je pourrais continuer pendant deux jours.

Ici, au Brésil, voici ce qu'un enfant des rues nous a dit :

" J'aimerais être riche et si je l'étais, je donnerais à tous les enfants des rues, de la nourriture, des vêtements, des médicaments, un abri, de l'amour et de l'affection." Si un enfant qui n'a rien est prêt à partager, pourquoi nous, qui avons tout, sommes-nous toujours si avares ?

Le lieu où l'on naît fait une énorme différence ; je pourrais être un de ces enfants vivant dans les bidonvilles de Rio, être un enfant mourant de faim en Somalie, victime de la guerre au Moyen-Orient, ou mendiante en Inde.

Je ne suis qu'une enfant, pourtant je sais que si tout l'argent dépensé en guerres était utilisé pour trouver des réponses aux problèmes d'environnement, à en finir avec la pauvreté, à chercher des accords, quel endroit merveilleux serait la Terre ! N'oubliez pas pourquoi vous participez à ces conférences, pour qui vous le faites !

Nous sommes vos propres enfants. Vous décidez dans quel genre de monde nous sommes en train de grandir. les parents devraient pouvoir consoler leurs enfants en disant : " Tout ira bien, ce n'est pas la fin du monde, et nous faisons du mieux que nous pouvons." . Mais je ne pense pas que vous puissiez nous dire encore cela.

Sommes-nous dans votre liste de priorités ?

Mon père me dit :" Tu es ce que tu fais, pas ce que tu dis ".

Ce que vous faites me fait pleurer la nuit. Vous, les adultes, vous dites nous aimer, eh bien je vous mets au défi :

" S'il vous plaît, faites que vos actions reflètent vos paroles ! ".

POLLUTIONS MARITIMES PRINCIPAL FLEAU DU XX è SIECLE

" La terre est vivante et il appartient à chacun de la protéger, de la respecter".

Edouard Bonnefous : " L'environnement en péril " Propos recueillis par Elisabeth Zana. 2001.

     " Ayant réussi dans certains domaines à dominer la nature, l'homme du XXe siècle a tendance à négliger la revanche parfois brutale, que la nature peut prendre" , écrit-il dans un de ses ouvrages. C'est ce combat, celui d'une vie attachée à la nature et à ses bienfaits que le Président Edouard Bonnefous a désiré évoquer dans les pages qui vont suivre. Dans l'espoir d'empêcher que par l'Homme devenu son prédateur " la civilisation périsse par la civilisation". Dans l'espoir de contribuer à " sauver l'espèce humaine et sauver la vie sur la terre de la catastrophe finale"

     Pour  " faire comprendre que la terre est vivante et qu'il appartient à chacun de la protéger, de la respecter ".

LES FONCTIONS ECOLOGIQUES

La préservation des fonctions écologiques des forêts tropicales est absolument prioritaire du point de vue social et économique. Bien que les forêts tropicales en couvrent qu'un sixième de la surface de la terre, elles reçoivent la moitié de toutes les pluies qui tombent sur la terre. Des millions de tonnes d'eau traversent ces forêts dans un cycle sans fin de transpiration, évaporation et précipitation. Au fur et à mesure que les forêts sont détruites, leur capacité de réguler la température et l'humidité se perd, ce qui affecte sérieusement les climats locaux et régionaux.

Les forêts tropicales sont un gigantesque réservoir d'eau qui protègent les zones en aval contre les inondations et la sécheresse. Des études menées en Côte d'Ivoire sur les perturbations du régime de l'eau ont démontré que le niveau des rivières venant du parc national Tai est trois à cinq fois supérieur à la fin de la saison sèche à celui de rivières venant de zones voisines où les forêts du bassin fluvial ont été détruites pour les besoins de plantations de café. Tout au long de l'année, et plus encore pendant la saison sèche, ces eaux jouent un rôle essentiel pour l'agriculture en aval.

En Amazonie, la plupart des communautés humaines sont installées le long des rivières et adaptent leur agriculture au cycle régulier des flots. La perturbation des forêts du bassin fluvial a entraîné d'importantes pertes pour les communautés  paysannes en aval.

Dans certaines régions déboisées du Pérou, les écoulements de l'eau sont cent cinquante fois supérieurs à ce qu'ils sont dans les forêts intactes Dans ces régions, la production agricole en aval de la rivière a notablement souffert de l'accroissement des crues.

Dans les forêts tropicales intactes, seule une partie des précipitations atteint le sol, le reste étant absorbé par la végétation. Des études menées en Asie du Sud-Est démontrent que la canopée d'une forêt vierge intacte est capable d'absorber jusqu'à 35% des pluies.

Après défrichement, ce taux tombe à moins de 20%.

Dans les plantations de caoutchouc, la canopée absorbe en règle générale seulement 12% des pluies. La plus faible absorption des pluies par la végétation engendre une très forte progression dans l'érosion du sol. Des plantations d'huile de palme, par exemple, peuvent perdre jusqu'à 11 fois plus de terre que les forêts naturelles. Le taux d'érosion des terrains tropicaux agricoles peut être 34 fois supérieur à celui des zones forestières naturelles. Les conséquences sont, entre autres,inondations, érosion, envasement, pollution de l'eau potable et diminution sérieuse des populations de poissons.

Les conséquences écologiques de la dégradation et de la destruction des forêts tropicales affectent bien plus de monde que les 200 millions d'habitants de ces forêts. 40% des paysans des pays en voie de développement vivent dans des zones agricoles qui dépendent des eaux de la forêt.Ce n'est pas sans raison que les populations rurales de Thaïlande, Malaisie, Indonésie et des Philippines s'opposent activement à la déforestation. La catégorie de réfugiés la plus nombreuse dans le tiers monde est aujourd'hui (1994) constituée des millions de personnes qui ont été déplacées  par suite de la destruction du milieu naturel. Assurer les fonctions écologiques de la forêt revient à assurer la survie de ceux qui en dépendent.

REDUIRE LA DEMANDE EN EAU

Nous pouvons y parvenir en utilisant beaucoup plus efficacement l'eau dont nous disposons, tâche que les techniques existantes peuvent nous aider à accomplir sans diminuer notre qualité de vie.

Sandra Postel de l'institut WorldWatch : " Le potentiel de la conservation est immense et à peine exploité. C'est la dernière oasis de l'humanité."

Les économies susceptibles d'être réalisées sont effectivement considérables, particulièrement en raison du gaspillage extraordinaire qu'impliquent les méthodes existantes. ..Ceci constitue un objectif accessible par l'emploi de techniques efficaces.

D'après tous les sondages, 80% de la population considère le changement climatique  comme le plus grave problème écologique.

Mais, dans leurs comportements individuels, les défenseurs les plus engagés de l'environnement mettent volontiers leurs inquiétudes en sourdine pour s'acheter une voiture, monter la climatisation ou partir en vacances à l'autre bout du monde.

 

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LA MER EN DANGER

LES POLLUTIONS MARITIMES, PRINCIPAL FLEAU DU XXè SIECLE.

E.Z. - Commençons, si vous le voulez bien, par la mer. Vous vous êtes beaucoup battu contre les pollutions maritimes, " principal fléau du XX° siècle" ?  Quelles mesures, Monsieur le Président, préconisez-vous?

E.B - Un centième des masses aquatiques de notre planète est directement utilisable par l'homme. Ce centième est de plus en plus menacé par les pollutions de toute nature et par une consommation impressionnante.

Soixante et onze pour cent de la surface du globe occupée par la mer sont régulièrement menacés par toutes les formes de pollutions qui peu à peu perturbent tout le cycle de l'eau.

Les pollutions commencent avec les rejets et les déversements des eaux usées dans ces mêmes rivières, lacs et fleuves.

Ces derniers se jetant naturellement dans la mer entraînent tous les rejets dans leur sillage et provoquent des conséquences inévitables sur tout le cycle de l'eau, donc de la vie terrestre.

 Méditerranée:

 "Devenue l'égout des terres qui l'entourent avec l'explosion démographique des riverains, elle reçoit 37 milliards de mètres cubes de déchets urbains !"

- Dans L'Homme ou la Nature ? vous écriviez: 

" Non, la mer, par l'immensité de son volume, n'est pas une poubelle géante purificatrice."  Ne pensez-vous pas qu'aujourd'hui hélas ce soit le cas?

- J'ai fréquemment, pour ma part, dénoncé les centaines de milliers de tonnes de plomb qui gisent au fond de nos océans, sans compter les milliards de particules toxiques qui, sur terre, pénètrent peu à peu la nappe phréatique. Ainsi c'est tout le cycle de l'Environnement que j'ai souhaité préserver en dénonçant à la tribune de l'Assemblée Nationale puis au Sénat, les accidents dramatiques et les répercussions non moins dramatiques qu'entraînent les dégâts occasionnés par l'homme.

" Tous les polluants déversés en provenance des continents, que ce soient les métaux lourds tels que le cadmium, les hydrocarbures aromatiques polycycliques - molécules organiques cancérigènes - ou microbiotiques - virus, bactéries... affectent l'environnement côtier.

La vie marine est brutalement attaquée dès lors que rejets industriels ou domestiques ne peuvent plus éviter le lent empoisonnement de l'écosystème  tout entier.

Aux déchets industriels "classiques"' sont venus s'ajouter les détergents. Aujourd'hui, leur fabrication est sous haute surveillance et la biodégradabilité un argument publicitaire de poids. Cependant, ils participent à la réduction du pouvoir épurateur du milieu marin auquel il convient d'ajouter les nombreux pesticides encore employés dans l'agriculture. L'énorme gaspillage créé par certaines techniques d'irrigation massive qu'il conviendrait de supprimer vient augmenter les risques constants de désastre écologique.

LA SYMBOLIQUE MER D'ARAL

La mer d'Aral est un des symboles les plus parlants des ravages que peut faire l'humain quand il décide de dominer les éléments . Dans les années 1950, il est décidé d'accroître la production de coton dans le désert d'Ouzbékistan. Il fut ordonné de détourner la quasi-totalité des 55 milliards de mètres cubes d'eau que les rivières Amu-Dar'ya et Syr-Dar'ya déversaient chaque année dans la mer d'Aral. Il en résulta une catastrophe écologique que tout le monde connaît aujourd'hui. La mer d'Aral était jadis le quatrième plus grand lac d'eau douce du monde... Le fond du lac s'est transformé en 150 millions de tonnes d'un mélange toxique, composé de terre, de sel et de résidus de pesticides. Emportés par les vents ils sont dispersés sur les terres agricoles voisines ...ils contaminent l'air et l'eau potable sources de maladies endémiques...

IMPACT SUR LA BIODIVERSITE

Les fleuves et les rivières jouent un rôle vital dans le maintien de la biodiversité. Ils offrent un habitat aux poissons et à une grande variété d'autres êtres aquatiques. Ils protègent les zones humides, préservent la fertilité des deltas et alimentent la mer en substances nutritives. Or plus de la moitié de la totalité de l'eau accessible est aujourd'hui détournée pour l'usage de l'homme, ce qui crée des dommages graves et parfois irréversibles.

Ce fragile équilibre est menacé par le surpompage de l'eau des fleuves et des rivières, mais aussi des nappes aquifères.

L'eau des nappes souterraines remonte pour alimenter les fleuves, les rivières et les lacs afin de les maintenir à niveau en permanence.

Ces nappes sont le fournisseur en eau de base de certains des plus grands fleuves du monde, comme le Mississippi, le Yang-Tseu-Kiang et le Niger. Par ailleurs, elles repésentent souvent la seule source d'alimentation en eau de nombreuses zones humides, habitats essentiels d'une abondante faune.

ZONES HUMIDES UN DES BIENFAITS DE LA PLANETE DETRUIT A TOUR DE BRAS.

On appelle zones humides les petits étangs, les marécages, les marais, les oasis du désert ou les gigantesques marais comme les Everglades en Floride, les deltas côtiers comme la Camargue en France, et les vastes deltas intérieurs comme l'Okovango en Afrique.  Ce sont des habitats essentiels pour la faune et la flore: en Europe, 25% des oiseaux et 11% des mammifères ont fait des zones humides d'eau douce leur principal terrain de procréation et d'alimentation.                Ces espaces sont particulièrement importants pour les oiseaux migrateurs, qui y trouvent une halte vitale lors de leurs longs voyages.

CURIBITA: HISTOIRE D'UN SUCCES:

La ville brésilienne de Curibita a accompli des progrès considérables en matière de réduction de la pollution de l'air. Peuplée de 2,2 millions d'habitants, Curibita a effectué sa révolution sous l'administration de son maire Jaime Lerner, en adoptant un design urbain intelligent. son centre est devenu piétonnier et a été décoré de milliers de fleurs. Des habitations pour familles à faibles revenus ont été construites à proximité des centres commerciaux, de loisirs et d'affaires

Des écoles, des cliniques et des boutiques ont été bâties dans les faubourgs afin de réduire les trajets. De nouveaux autobus, ainsi que des couloirs de bus supplémentaires ont été mis en service, offrant un système de transports publics hautement performant, fiable, confortable, rapide et entièrement autofinancé. Ce moyen de transport est aujourd'hui utilisé par les trois quarts des banlieusards. Les cyclistes disposent de 150 km de pistes cyclables bien conçues et séparées des voitures.

Résultat: Curibita n'a pas de porblèmes de circulation et économise 30 millions de litres d'essence par an. De plus, 16 nouveaux grands jardins publics ont été créés, des centaines de milliers d'arbres ont été plantés.

Des réglementations et des taxes incitatives ont été mises en place dans le but de protéger et de développer les jardins privés et les terrains boisés.

L'espace vert public de la cité s'est multiplié par plus de cent, passant en 25 ans de 5 à 581m² par personne, les terrains boisés couvrant un sixième de la ville. Il résulte de toutes ces mesures que l'air de Curibita est le plus sain du Brésil. La ville est à la fois formidablement vivable et probablement plus écologiquement viable qu'aucune autre ville du monde.

TERRE , MATIERE VIVANTE

La bonne terre est un mélange de matières organiques, de granules naturels, d'air et d'organismes vivants. Parmi ces derniers, des millions de microbes comme les bactéries et les organismes fongiques, ainsi que les amibes, les nématodes, les lombrics, les mille-pattes, les scolopendres, les fourmis, les araignées et les coléoptères. Ensemble ils forment la partie la plus importante du sol, sa couche supérieure, la couche arable, essentiellement composée d'humus. C'est là que les plantes puisent la plupart des nutriments dont elles ont besoin pour pousser et rester vivaces. C'est également l'humus qui contribue à maintenir l'homogénéité du sol et lui procure cette nature friable lui permettant de s'imprégner d'air et d'eau.

L'humus est formé par les résidus décomposés des plantes et les excréments des organismes vivants dans le sol. Parmi ces derniers, le lombric est essentiel. Il va chercher des matières végétales mortes ou mourantes  à la surface du sol, les digère sous terre et les transforme en un humus riche qu'il redépose à la surface sous forme d'une parfaite couche arable, tout en aérant au gré de ses déplacements le sol situé au-dessous d'elle.

LA PRINCIPALE SOLUTION, REDUIRE LA DEMANDE EN EAU.

" La conservation de l'eau: Sandra Postel de l'intitut WorldWatch: "                                                                                                    Le potentiel de la conservation est immense et à été à peine exploité. C'est la dernière oasis de l'humanité"

ACTIONS INDIVIDUELLES

Chacun de nous peut contribuer à empêcher le changement climatique et la pollution de l'air. Nous participons tous au problème: 20% des émissions humaines de CO2 viennent des foyers domestiques, 25% des voitures.

° Recourir aux prédateurs naturels, comme les coccinelles, aux plantes répulsives comme le basilic, la ciboulette, la menthe, les soucis et les chrysanthèmes dans son jardin, ainsi qu'au compost et au paillis. Pratiquer la plantation alternée des cultures ou répandre de la cendre ou des coquilles d'oeuf écrasées sur le sol pour dissuader escargots et limaces.

EDGAR MORIN:

" Il faudrait, à la faveur de la civilisation mondialisée, que surviennent de grands progrès de l'esprit humain, non tant dans ses capacités techniques et mathématiques, non seulement dans la connaissance des complexités, mais dans son intériorité psychique. Il est clair à nos yeux ( à nos yeux seulement) qu'une réforme de la civilisation occidentale et de tous les systèmes d'éducation est nécessaire, et il est non moins clair que règne l'inconscience totale et profonde de la nécessité de cette réforme."

REDONNER DU PRIX ET DE LA VALEUR A NOS OBJETS

Recycler et réutiliser

40% des déchets domestiques peuvent être recyclés ou réutilisés, remis à neuf, réparés ou remanufacturés

Les sacs en plastiques sont devenus un problème d'ampleur planétaire. Incinérés, ils envoient des émanations toxiques dans l'air. ...Ils jonchent les rues, les routes, les rivières, les mers du monde.                                                                               En Inde des milliers de vaches meurent après en avoir mangé.

COUCHE D'OZONE

Extrait du discours du président Jacques Chirac

à l'occasion du 2ème Sommet de la Terre de Johannesburg, août 2002.

" Nous nous comportons collectivement comme si nous avions à notre disposition une planète de rechange sur laquelle nous pourrions aller nous installer le moment venu en conservant nos habitudes de vie."

1974    En Californie, des savants firent une 1ère mise en garde au monde. Ils attiraient l'attention sur les dangers des CFC  (chlorofluocarbones) au moment où ils atteignaient la stratosphère.

A chaque printemps polaire, ces CFC, en se combinant au froid intense et à la lumière solaire, réagissaient en détruisant des milliers de molécules d'ozone, créant un amincissement de l'ensemble de la couche d'ozone qui protège la terre. La découverte, en 1985, d'un énorme trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique confirma la réalité irréfutable du phénomène aux Etats du monde entier. En 1987, ceux-ci signèrent le Protocole de Montréal interdisant les CFC  dans les pays industrialisés.

LA VOIX DE LA FORÊT

Chef Raoni est le leader du mouvement pour la défense de la forêt amazonienne. Pour cette cause, il a risqué de nombreuses fois sa vie.

" Mon pays est un territoire immense. Il est plein de gibier, de fleurs et de fruits. C'est la plus belle des forêts. Mais elle est menacée et je suis inquiet. Tout autour de la réserve, là où le soleil se lève et là où il se couche, la forêt brûle. A partir du mois d'août, un halo bleu envahit le village et les enfants toussent et attrapent des maladies pulmonaires. Des halos illuminent la nuit. Les fermiers blancs mettent le feu à la jungle. Dans l'épaisseur du ciel, les flammes illuminent le manteau vert et l'horizon disparaît sous un voile noir.

Alors, les perroquets se mettent à voler entre les cimes des arbres, les serpents se cachent dans les racines des orchidées, les jaguars, les tapirs, les pécaris fuient le brasier en longeant les berges des rivières, les arbres partent en fumée et avec eux les papillons, les oiseaux, les plantes. La forêt meurt de la folie des hommes blancs.

En principe, notre territoire est protégé par la loi, mais il est très difficile de le contrôler. Les bucherons, les chercheurs d'or et les fermiers blancs ne respectent pas la loi. Il leur faut de la terre, encore de la terre, toujours de la terre. Ils la fouillent comme des cochons. Ils veulent la transformer en prairie pour élever des vaches. Ils souillent l'eau pour en extraire l'or. Ils tuent le gibier pour le plaisir et le laissent mourir sur place. Si on faiblit, ils nous écrasent.

Pour contourner les lois, certains Blancs sans scrupules achètent à bas prix de grandes étendues de forêt et s'assurent qu'aucune tribu n'y vit, en engageant des pistoleros, des nettoyeurs qui attirent les Indiens avec des cadeaux et les massacrent. On a découvert des charniers contenant des dépouilles d'hommes et de femmes, et même de chiens.

Dans les années 1980, nous avions fait confiance aux Blancs qui avaient délimité notre réserve. Et puis sans prévenir, ils ont construit une route au milieu. Elle a apporté la maladie. Les enfants ont commencé à mourir de la grippe. Ils tombaient comme des mouches et les femmes ne voulaient plus avoir d'enfants pour ne plus les voir mourir. Des vêtements infectés de variole ont même été jetés au-dessus des villages en avion. Ils voulaient nous éliminer. Nous avons décidé de montrer notre détermination. Aujourd'hui on ne tue plus les Blancs qui violent notre territoire. On les déshabille et on les renvoie à la ville.

Avant l'arrivée des Blancs, il y avait 5 millions d'Indiens. Aujourd'hui, il en reste à peine 250 000 ... Lorsque nous avons commené à faire entendre nos voix dans les années 1980, des indiens ont été renvoyés  de Brasilia où ils étaient venus demander un audience au président. On leur a dit qu'il ne pouvait pas les recevoir parce qu'ils ne portaient pas de cravate.

L'homme blanc est étrange. Il ne prend pas le temps de rêver, de méditer, de célébrer la beauté de la terre, la naissance de l'aube, la douceur de la rivière lorsqu'on s'y baigne au crépuscule. Il ne regarde pas les étoiles.

Il lui faut de l'argent, toujours de l'argent."

DESTRUCTION DE LA COUCHE D'OZONE ET ATTEINTES A LA SANTE HUMAINE ET A LA BIODIVERSITE

La destruction de la couche d'ozone laisse filtrer des niveaux accrus de rayons ultraviolets (U V) partout dans le monde. L'exposition à ces rayons est directement liée à l'augmentation des taux de cancers de la peau.

En 2001 déjà, on a diagnostiqué une forme ou une autre de cancer de la peau chez 1,3 million d'Américains.  10 000 d'entre eux étaient prédestinés à y succomber dans l'année. Certains spécialistes du cancer  classent désormais cette maladie parmi les épidémies, particulièrement en Australie où dans les Etats comme le Queensland, quatre personnes sur cinq souffriront d'un cancer de la peau au cours de leur vie. Les scientifiques avertissent que, d'ici à 2060, nous devons nous attendre à un accroissement global de 10% des cancers de la peau. L'exposition à des niveaux plus élevés de rayons ultra-violets affaiblit également notre système immunitaire et endommage nos yeux par des cataractes, la principale cause de cécité dans le monde. La diminution de la couche d'ozone est également nuisible à la culture du riz. Elle ralentit la croissance d'une grande variété de plantes et d'arbres. Enfin, elle tue, dans les océans, le plancton qui est à la base de la chaîne alimentaire marine et joue un rôle important dans l'absorption du dioxyde de carbone, le principal gaz à effet de serre.  

L'anthropologue  Marita von Bieberstein Koch-Weser rappelle:

Au Moyen Âge on mettait des siècles pour bâtir une cathédrale. La construction de la cathédrale de Cologne, par exemple, a pris cinq centss ans. 

Les gens payaient des impôts spéciaux et charriaient des pierres en sachant fort bien qu ela cathédrale ne serait pas terminée de leur vivant, que ne viendraient y prier que leurs lointains descendants.

Si on devait transposer pareil tableau à notre époque, cela voudrait dire que nous devons aujourd'hui nous soucier de ce qu'il adviendra en l'an 2500. Aux yeux de cette anthropologue, cet exemple illustre le principe de développement durable, qui est l'exacte antithèse de l'adage latin carpe diem.

Il nous faut bâtir une nouvelle civilisation qui refléterait le même souci de la nature que celui de la philosophie traditionnelle des Amérindiens:

" Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants."

Nous devons nous transformer de telle sorte que la valeur de la notion d' " être " l'emporte en chacun de nous sur le désir d' "avoir".  Le sens profond de la vie réside dans la conscience de ce que l'humanité ne vit pas seule en ce monde, que l'être humain n'est pas le roi, mais une partie de la nature.  Cette idée doit s'intégrer dansnos principes éthiques.

Traduction: Galina Ackerman et Paul Lequesne.

 

 Cours de yoga Agen Nérac

Le yoga est la pratique de la vérité dont la connaissance donne la vision,

et cette pratique a pour force motrice un esprit de dévotion illuminée, de calme,

ou de fervente consécration à Cela que la connaissance voit comme étant le Suprême.

Asatya (destruction de la Vérité.) produit un destin néfaste.

Satya (Vérité) protège la destinée. 

Sri Aurobindo

PERFECTION DE L'EGALITE

Un coeur libre est un coeur délivré des rafales et de l'orage des affections et des passions; les assauts du chagrin de la colère, de la haine, de la peur, l'inégalité de l'amour, le trouble de la joie, l'angoisse de la douleur, quittent le coeur égal et le laissent large, calme, apaisé, lumineux, divin.

Ces choses ne sont pas obligatoires pour la nature essentielle de notre être, ce sont des créations de la fabrique  actuelle de notre nature extérieure active, mentale et vitale, et ses transactions avec l'entourage.

C'est le sens de l'ego qui est responsable de ces aberrations, il nous pousse à agir comme des êtres séparés qui font de leurs exigences et de leurs expériences  isolées le critère des valeurs de l'univers.

Quand nous vivons en unité avec le Divin en nous-mêmes et avec l'esprit de l'univers, ces imperfections nous quittent et disparaissent dans la calme puissance et la félicité égale de l'existence spirituelle intérieure. 

Toujours, cette existence est là, au-dedans de nous, et elle transforme les contacts extérieurs avant qu'ils ne la touchent, elle les fait passer par une âme subliminale, psychique en nous qui est l'instrument caché de sa félicité d'être.

Par l'égalité du coeur, nous échappons à cette âme de désir troublée qui règne à la surface, nous ouvrons les portes de cet être plus profond, nous ramenons  ses réponses et imposons leurs vraies valeurs divines à tout ce qui sollicite notre être émotif.

 Le résultat de cette perfection est un coeur de sentiments spirituels, libre, heureux, égal, qui embrasse tout.

Nos oeuvres font partie d'une action cosmique indivisible ; elles se mettent d'elles-mêmes à leur place dan sle tout d'où elles émergent, et leur résultat est détermniné par des forces qui nous dépassent .

Cette action mondiale, dans sa vaste totalité  et en chacun de ses plus infimes détails, est l'indivisible mouvement de l'Un qui se manifeste progressivement dans le cosmos.

De même l'être humain devient progressivement conscient de sa propre vérité e de la vérité des choses à mesure qu'il qu'il s'éveille à la présence de l' Un au-dedans de lui et en dehors de lui, et qu'il prend conscience du processus occulte et miraculeusement significatif des forces de l'Un dans la marche de la Nature.

Cette action, ce mouvement, ne se limite pas à nous-mêmes ni à ceux qui nous entourent, ni à la petite portion fragmentaire des activités cosmiques que nous percevons dans notre conscience superficielle.

Ce mouvement est soutenu par une immense existence environnante et sous-jacente qui est subliminale ou subconsciente par rapport à notre mental,

ce mouvement est soutenu par une immense existence transcendante qui est supraconsciente par rapport à notre nature.

Notre action émerge - comme nous-mêmes - d'une universalité dont nous ne sommes pas conscients ;

nous lui donnons une forme selon notre tempérament personnel,  notre mental personnel et la volonté de notre pensée,

ou selon la force de nos impulsions et de nos désirs.

Mais la vraie vérité ds choses, la vraie loi de l'action, dépasse ces formations humaines et personnelles.

Tous les points de vue et toutes les règles d'action humaines qui ignorent la totalité indivisible du mouvement cosmique, sont aux yeux de la Vérité spirituelle une vue imparfaite et une loi de l'Ignorance,

quelle que soit leur utilité pratique extérieure.

SYNTHESE DES YOGA

 

LE LABEUR D'UN DIEU

J'ai ramassé mes rêves dans un air argenté

     Entre l'or et le bleu

Et les ai enveloppés là doucement et laissés là,

     Mes rêves et mes bijoux de vous.

J'avais espéré bâtir un pont d'arc-en -ciel

     Pour marier le sol au ciel

  Et semer dans cette planète dansante

     Les humeurs de l'infiitude.

 Mais nos cieux étaient trop brillants, trop lointains,

     Trop frêle leur substance éthérée,

Trop splendide et subite notre lumière ne pouvait pas rester;

     Les racines n'étaient pas assez profondes.

 Celui qui voudrait apporter ici les cieux

     Doit descendre lui-même dans l'argile

Et porter le fardeau de la nture terrestre

     Et marcher le chemin douloureux.

 

Forçant ma divinité je suis descendu 

     Ici sur cette terre sordide,

Ignorante, laborieuse, produit humain

     Entre les portes de la mort et de la naissance.

 J'ai creusé longtemps et profond

     Dans une horreur de fange et de boue

Un lit pour la chanson de la rivière d'or*

     Une demeure pour le feu qui ne meurt pas.

* L'or est le symbole du Supramental.

Entrez en communion avec la Nature

vous sentirez s'élever l'aspiration d'un amour intense.
 

 Cours de yoga Agen Nérac

2 juin 1929

« Quel rapport y a-t-il entre l'amour humain et l'amour divin? L'amour humain est-il un obstacle à l'amour divin?

Ou la capacité d'aimer humainement n'est-elle pas un indice de la capacité d'amour?

De grandes figures spirituelles, telles que le Christ, Ramakrishna et Vivékananda n'avaient-elles pas une nature remarquablement aimante et affectueuse?»

L'amour est une des grandes forces universelles.

Cette course à l'amour de tous les êtres,

cet irrésistible élan,

cette recherche du cœur du monde

et de tous les cœurs,

sont le résultat de l'impulsion donnée par l'amour divin caché derrière les passions humaines.

Il touche des millions d'instruments, essayant toujours, toujours déçu;

mais par ce contact constant, les instruments sont préparés,

et soudain, un jour, s'éveillera en eux la capacité du don de soi, la capacité d'aimer.

Le mouvement de l'amour n'est pas limité aux êtres humains,

et peut-être est-il moins déformé en d'autres mondes

que dans le leur.

Prière des arbres et des fleurs

Regardez les fleurs, regardez les arbres. Au soleil couchant, quand tout devient silencieux, asseyez-vous un moment sous les arbres et entrez en communion avec la Nature; vous sentirez s'élever de la terre, des racines les plus profondes des arbres, pour monter à travers les fibres jusqu'aux branches qui s'étendent le plus haut, l'aspiration d'un amour et d'un besoin intenses, le besoin de quelque chose qui apporte la lumière et donne le bonheur, de la clarté qui est partie et dont le retour est imploré.

Cela monte comme une action de grâces où la gratitude la plus vibrante s'unit à la plus fervente prière.

Cet élan est si pur et si spontané que si vous pouvez vous mettre en rapport avec ce mouvement dans les arbres, votre propre être aussi s'élèvera dans une ardente invocation à la paix, la lumière et l'amour qui ne sont pas encore manifestés ici.

Le végétarisme repose sur la volonté de s'abstenir de nuire aux formes de vie les plus conscientes afin de satisfaire l'estomac.

Au Bengale lorsque l'on s'apprête à abattre un animal pour le consommer, les gens s'écrient:

" Ne le tuez pas c'est un Jîva de  Krishna !!"
 

 Cours de yoga Agen Nérac

MAHABHARATA

The Mahabharata is not a mere epic; it is a romance, telling the tale of heroic men and women and of some who were divine.

It is a whole literature in itself, containing a code of life, a philosophy  of social and ethical relations, and speculative thought on human problems that is fard to rival; but, above aoo, it has for its core the Gita, which is, as the world is beginning to find out, the noblest of scriptures and the grandes of sagas the climax of which is reached in the wondrous Apocalypse in the Eleventh Canto.

" What is not there is nowhere to be found ".

Smt. Subramaniam has rendered great service to the English-knowing public which has neither the time nor the ability to read the original.

I congratulate her on the conscientious labour that she has put in in preparing this volume.

BOMBAY: May 26, 1965.                                                        K.M. MUNSHI

 

           MAHABHARATA  

                                  THE ADVENT OF VYAASA

 Satyavati tought of her first born. Vyaasa hastened to her presence. She welcomed him and told him everything.

He said: " You are my mother, the woman who gave me life. I will do anything which you command me to do "

He thought for a while and said:

" I am quite willing to grant you your heart's desire. I will try and please you. I will take the wives of Vichitraveerya. But it is up to you to make them welcome me. They must not be scared by my appearance and my dark complexion".

Satyavati agreed to talk to the girls. She went to Ambika and told her about the circumstances, that it was her duty to get a child for the sake of the great Kuru House, that she had to welcome the rishi in a proper manner. Ambika agreed to do what she was told. She had no other option.

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

Vyasa said :

" Terrible, dreadful times are in store for the House of the Kurus. 

Sin will prevail There will be nothing but annihilation. 

PREFACE
My aim, is to bring out the dramatic significance of the many scenes.

May I say that my book is just a guide into
the vast ocean called the Mahabharata.

 Kamala Subramaniam

FOREWORD
«The Mahâbhârata is not a mere epic; it is a romance, telling the tale of heroic men and women and of some who were divine; it is a whole literature in itself, containing a code of life, a philosophy of social and ethical relations, and speculative thought on human problems that is hard to rival; but above all, it has for its core the Gita,
which is, as the world is beginning to find out, the noblest of scriptures and the grandest of sagas the climax of which is reached in the wondrous Apocalypse in the Eleventh Canto. Through such books alone, the harmonies underlying true culture, I am convinced, will one day reconcile the disorders of modern life.»

Smt. Subramaniam has rendered great service to the English-knowing public which has neither the time nor the ability to read the original.I congratulate her on the conscientious labour that she has put in preparing this volume.

K.M. Munshi Bombay 

The Rishis said:

Then comes the third parva called Aranyaka (relating to the forest) 

After the departure of Vyasa, the removal of the Pandavas to the forest of Kamayaka.

The wanderings of Arjuna of immeasurable prowess in search of weapons ; his battle with Mahadeva in the guise of a hunter. His journey to the regions of Indra for arms and the consequent anxiety of Dhritarashtra. The acquirement by Yudhishthira of the mysteries of dice from the great sage Brithadaswa.


 

Universal consciousness and universal force are one.

" I the knower am the consciousness which knows"

Cosmic force is the operation of cosmic consciousness.

"The Life Divine" chapter XV

The Supreme Truth-Consciousness

Ce que Sri Aurobindo est venu accomplir, d'autres poètes, les Rishis védiques, l'avaient annoncé il y a des milliers d'années, dans la pré-histoire:

Tissez une oeuvre inviolable,

devenez l'être humain, créez la race divine...

Ô voyants de la Vérité,

aiguisez les lances lumineuses,

frayez la voie vers cela qui est Immortel;

connaisseurs des étendues secrètes,

formez les degrés par lesquels

les dieux atteignirent à l'immortalité.

Rig-Véda X

 Cours de yoga Agen Nérac

« I the knower am the consciousness which knows...»

But the Supermind possesses and acts always, fundamentally, on this truth of unity which to the mind is only secondary or acquired possession and not the very grain of its seeing.

Supermind sees the universe and its contents as itself in a single indivisible act of knowledge, and act which is its life, which is the very movement of its self-existence.

Therefore this comprehensive divine consciousness in its aspect of Will does not so much guide or govern the development of cosmic life as consummate it in itself
by an act of power which is inseparable from the act of knowledge and from the movement of self-existence, is indeed one and the same act.

For we have seen that                                                           universal force and universal consciousness are one,

cosmic force is the operation of cosmic consciousness.

So also divine Knowledge and divine Will are one,

they are the same fundamental movement or act of existence.

This indivisibility of the comprehensive Supermind which contains all multiplicity without derogating from its own unity, is a truth upon which we have always to insist, if we are to understand the cosmos and get rid of the initial error of our analytic mentality.

A tree evolves out of the seed in which it is already contained, the seed out of the tree; a fixed law, an invariable process reigns in the permanence of the form of manifestation which we call a tree.

The mind regards this phenomenon, this birth, life and reproduction of a tree, as thing in itself and on that basis studies,classes and explains it.

It explains the tree by the seed, the seed by the tree ;

 it declares a law of Nature. But it has explained nothing; it has only analysed and recorded the process of a mystery.

Supposing even that it comes to perceive a secret conscious force as the soul, the real being of this form and the rest as merely a settled operation and manifestation of that force,
still it tends to regard the form as a separate existence with its separate law of nature and process of development.

In the animal and in man with his conscious mentality this separate tendency of the Mind induces it to regard itself also as a separate existence, the conscious subject, and other forms as separate existence, the conscious subject, and other forms as separate objects of its mentality.

This useful arrangement, necessary to life and the first basis of all its practice, is accepted by the mind as an actual fact and thence proceeds all the error of the ego.

VEDIC SYMBOLISM

PROFESSOR SATYA PRAKASHSINGH

Senior Fellow and In-charge, Vedic Resarch Centre, New Delhi.

Formerly Professor of Sanskrit and Dean, Faculty of Arts, Aligarh Muslim University, Aligarh.

Maharshi Sandipani Rashtriya Veda Vidya Pratishtan

                              New Delhi

Dedicated to Rishis who discovered the Supreme Light                       and gave the message of immortality.

 

That the Vedic language is symbolic has been recognised throughout the long history of development of the Vedic knowledge. The Vedic symbolism continued to be used to a considerable degree in the Upanishads. The spirit of symbolism is constantly alive in the Puranic and Tantric literature. Vaishnavite poetry, too, bristles in symbolism. The important question, however, pertains to values of symbols used in this great Vedic tradition, and these values can be meaningfully uncovered only if the symbols used in the Veda are correctly unveiled. This is a very difficult task, particularly because we are today very much removed from the modes of Vedic thought, while preponderance of the ritualistic interpretation of the Veda has tended to weaken our occult and spiritual sensibility, which is of supreme importance for getting to the heart of the Vedi hymns and their symbolism. 

Vamadeva, whom the fourth mandala of the Rigveda is devoted to, declares that Vedic words are secret words and reveal themselves only to seers. These secret words are, however, not entirely secret, and the veil that they cast is not always thick; their transparency is often decipherable, and in the hands of the seers they reveal their secret, just as

-- to use the Vedic expression ---, the woman reveals herself to her husband. It is because of this reason that the task of unveiling the secrecy of the Vedic symbolism is not as impossible as it might seem. Nonethe less, the task is very difficult and painstaking labour has to be coupled with occult and spiritual sensibility.

 

LE VEDA ET LA DESTINEE HUMAINE

Il y a un Secret,

toutes les traditions en témoignent,

qu'il s'agisse des Rishis

ou des Mages de l'Iran,

des prêtres de Chaldée

ou de Memphis

ou du Yucatan,

des hiérophantes d' Eleusis

ou de nos Celtes.

Nous avons oublié. Nous avons perdu le Mot.

" J'ai perçu la Loi

Le Vrai, le Vaste

D'où nous étions venus et que nous sommes.

J'ai entendu les âges passés

Murmurer leur histoire, et j'ai su le Mot. "

Collected Poems. V. 303

 

                                       *****                                        
By the Word Brahma creates the forms of the universe. Moreover, human speech at its highest merely attempts to recover by revelation and inspiration

an absolute expression of Truth which already exists in the Infinite above our power of mental construction.             All creation is expression by the Word. 5– 169

.....

THE UPANISHADS
Comprising six Upanishads namely the Isha, Kena, Katha, Mundaka, Prashna, Mandukya." Svalpamapyasa dharmasya trãyate mahato bhayãt" Bhagavad Gita. Even a little bit of this Law delivereth one out of great fear. "Que ch'ella par quando un poco sorride, Non si po dicer né tenere a mente, Siè novo miracolo e gentile." Dante.

What she appears when she smiles a little, cannot be spoken of, neither can the mind lay hold on it,​​​​​ It is so sweet and strange and sublime a miracle.                                             (First page, typewritten by Sri Aurobindo of the manuscript containing the above Upanishads.)

The phrase from the Rig Veda -Rta-cit means the consciousness of essential truth of being (satyam), of ordered truth of active being (Rtam) and the vast self-awareness ( Brhat) in which alone this consciousness is possible. By the Names of the Lord and hers they shaped and measured the force of the Mother of Light; wearing might after might of that Force as a robe.The lords of Maya shaped out Form in this being.The Masters of Maya shaped all by the Fathers who have divine vision set Him within as a child that is to be born. RigVeda III.38.7; IX          

The Sanskrit aesthetic term, rasa, means at once sap or essence of a thing and its taste.That universal attitude through which one Soul sees harmony and beauty.The full liberation can come to us only by the universal detachment from all things. In the aesthetic reception of things as represented by Art and Poetry... we enjoy there the Rasa or taste of the sorrowful, the terrible, even the horrible or repellent* ;

(* so termed in Sanskrit Rhetoric, the karuna, bhayânaka and bibhatsa Rasas)

and the reason is because we are detached, disinterested, not thinking of ourselves or of self-defence ( jugupsã) but only of the thing and its essence. 

The triple vibration of pleasure, pain, indifference...

The nervous being in us is accustomed to a certain fixedness, a false impression of absoluteness in things.

The inner mental being is master, if he wills, of the nerves and the body. The world is from the point of view of the individual a play and complex shock of multitudinous forces.

Pain is in the nature of a nervous and physical recoil
from a dangerous or harmful contact ; it is a part of what the Upanishad calls jugupsã...the destined conquest of the soul over subject on to Matter and egoistic limitation in Mind.

"For who could live or breathe if there were not this delight of existence as the ether in which we dwelt ? 

From Delight all these beings are born, by Delight they exist and grow, to Delight they return."

Taittirya Upanishad.

Who created or why or whence was created that moral evil which entails the punishment of pain and suffering ?

Sachchidananda of the Vedanta is one existence without a second.

The ethical impulse and attitude...

Material Nature is not ethical.

Animal or vital Nature is also non-ethical.

Self-blame and self-condemnation are the beginning of true ethics.

 

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La partie de notre nature dont nous sommes normalement conscients à l'état de veille est notre personnalité de surface, constituée du corps, du vital (superficiel). Mais, derrière cette conscience superficielle existe une conscience plus profonde, beaucoup plus vaste et plus puissante. Cette conscience cachée nous influence et nous gouverne à notre insu.

 Le subconscient contient, en puissance, toutes les réactions primitives de la vie ; il conserve l'impression de nos expériences passées.Il les contient et il les conserve, non comme des perceptions, des réactions, des souvenirs, des pensées, mais comme la substance fluide de ces choses,comme des impressions à la fois obscures et obstinées.

 Ces impressions peuvent à tout moment remonter 

sous forme de rêves, de répétitions mécaniques,

de complexes, qui explosent en actions ou en évènements.  

"Hanuman ou le chemin du vent"

    contes et légendes de l'Inde

 

Véhicules aériens emmenés par des lions ou des serpents. Agni le feu emportant les prières et les offrandes des hommes.

Dans l'épopée du Ramayana, Hanuman, le Dieu-Singe, fils de Vayu, est le messager fidèle du roi Rama, l'idéal de la dévotion la plus ardente.

 Cours de yoga Agen Nérac

Tel l'Aigle Divin, Hanuman parcourait le chemin du vent, région fréquentée par les oiseaux et des musiciens célestes, où passaient souvent, comme des météores, les véhicules aériens emmenés par des lions ou des serpents. Parfois c'était Indra qu'il apercevait, monté sur son éléphant blanc, parfois c'étaient de pures âmes, brillantes et dures comme le diamant. Et puis il y avait aussi Agni, le feu, qui, emportant avec lui les prières et les offrandes des hommes, traversait ces régions pour monter jusqu'aux êtres de lumière.

On voit ainsi qu'en Hanuman se combinent deux éléments majeurs de la recherche spirituelle indienne : Shakti et Bhakti puissance et amour mystique. Les extraits présentés ici tentent de mettre en lumière ces deux aspects complémentaires du personnage de Hanuman.

" Hanuman ou le chemin du Vent "

Finalement Rama tuera le Démon-à-Dix-Têtes et, accompagné de Sita, regagnera son royaume pour y être enfin couronné. Valmiki raconte que lorsque les singes prirent congé du roi et de la reine, Hanuman s'approcha humblement de Rama et lui fit cette seule demande:

" Faites que mon amour pour vous soit constant, faites que ma dévotion ne s'adresse qu'à vous seul et permettez que j'écoute sans cesse l'histoire de votre vie !"

Sita retira de son cou un collier de perles que lui avait offert Rama et le passa au cou de Hanuman. Le fils du Vent, orné de ce bijou, scintillait " Comme le sommet d'une montagne auréolée des rayons de la lune ". Le roi Rama le serra contre son coeur et lui promit :

" Aussi longtemps que mon Histoire sera contée, Ô Prince des Singes,  la vie ne quittera point ton corps, et la gloire t'accompagnera."

Encore aujourd'hui on dit en Inde que partout où est racontée l'histoire du Ramayana, il faut laisser une place vide pour Hanuman, car infailliblement celui-ci se joindra à l'assemblée et, invisible, les mains jointes, le visage extatique de bonheur, des larmes roulant sur ses joues, il écoutera ce récit comme il l'a déjà fait depuis des milliers et des milliers d'années, absorbant  chacune des paroles avec délice, vibrant de concentration et d'adoration, jamais rassasié d'entendre prononcer le nom de Rama.   (Contes et Légendes de l'Inde)

L'univers est comme un cercle. On le représente par le serpent qui se mord la queue. Cela signifie que la hauteur suprême touche la Matière la plus matérielle, sans intermédiaire. La hauteur la plus haute touche la profondeur la plus profonde.

" Il faut préserver les forêts et la vie sauvage."

As the tree grows by a subconscient or inconscient assimilation and of an action of sun and rain and wind and absorption of earth-elements,

so the being grows by a subliminal or intra-conscient assimilation and absorption of its results of past becoming and an out-put of potentialities of future becoming.

Rebirth Vol XIX -819-

 " Les animaux sont beaucoup plus proches des humains qu'on ne le suppose.               Ils ont autant d'intelligence que les humains,                                                                       la différence c'est qu'ils n'ont pas développé le mental. "

Sri Aurobindo janvier 1939. «A l'écoute du monde animal»

Réflexions sur le destin des animaux et la communication avec les règnes non humains.

Boris Cyrulnik
Dans son ouvrage particulièrement documenté, «La fabuleuse aventure des hommes et des animaux», Boris Cyrulnik note que, dès le paléolithique, les animaux représentés par les peintures «se situent dans l'espace intermédiaire entre la proximité de soi et l'infini de l'au-delà... Comme pour nos œuvres d'art et nos premières sépultures,ils sont devenus les représentations vivantes d'un monde impossible à percevoir réellement et pourtant éprouvé.Ils ont incarné l'imagerie de l'angoisse,de la mysticité et de la métaphysique. En devenant les représentants des dieux et plus simplement en les dessinant,ils nous ont aidés à nous faire une image de nous-mêmes et à nous distinguer.( livre cité pp 52 et 53)

Pionnier de l'éthologie (science des comportements) en France, il note que nous partageons avec les animaux tout un héritage biologique et comportemental :c'est en les observant que nous comprenons et repensons notre place dans le monde. C'est ainsi que dans de nombreuses cultures, un échange s'instaure entre l'homme et l'animal, l'un venant peupler l'imaginaire de l'autre. Cette dimension est particulièrement présente lorsqu'il s'agit de la mort et de son au-delà. L'idée selon laquelle les animaux pourraient accompagner les défunts dans leur "voyage" a sans doute permis aux hommes de lutter contre l'angoisse de la mort.             

Boris Cyrulnik dit qu'à l'époque paléolithique entre 100 000 et 35 000 ans avant J C, on a découvert des corps enterrés dans une mise en scène funéraire ; ils étaient alignés,entourés d'armes, de bijoux et d'outils sculptés de formes animales. De nombreuses traditions associent le chien au monde de la mort. Dans l'antiquité Cerbère en Grèce était un chien à trois têtes et veillait sur l'Achéron: fleuve conduisant aux enfers. Il a son correspondant chez les Aztèques et en Chine. En Égypte, Anubis le dieu des morts a une tête de chien et préside à la momification qui prépare les corps à l'éternité. Incontestablement, les animaux ont aidé les hommesà percer le mystère du monde et à exprimer leurs croyances. 

France Inter :7/03/2015 "Réduisez votre consommation de viande... Les animaux sont découpés vivants!" Lu dans un communiqué 9/ 03/ 2015: Des animaux sont transportés pendant des milliers de kilomètres, par terre et par mer, pour être égorgés sans étourdissement. Communiqué 02/06/2015 :" La fin de vie des animaux d'élevage, cachée derrière les murs des abattoirs, est le moment où ces animaux sont le plus vulnérables, et ont le plus besoin d'être protégés contre les abus, la cruauté, la négligence. "

Mahabalipuram fresque dans le rocher. Cette scène représente la vache sacrée de l'Inde. Elle illustre le principe de "ahimsa" la non violence.

Toute la Vie est un Yoga.

Essentiellement, le yoga est une nouvelle naissance. C'est une sortie de la vie ordinaire de l'être humain - la vie matérielle mentalisée -  et une naissance à une conscience spirituelle plus haute, à un être plus vaste et plus divin.

Aucun yoga ne peut être entrepris ni poursuivi avec succès sans un puissant éveil à la nécessité d'une existence spirituelle plus large.

L'âme appelée à ce vaste et profond changement peut arriver par divers chemins au point de départ initial. Elle peut y parvenir par son propre développement naturel qui inconsciemment la conduisait à l'éveil ; elle peut y arriver sous l'influence d'une religion ou attirée par une philosophie; elle peut s'en approcher par une lente illumination ou y toucher d'un bond par un contact ou un choc soudains; elle peut y être poussée ou conduite sous la presion des circonstances extérieures ou par une nécessité intérieure, par un seul mot qui rompt les sceaux du mental ou par de longues réflexions, par l'exemple éloigné de celui qui a parcouru le chemin ou par une influence et un contact quotidiens.Suivant la nature et les conditions de chacun, l'appel viendra.  
Nous appelons " Nature" la vérité spirituelle de notre être.

" Toute la Vie est un Yoga ". Synthèse des Yoga." Yoga de la Perfection de Soi" Chapitre XVI : La Shakti Divine

" Il se pourrait bien que la poussée évolutive procède à un changement des organes eux-mêmes et de leur fonctionnement matériel et leur usage, et que la nécessité de leur emploi, ou même de leur existence, soit ainsi grandement diminuée.

Les centres du corps subtil, soûkshma sharirâ, dont on deviendrait conscient au point de percevoir tout ce qui se passe dans le corps subtil,déverseraient leurs énergies dans les nerfs, les plexus, les tissus matériels, et irradieraient le corps matériel tout entier

Dans cette nouvelle existence, toute la vie physique et ses indispensables activités pourraient être maintenues et actionnées par ces instruments supérieurs, et ceci d'une manière plus libre et plus ample, et par une méthode moins encombrante et moins restrictive.

Ce changement pourrait aller si loin que les organes eux-mêmes pourraient cesser d'être indispensables et que l'on pourrait même sentir qu'ils sont trop obstructifs: la force centrale aurait de moins en moins recours à eux et finalement rejetterait complètement leur usage. Si ceci se produisait, ils pourraient dépérir par atrophie, être réduits à un minimum insignifiant, ou même disparaître.

La force centrale pourrait les remplacer par des organes subtils d'un caractère tout différent, ou si quelque agent matériel était nécessaire, par des instruments qui seraient des formes de dynamisme ou des transmetteurs plastiques plutôt que des organes tels que nous les connaissons. Tout ceci pourrait faire partie d'une transformation totale et suprême du corps, bien que ce ne soit pas non plus le dernier mot. 

Pour envisager de tels changements, il faut regarder loin en avant, et le mental attaché à la forme présente des choses sera peut-être incapable d'ajouter foi à de telles possibilités.

Mais aucune limite et aucune impossibilité de changement, s'il est nécessaire, ne peut être imposée à la poussée évolutive [ ... ]

Tout ce qui doit être dépassé, tout ce qui n'a plus d'emploi ou qui est dégradé, tout ce qui ne peut plus aider ou qui retarde, doit être rejeté et abandonné sur le chemin.

C'est ce que montre clairement l'histoire de l'évolution des corps depuis leurs premières formes élémentaires jusqu'au type le plus développé, l'humain; il n'y a aucune raison que ce procédé ne se poursuive pas non plus dans la transition du corps humain au corps divin. Pour que se manifeste ou se construise un corps divin sur la terre, il faut que se produise une transformation initiale, l'apparition d'un type nouveau plus élevé et plus développé, et non une simple continuation sans grand changement de la forme physique actuelle et de ses possibilités limitées.

 La Manifestation Supramentale. Chap. II

RENVERSEMENT DE LA CONSCIENCE

Dans la conscience transformée, la connaissance est le point de départ, on avance de connaissance en connaissance. Ce n'est qu'un commencement, car la conscience extérieure, les différents plans et parties de l'être extérieur et actif se transforment lentement, graduellement comme une conséquence de la transformation intérieure. Il y a un changement partiel de la conscience qui vous fait perdre tout intérêt dans les choses autrefois désirables. C'est un changement de conscience, pas la transformation, celle-ci est fondamentale et absolue, ce n'est pas seulement un changement, c'est un renversement de la conscience, l'être se retourne et se place dans une position entièrement différente.Alors l'être se tient au-dessus de la vie et des choses et de là s'occupe d'elles.

C'est cette apparence mécanique de Prakriti qui a préoccupé le mental scientifique moderne et a façonné toute sa perspective de la Nature, au point que la science espère encore et s'efforce (avec de maigres succès) d'expliquer tous les phénomènes de la vie par des lois de la matière et tous les phénomènes du mental par la loi de la matière vivante. 

Là, l'âme et l'esprit n'ont point de place et la nature ne peut pas être considérée comme un pouvoir de l'Esprit.

Et puisque toute notre existence est mécanique, physique, liée par le phénomène biologique d'une brève conscience vivante, et que l'être humain est une créature et un instrument de l'énergie matérielle, l'évolution spirituelle de soi-même par le yoga ne peut être qu'une illusion, une hallucination, un état anormal du mental ou une sorte d'auto-hypnose.

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LES ENIGMES DE L'UNIVERS

Jacques Marcireau

Editions Robert Laffont 1974

LES REFLEXES

Naguère, dans la formation littéraire des jeunes Français, une phrase revenait d'une génération à l'autre : " Racine montre l'homme tel qu'il est. Corneille le montre tel qu'il devrait être."

L'homme tel qu'il est, c'est l'homme-réflexe, et l'homme tel qu'il devrait être, c'est l'homme-raison.

En essayant de reconstituer les origines, on voit que la première cause de l'acte est le réflexe. L'idée est apparue après, comme représentation de l'acte.

 Que sont les réflexes et quelle est leur origine? 

Le  réflexe est héréditaire.

Les polyglottes naissent sur les bords du Danube et là où étaient les grandes voies de communication des tribus marchandes au premier et au second millénaire av. J.C. ( et non point dans les coins écartés de la Bretagne).

Là où furent pratiqués avec le plus de furie la Kabbale, l'astrologie, l'alchimie et le Talmud, apparurent depuis le début du XIX° siècle quelques-uns des esprits les plus géniaux (penseurs et savants) des temps modernes.

Rites étranges dans le monde:

Réflexes psychiques :

Les rites qui nous semblent étranges sont des réflexes. Leurs survivances dans les temps modernes démontrent leur universalité aux époques préhistoriques. Ils sont donc pour nous une aide précieuse pour comprendre l'homme dans le passé le plus éloigné, son âme ancienne !

L'HOMME MAGIQUE

" Une tribu indienne, dans les régions où l'on trouve des bisons, exécute des danses pendant des jours entiers, jusqu'au moment où un bison se montre, et la magie, c'est le lien entre la danse des Indiens et l'apparition du bison."

Rudolph Kassner, après avoir vu tout cela, s'est posé la question de savoir pourquoi et en quoi ces hommes différaient des Européens.

Et voici sa réponse : " Ils n'ont pas d'individualité, ils vivent de la vie collective de leur groupe, la tribu."

Au lieu de parler de primitifs comme les ethnologues, Rudolph Kassner les appelle les hommes magiques.

"L'homme magique fait partie de son groupe, de sa caste, de sa tribu, de sa corporation, comme l'enfant fait partie de sa famille. Il n'a ni l'idée ni le désir d'une individualité indépendante. Il manque de cette forme d'imagination qui porte l'intellectuel civilisé à découper, à délimiter, à diviser le monde qui l'environne. L'homme magique ne se détache pas du monde où il baigne. Le monde de l'homme magique, purement spatial, est diamétralement opposé à la vie européenne, où l'oeil est fixé sur la montre."

ORIGINE DES CULTES

Il y a des aérodromes, et des tours de contrôle dans des îles d'Océanie habitées par des tribus tout à fait primitives.

Quelque fois les indigènes viennent rôder derrière les grillages qui, pour des raisons de sécurité, entourent l'aérodrome. Fascinés, ils contemplent ce monde si différent du leur. Puis, retournés dans leurs montagnes, ils construisent un avion avec des morceaux de bois, ainsi qu'une tour en branchages.

Après quoi, ils s'accroupissent autour de l'appareil et attendent ...La nuit ils allument des feux...et continuent d'attendre patiemment.

Cet avion en bois aide à comprendre la pensée primitive ( ou magique) pensée à deux temps qui a précédé la pensée rationaliste à trois temps.

La pensée moderne rationaliste et scientifique, c'est l'introduction  d'un troisième temps : le moteur.

Une longue période de pensée à deux temps a été nécessaire pour préparer la raison ou pensée à trois temps.

L'histoire de l'homme a consisté en imitations, jusqu'à l'apparition du rationalisme ( et de l'expérimentation ).

     Voyageurs, missionnaires, explorateurs, ethnologues, ne se sont pas fait faute de questionner les "primitifs"  sur l'origine et le motif de leurs coutumes, mais toutes les réponses qu'il sont obtenues pourraient se résumer en une seule que voici dans sa grandiose simplicité:

" Ainsi ont fait nos ancêtres...Ainsi nous devons faire...Ainsi feront nos enfants..."

     La religion consiste dans le respect des choses anciennes, vénérables et respectées parce qu'elles sont anciennes, et le but des cérémonies religieuses est de les transmettre, par les rites, d'une génération à l'autre.

     Mais l'Histoire, qui est une formidable réaction en chaîne de réflexes, trouble à chaque instant l'observation formaliste du rite antique en y associant de nouvelles images et de nouvelles notions, inlassablement.

LES CEREMONIES

Les cérémonies et les fêtes antiques racontent l'histoire des origines humaines. Car toute cérémonie est commémoration. Dans la fête, le motif de la commémoration est oublié, mais il est possible de le découvrir.

Les femmes arabes ont l'habitude de se teindre les cheveux au henné. Pour les filles, la couleur doit être rouge. Pour les femmes mariées, elle est noire, le henné étant mélangé avec de la noix de galle. Cet usage porte bonheur parce que Mahomet en a usé ainsi avec ses enfants. Mahomet avait la barbe rouge et pour lui ressembler les musulmans pieux se teignaient autrefois la barbe avec du henné.

RITES FUNERAIRES

Les rites funériares ne proviennent pas du respect des morts et de la croyance à leur survie, mais du désir d'empêcher le retour du revenant par un traitement approprié du corps. 

OFFRANDES ET AUTRES MYSTERES

Le plus souvent, les savants parlent des coutumes funéraires préhistoriques en ces termes :

" Dès que les idées religieuses se font jour, les pratiques funéraires apparaissent" (Mortillet )

" La religion, en tant qu'activité du groupe, se manifesta d'abord au néolithique. Précédentes populations de chasseurs avaient professé leurs croyances dans les valeurs spirituelles, et l'homme du Néanderthal enterrait parfois ses morts d'une façon qui indiquait le souci d'une vie future ."

"Les Néanderthaliens inhumaient leurs morts. Ils creusaient des tombes, et dans ces tombes il y avait des offrandes : os taillés, silex. " C'est la preuve de culte des morts, de sentiment religieux, de croyance à la survie etc.

D'autres savants donnent une interprétation toute différente de ces pratiques.

" Le culte rendu aux morts ordinaires est inspiré surtout par le désir d'empêcher leur retour.                                                            P.Schmidt " Origine et histoire de la religion."

" L'incinération répondait au même but que l'inhumation dans la terre ou sous un tumulus. C'était une précaution contre le Vampire" Henri Hubert, "Les Celtes"

Asie Mineure

Les peuple d'Asie mineure avaient un dieu dont le culte offre de la ressemblance avec le culte de Jésus.

En Mésopotamie, Tammouz meurt et descend aux enfers, où il est retenu prisonnier par une déesse. Une autre déesse , Isthar, entreprend de le délivrer.

En Syrie, Adonis est émasculé par un sanglier. Un fleuve de sang s'écoule de sa blessure.

En Phrygie, Attis, s'inflige lui-même la castration, dont il meurt. Il répand tout son son sang sous un pin.

Les paysans d'Anatolie célébraient sur le sommet du mont Ida, où poussaient des pins, le culte d'Attis et de Cybèle.

La déesse, trainée dans un char, se lamentait sur la mort d'Attis, et ses fidèles l'escortaient en poussant des cris, avec accompagnement de flûtes, tambourins, castagnettes et cymbales de cuivre.

Vers le commencement de notre ère, on célébrait à Antioche la mort et la résurrection du dieu Tammouz. En voici le scénario:

Tammouz subit une mort cruelle et descend aux enfers dont il revient pour monter au ciel.

Le jour de sa mort, on préparait un mannequin pour les funérailles:  ce mannequin était lavé et oint. Le lendemain, sa résurrection était fêtée par de grandes réjouissances.

L'Ascension en présence des fidèles était l'acte final de la fête.

A Rome, sous l'empereur Claude ( 10 av.J.C. - 51 ap.J-C) époux de Messaline et d'Agrippine, les fêtes d'Atis avaient lieu du 15 au 27 mars.

Le 15, un cortège de porte-arbre commémorait la découverte d'Atis exposé enfant sur les bords du Sangarios en Phrygie.

Le 22 mars, un pin était abattu; on y accrochait une image du dieu et l'arbre était transporté dans le temple du Palatin. Le pin était enveloppé, comme un cadavre, de bandelettes de laine, avec des guirlandes de violettes.

Le lendemain était un jour de tristesse. Les fidèles jeûnaient et faisaient entendre des lamentationsà côté du Pin.

Le 24 mars, un prêtre personnifiant Attis faisait jaillir du sang de son bras. C'était le jour où les Galles se flagellaient, se meurtrissaient jusqu'au sang, tandis que les néophytes, au comble de la frénésie, sacrifiaient leur virilité à l'aide d'une pierre tranchante.

Pendant toute la nuit, le sépulcre d'Attis était illuminé à l'intérieur, pour montrer qu'il était vide. Les prêtres y entraient.

C'était une nuit de veillée pendant laquelle les plaintes funnèbres sur le dieu défunt continuaient.

Le 25, la résurrection attendue était proclamée par un prêtre. C'était le jour des Hilaries. On passait de la tristesse à une joie délirante. La résurrection du dieu était fêtée par un repas, des baptêmes, et une promotion d'Initiés.

Après vingt-quatre heures de repos, les fêtes se terminaient le 27 mars par une procession du clergé, des autorités, de soldats, de musiciens, et une foule immense.

La statue d'argent de Cybèle était promenée dans un char jusqu'au ruisseau de l'Almo où elle était baignée.

Le sanctuaire d'Attis s'élevait sur la colline du Vatican, là où fut construit Saint-Pierre de Rome.

Le culte de Cybèle et d'Attis  continua pendant plusieurs siècles après l'avènement du christianisme.

Au IV° siècle, le char de la déesse était traîné par des boeufs. Le pin sacré était porté dans les fêtes du printemps.

Les bûcherons ou charpentiers, qui coupaient l'arbre divin, étaient chargés, dans les incendies, de faire tomber les poutres des maisons en flammes.

Cybèle, trônant sur son char au son d'une musique entraînante, était conduite par des prêtres aux costumes éclatants, surchargés d'amulettes, précédés des initiés et des membres des confréries, pieds nus avec leurs insignes.

On célébrait à Séville, à l'époque chrétienne, les fêtes d'Adonis. La statue de la déesse Salambô était promenée en char. Des femmes dansaient tout autour et d'autres faisaient la quête.

La grande procession, que les fidèles suivaient nu-pieds, se terminait au moment où l'on jetait des poupées ressemblant à Adonis mort, dans un puits sacré.

LA CROIX

La Croix comme instrument de supplice, a pris la suite de l'Arbre, et à l'origine l'Arbre et la Croix ont été confondus.

     La "suspension sur le bois" (dont il est question dans la Bible) consiste à exposer sur la croix aussi bien qu'à pendre à un arbre jusqu'à ce que mort s'ensuive.

     En grec, le mot pendu est souvent employé pour désigner un crucifié. Ce supplice n'est pas une torture; il est sanglant.

     La victime est "exposée" . L'exposition n'a pas le caractère infamant qu'elle a pris par la suite. La victime exposée, dans les temps anciens, a un caractère divin.

     La croix a été utilisée à Babylone, par les Perses, les Phéniciens, les Carthaginois, les Gaulois. A Rome, c'était le genre de mort réservé aux esclaves et aux criminels d'une condition inférieure.

     La croix n'était pas très haute et les pieds de la victime reposaient sur une saillie ; ils n'étaient pas cloués.

     Les bras étaient généralement attachés sur la traverse, parfois on plantait un léger clou à travers les paumes, ce qui ne causait pas de blessures sérieuses.

     Le corps était soutenu par une cheville passée entre les jambes, et enfoncée dans le poteau.

     Une coutume voulait que, en même temps que la victime principale, d'autres fussent mises à mort à ses côtés.

     Le culte du crucifix a remplacé ce culte de l'Arbre. Mais la croix est autre chose qu'un instrument de supplice.

     Au pays des Khasias ( sur les rives du Bramapoutre, en Inde) il y a beaucoup de pierres levées, toujours accompagnées d'un banc horizontal ( table, autel ).

     La Pierre Levée et l'autel de sacrifice forment une Croix, ce qui explique que la Croix représente, annonce ou symbolise un lieu de culte.

     La Pierre Levée ( ou l'Obélisque, le Pieu sacré, le Mât, etc ...) indique la présence d'un lieu de culte dans le monde entier.

     Ce qui, à l'origine, distinguait les églises chrétiennes des édifices ordinaires, c'était la présence d'un mât qui, plus tard, fut incorporé dans le bâtiment et devint le clocher.

     La Croix est entrée tardivement dans le christianisme dont elle est devenue l'emblème.

 

 

La peur

Les neuf dixième du danger dans une maladie proviennent de la peur.

La peur peut vous donner les symptômes apparents d'une maladie ; elle peut même vous rendre malade, tant ses effets sont puissants.

Il faut une discipline sévère pour pour guérir le corps de la peur. Les cellules elles-mêmes tremblent.

quelle différence y a-t-il entre la peur mentale, vitale et physique ?

Mental : ce sont des pensées.

Le vital: On sent dans les sensations. Soudain ça vous fait chaud, ça vous fait froid, il vous arrive toutes sortes de phénomènes désagréables.

Pysiquement : C'est une petite vibration qui entre dans les cellules qui se mettent à trembler.

LES BONNES HABITUDES:

Une grande régularité dans le sommeil, l'alimentation, l'exercice et toutes les activités.

Etablir un programme général par une étude scrupuleuse des besoins particuliers de son corps, car ils varient suivant les individus. Une fois le programme établi, il faut s'y tenir rigoureusement.Pour atteindre ce but idéal, on s'interdira strictement les excés et vices, petits ou grands.

Se refuser l'usage des poisons lents : tabac, alcool, etc, qui abolissent peu à peu la volonté et la mémoire. Nourriture: développer une connaissance des besoins du corps. Sommeil: savoir comment dormir.                  Le sommeil ne doit pas être une chute dans l'inconscience qui alourdit le corps.

Manger modérément, et s'abstenir de tout excès, diminue la nécessiter de passer de nombresuses heures à dormir.

Qualité du sommeil : se clarifier l'esprit, tranquiliser ses sentiments, apaiser l'effervescence des désirs et des préoccupations qui les accompagnent. 

Si on a beaucoup parlé ou eu une conversation animée, si on a lu un livre excitant ou d'un intérêt intense, il faut prendre quelque temps de repos sans dormir, afin de calmer l'activité mentale, pour que le cerveau ne se livre pas à des mouvements désordonnés tandis que seuls les membres seront endormis. Ceux qui pratiquent la méditation feront bien de se concentrer quelques minutes sur une idée élevée et calmante, dans une aspiration vers une conscience plus haute et plus vaste. Leur sommeil en bénéficiera grandement et ils éviteront dans une large mesure le risque de tomber dans l'inconscience pendant qu'ils dorment. 

CE MONDE EST TOUT CE QUE NOUS AVONS

" Savoir écouter pour comprendre et comprendre pour aimer."

Thich Nhat Hanh

Maître zen vietnamien, fondateur du Village des Pruniers.

     Les cloches de la Pleine Conscience se sont mises à sonner.

Tout autour de la Terre surviennent inondations, sécheresses et gigantesques incendies .

Les glaces fondent dans l'Arctique, et des typhons, des vagues de chaleur emportent des gens par milliers.

Les forêts disparaissent à un rythme effréné, les déserts s'étendent et chaque jour des espèces s'éteignent.

Néanmoins, ignorant les cloches de la Pleine Conscience, nous continuons à consommer de la même manière irréfléchie.

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Si ce qui s'élève en nous est le désespoir, il nous faut le reconnaître et agir immédiatement. Il se peut que nous refusions de regarder en face cette formation mentale, mais elle est là, et si nous voulons la transformer, il nous faut l'accueillir.

Une infinie variété d'espèces vivantes existe sur notre planète Terre, et la manifestation et la continuation de chaque espèce dépend de toutes les autres. Nous ne sommes pas seulement extérieurs les uns aux autres, mais également intérieurs les uns aux autres. Il est très important que nous tenions la Terre dans nos bras et dans nos coeurs afin de préserver cette belle planète et toutes les espèces qu'elle nourrit.

Le soutra du Lotus mentionne Dharanimdhara :

" Celui qui soutient, qui protège et préserve la Terre."

Dharanimadhara représente l'énergie qui nous maintient ensemble comme un organisme vivant... On peut le voir comme un ingénieur ou un architecte qui aime créer pour nous des espaces de vie protégés, des ponts pour nous relier les uns aux autres, des routes pour rejoindre ceux que nous aimons. Sa tâche consiste à favoriser la communication des êtres humains entre eux et avec les autres espèces, ainsi qu'à protéger l'environnement. Nous avons désespérément besoin de lui dans cette ère de globalisation.

Quand nous contemplons une orange, nous voyons que tous les éléments de l'orange participent à sa nature d'orange. Les tranches, la peau et les pépins sont des parties de l'orange. C'est ce que l'on appelle l'aspect universel de l'orange. Tout dans l'orange est de l'orange, mais en même temps, la peau reste la peau, les pépins restent pépins, les tranches restent des tranches,. Les tranches n'ont pas à se transformer en peau pour que l'harmonie existe.

Il en est de même avec notre globe. Bien que nous soyons une seule communauté mondiale, les français restent des français, les japonais restent des japonais, les bouddhistes restent des bouddhistes et les chrétiens, des chrétiens.

Néanmoins, l'harmonie n'est possible que si nous avons une éthique globale. Et l'éthique globale que le Bouddha a proposée s'appelle: Les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience.

Les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience sont le chemin que nous devrions suivre en cette époque de crise générale parce qu'ils sont une pratique de fraternité, de compréhension et d'amour qui nous protège, nous et notre planète. Ils sont des applications concrètes de la conscience éveillée.

  LES CINQ ENTRAÎNEMENTS A LA PLEINE CONSCIENCE

   Premier entraînement: Protection de la vie

Conscient (e) de la souffrance provoquée par la destruction de la vie, je suis déterminé (e) à cultiver ma compréhension de l'Inter-être et ma compassion, afin d'apprendre  comment protéger la vie des personnes, des animaux, des plantes et de la Terre. Je m'engage à ne pas tuer, à ne pas laisser tuer et à ne soutenir aucun acte meurtrier dans le monde, dans mes pensées ou dans ma façon de vivre. Je comprends que toute violence causée notamment par le fanatisme, la haine, l'avidité, la peur, a son origine dans une vue dualiste et discriminante. Je m'entraînerai à tout regarder avec ouverture, sans discrimination ni attachement à aucune vue, ni à aucune idéologie, pour oeuvrer à transformer la violence et le dogmatismatisme qui demeurent en moi et dans le monde.

     Second entraînement : Bonheur véritable

Conscient (e) de la souffrance provoquée par le vol, l'oppression, l'exploitation et l'injustice sociale, je suis déterminé (e) à pratiquer la générosité dans mes pensées, dans mes paroles et dans les actions de ma vie quotidienne. Je partagerai mon temps, mon énergie et mes ressources matérielles avec ceux qui en ont besoin. Je m'engage à ne rien m'approprier qui ne m'appartienne. Je m'entraînerai  à regarder profondément afin de voir que le bonheur et la souffrance d'autrui sont étroitement liés à mon propre bonheur et à ma propre souffrance. Je comprends que le bonheur véritable est impossible sans compréhension et amour, et que la recherche du bonheur dans l'argent, la renommée, le pouvoir ou le plaisir sensuel engendre beaucoup de souffrance et de désespoir. J'approfondirai ma compréhension que mon bonheur véritable dépend plus de ma façon de penser que de conditions extérieures, et que je peux vivre heureux(se) ici et maintenant lorsque je suis capable de m'établir dans le moment présent, en me contentant de peu et en reconnaissant les nombreuses conditions de bonheur déjà disponibles en moi et autour de moi. Conscient(e) de cela, je suis déterminé (e) à choisir des moyens d'existence justes afin de réduire la souffrance et de contribuer au bien-être de toutes les espèces sur Terre, notamment en agissant pour inverser le processus du réchauffement planétaire.    

     Troisième entraînement: Amour véritable

     Conscient(e) de la souffrance provoquée par une conduite sexuelle irresponsable, je suis déterminé(e) à développer mon sens de la responsabilité et à apprendre à protéger l'intégrité et la sécurité de chaque individu, des couples, des familles et de la société. Je sais que le désir sexuel et l'amour sont deux choses distinctes, et que des relations sexuelles irresponsables, motivées par l'avidité, engendrent toujours de la souffrance et part et d'autre. Je m'engage à ne pas avoir de relation sexuelle sans amour véritable ni engagement profond, à long terme et connu par mes proches. Je ferai tout mon possible pour protéger les enfants des abus sexuels et pour empêcher les couples et les familles de se désunir par suite de comportements sexuels irresponsables. Sachant que le corps et l'esprit ne font qu'un, je m'engage à apprendre les moyens appropriés de gérer mon énergie sexuelle. Je m'engage à développer la bonté aimante, la compassion, la joie et la non-discrimination en moi, pour mon propre bonheur et le bonheur d'autrui. Je sais que la pratique de ces quatre fondements de l'amour véritable me garantira une continuation heureuse dans l'avenir.

    Quatrième entraînement : Parole aimante et écoute profonde

     Conscient (e) de la souffrance provoquée par des paroles irréfléchies et par l'incapacité à écouter autrui, je suis déterminé(e) à apprendre à parler à tous avec amour et à développer une écoute profonde afin de soulager la souffrance et d'apporter réconciliation et paix entre moi-même et autrui, entre les groupes  ethniques et religieux, et entre les nations. Sachant que la parole peut être source de bonheur comme de souffrance, je m'engage à apprendre à parler avec sincérité, en employant des mots qui inspirent à chacun la confiance en soi,j qui nourrissent la joie et l'espoir, et qui oeuvrent à l'harmonie et à la compréhension mutuelle. Je suis déterminé(e) à ne rien dire lorsque je suis en colère. Je m'entraînerai à respirer et à marcher alors en pleine conscience, afin de reconnaître cette colère et à regarder pronfondément ses racines, tout particulièrement dans mes perceptions erronées et dans le manque de compréhension de ma propre souffrance et de celle de la personne contre laquelle je suis en colère. Je m'entraînerai à dire la vérité et à écouter profondément, de manière  à réduire la souffrance, chez les autres et en moi-même, et à trouver des solutions aux situations difficiles. Je suis déterminé(e) à ne répandre aucune information dont je ne suis pas certain (e) et à ne rien dire qui puisse entraîner division, discorde, ou rupture au sein d'une famille ou d'une communauté. Je m'engage à pratiquer la diligence juste afin de cultiver ma compréhension, mon amour, mon bonheur et ma tolérance, et de transformer jour après jour les semences de violence, de haine et de peur qui demeurent en moi.

Cinquième entraînement: transformation et guérison

Conscient (e) de la souffrance provoquée par une consommation iréfléchie, je suis déterminé (e) à apprendre à nourrir sainement et à transformer mon corps et mon esprit, en entretenant une bonne santé physique et mentale par ma pratique de la pleine conscience lorsque je mange, bois ou consomme. Afin de ne pas m'intoxiquer, je m'entraînerai à observer profondément ma consommation des quatre sortes de nourriture: les aliments comestibles, les impressions sensorielles, la volonté et la conscience. Je m'engage à ne pas faire usage d'alcool, ni d'aucune forme de drogue et à ne consommer aucun produit contenant des toxines comme certains sites d'internet, jeux, films, émissions de télévision, livres, magazines, ou encore certaines conversations. Je m'entraînerai régulièrement à revenir au moment présent pour rester en contact avec les éléments nourrissants et porteurs de guérison qui sont en moi et autour de moi, et à ne pas me laisser emporter par des regrets et des peines quant au passé, ou par des soucis et des peurs concernant le futur. Je suis déterminé(e) à ne pas utiliser la consommation comme un moyen de fuir la souffrance, la solitude et l'anxiété. Je m'entraînerai  à regarder profondément dans la nature de l'interdépendance de toute chose, afin de consommer de manière à nourrir la joie et la paix, tant dans mon corps et ma conscience, que dans le corps et la conscience collective de la société et de la planète.

Par le premier entraînement, nous faisons le voeu de cherir toute vie et de ne soutenir aucun acte meurtrier.

Par le deuxième entraînement, nous nous engageons à pratiquer la générosité et à ne contribuer ni à l'injustice, sociale ni à l'oppression.

Par le troisième entraînement nous prenons l'engagement d'être responsables dans nos relations et dans notre conduite sexuelle.

Avec le quatrième entraînement, nous nous engageons à pratiquer la parole aimante et l'écoute profonde afin d'alléger la souffrance d'autrui. 

REGIME POUR SAUVER NOTRE PLANETE

     La situation présente de la Terre a été causée par une production et une consommation sans conscience. Nous avons fait violence à la planète où nous vivons  et nous devons désormais faire face au réchauffement planétaire et à des changements climatiques catastrophiqueus. Nous avons créé un environnement  propice à la violence, à la haine, à la discrimination et au désespoir.

     De nos jours, les gens pensent que leur corps leur appartient et qu'ils peuvent en faire ce qu'ils veulent .

     " J'ai le droit de vivre comme je l'entends " disent-ils.

     Cet individualisme est même soutenu par la loi. Mais selon l'enseignement du Bouddha, notre corps n'appartient pas à nous seuls, il appartient aussi à nos ancêtres, à nos parents et aux générations futures, ainsi qu'à la société et à tous les êtres vivants. Il a fallu la participation de toutes chose, les arbres, les nuages, le sol, etc, pour que notre corps puisse se manifester. Nos corps sont la Terre elle-même et le bodhisattva " Celui qui Soutient la Terre " maintient tous ces éléments ensemble.

L'obésité est devenue un énorme problème de santé dans la société occidentale alors que dans les pays pauvres, des milliers de gens souffrent malnutrition.*

( * Food first policy brief  ( Premier abrégé de politique alimentaire) Eric Holt Gimenez et Isabelle Kenfield, Mars 2008 : " Les multinationales qui dominent l'agriculture industrielles sont largement responsables de l'instauration d'un système pervers de politique alimentaire globale où un milliard d'êtres souffrent d'obésité et 840 millions de malanutrition, foodfirst.org/en/node/ 2064 )

     La première décision utile que nous pouvons prendre, c'est de nous pencher sur notre consommation de viande. Pendant plus de deux mille ans, la plupart des bouddhistes ont choisi d'être végétariens par compassion envers les animaux. Or aujourd'hui, il apparaît que l'une des solutions les plus efficaces pour lutter contre la faim dans le monde et contre le réchauffement planétaire pourrait bien être de devenir végétariens.

     L'élevage intensif du bétail pour la viande a contribué à créer quelques uns des pires problèmes environnementaux sur la planète et est responsable pour un quart, des émissions de gaz à effet de serre. *

* Livesock's long shadow: environemtal issues and options.

Le point noir de l'élevage intensif: questions et options environnementales,       FAO, 29 nov 2006:

" Le secteur de l'élevage intensif émerge comme l'un des 2 ou 3 facteurs les plus significatifs contribuant aux problèmes environnementauxles plus graves, que ce soit à l'échelle locale ou mondiale...La contribution de l'élevage intensif aux dommages environnementaux est si massive que les solutions potentielles apportées à ce secteur auront un immense impact également important. L'impact est si sévère que des solutions sont à trouver d'urgence."

     Nos habitudes alimentaires et nos modes de production font souvent violence aux autres espèces, à nos propres corps et à la Terre.

     La Terre, notre mère à tous, souffre énormément du fait de nos choix alimentaires. Le bétail élevé pour la viande est la plus grande source de pollution des eaux potables ; les résidus des fermes d'élevage et des avattoirs s'infiltrent dans nos rivières, nos fleuves et nos nappes phréatiques. Dans les seuls             Etat-Unis, des centaines de milliers d'hectares de forêts ont été rasés pour faire pousser le fourrage destiné au bétail. Les forêts tropicales humides, si précieuses pour conserver la fraîcheur terrestre  et qui hébergent la plupart des espèces végétales et animales de la planète, sont brûlées pour fournir des zones de pâturage.    

        Si vous prenez un morceau de viande et le regardez en profondeur, vous verrez qu'une énorme quantité de céréales et d'eau ont été nécessaires pour produire ce simple morceau. Une quantité considérable de céréale et d'eau est également utilisée pour produire de l'alcool. Des dizaine de milliers d'enfants meurent de faim et de malnutrition chaque jour ; ces céréales pourraient les nourrir.

   En mangeant de la viande, nous partageons la responsabilité du changement climatique, de la destruction de nos forêts et de l'empoisonnement de notre air et de notre eau. La simple décision de devenir végétariens peut amener une différence dans la santé de la planète. Et si vous ne vous sentez pas capables de vous passer de viande, vous pouvez toujours décider d'en manger moins.

     Les aliments comestibles ne sont pas notre seule nourriture et notre vigilance doit s'appliquer à tout ce que nous consommons d'autre. Dans le Discours sur les Quatre Sortes d'Aliments, le Bouddha parle des aliments comestibles comme étant 

 - la première des quatre sortes d'aliments que nous consommons.

- la seconde sorte est constituée par les impressions sensorielles.

Nous consommons par les yeux, les oreilles, le nez, le corps et la conscience.

Lorsque nous regardons un film ou lisons un magazine, quand nous voyons une plublicité ou écoutons une conversation, nous consommons.

     Parfois, ce qui nous nourrit, c'est une musique apaisante, les senteurs suaves du jardin ou la beauté du paysage autour de nous. Mais bien souvent ce que nous consommons nous intoxique.

Quand nous conduisons en ville, nous consommons les panneaux publicitaires, ils pénètrent en nous.

Quand nous discutons avec quelqu'un dont les paroles sont haineuses et violentes, ses mots nous restent en tête.

Quand un enfant américain atteint l'école primaire, il a déjà ingurgité 8000 meurtres et plus de cent mille actes de violence à la télévision. Cela représente une bien grande quantité de toxines dans un corps d'enfant !

     La Quatrième Noble Vérité dans le bouddhisme affirme que notre souffrance peut prendre fin si nous suivons le chemin de la pleine conscience. Si en tant qu'êtres humains, nous ne pratiquons pas une consommation pleinement consciente des quatre sortes d'aliments, nous ne pourrons pas sauver notre planète. Nous avons besoin, non seulement d'un éveil personnel, mais de l'éveil collectif de la race humaine toute entière. Il faut que notre pratique produise cet éveil collectif. Chacun de nous, chaque jour, doit toucher son Bouddha intérieur pour que l'éveil se manifeste en nous et en notre entourage. Il n'y a que cet éveil qui puisse sauver notre planète.

NATURE ET NON-VIOLENCE

     Prenez une graine de maïs et plantez-là dans un sol humide. Au bout d'une ou deux semaines, elle va germer. Environ trois jours plus tard, revenez la voir t demandez à la plante: " chère plante, te souviens-tu du temps où tu étais une graine? " Il se peut que la plante ait oublié, mais l'ayant observée attentivement, vous savez bien que la jeune tige de maïs vient vraiment de la graine.

     Quand nous regardons la plante, nous ne voyons plus la graine et nous pensons qu'elle est morte. Mais la grainen'est pas morte ; elle est devenue la plante. Si vous êtes capables de voir la graine de maïs dans la tige de maïs, vous avez cette sorte de sagesse que le Bouddha appelle la sagesse de                      non-discrimination. Vous ne faites pas de séparation entre la graine et la plante.  Vous voyez qu'elles inter-sont, qu'elle sont une seule et même chose. Vous ne pouvez pas enlever la graine de la plante et vous ne pouvez pas enlever la plante de la graine. En examinant avec attention le jeune plant de maïs, vous pouvez voir la graine de maïs toujours vivante, mais sous sa nouvelle apparence. La plante est la continuation de la graine.

     La pratique de la méditation nous aide à percevoir ce que les autres ne voient pas. 

     En examinant très attentivement le père et le fils, le père et la fille, la mère et le fils, la mère et la fille,

la graine de maïs et la tige de maïs,

nous constatons qu'il y a entre eux une relation très étroite.

C'est pourquoi il nous faut pratiquer, pour nous éveiller à la vérité, à la réalité de l'inter-être.

La souffrance de l'un est la souffrance de l'autre.

Si les musulmans et les chrétiens, les hindous et les musulmans, les israéliens et les palestiniens réalisent qu'ils sont frères et soeurs, que la souffrance de l'un des camps est la souffrance de l'autre camp, ils cesseront de se faire la guerre.

Quand nous verrons profondément que tous les êtres vivants et nous-mêmes avons la même nature, pourrons-nous rester dans la division et la mésentente ?

Quand nous prendront conscience de notre nature interdépendante, nous cesserons de blâmer, d'exploiter, de tuer parceque nous aurons compris que nous  " inter-sommes" avec tous les êtres.

C'est le grand Eveil que nous devons réaliser pour le salut de notre planète.

     Nous, les humains, nous nous sommes toujours considérés comme à-part du reste du monde.

     Nous faisons une distinction entre nous-mêmes et " la Nature " ( les animaux, les plantes et les minéraux) et nous agissons comme si nous en étions totalement séparés.

Mais à la question :

" Comment gérer notre environnement naturel ?"

il n'y a qu'une seule réponse :

nous devons en prendre soin, sans violence, comme nous prenons soin de nous-mêmes.

Nous, les êtres humains, sommes inséparables de notre milieu naturel.           

Nous ne devons pas davantage nuire à la nature qu'à autrui.

Le mal que nous faisons à notre environnement, c'est à nous-même que nous le faisons, et réciproquement.

Faire du tort à d'autres êtres humains, c'est se faire du tort à soi-même. Accumuler des richesses et prendre pour soi des pans entiers des ressources naturelles mondiales prive d'autres frères et soeurs humains de toute chance de survie. Participer à l'oppression et à l'injustice sociale renforce cette dernière, crée et approfondit le fossé entre riches et pauvres.

Non conscients que la race humaine est une seule famille, nous tolérons les excès, l'injustice et la guerre, ce qui entretient une souffrance générale. Tant que le reste de l'humnité souffre et meurt de faim, profiter d'une fausse sécurité et de ses propres richesses est illusoire. 

     Il est clair que le sort de chaque individu est inextricablement lié au sort de la race humaind toute entière. Si nous voulons vivre, il faut que les autres puissent vivre aussi. Soit nous vivons tous ensemble, soit nous mourrons tous ensemble.

Une civilisation dans laquelle nous devons tuer et exploiter les autres pour vivre n'est pas saine. Dans une civilisation saine, tous doivent avoir accès à l'éducation, au travail, à la nourriture, au logement, à la citoyenneté mondiale, à l'air et à l'eau purs. Les gens doivent pouvoir circuler librement et s'installer dans n'importe quel lieu du monde. Les systèmes politiques ou économiques qui interdisent ces droits aux personnes font du tort à la famille humaine toute entière. Une prise de conscience de ce qui est en train de se produire est vitale pour réparer les dommages déjà infligés à la famille humaine.

     Pour amener la paix dans la famille humaine, nous devons oeuvrer pour une coexistence harmonieuse.

     Si nous continuons à nous couper du reste du monde, emprisonnés dans nos soucis égoïstes et nos problèmes immédiats, nous n'avons aucune chance d'instaurer la paix, ni même de survivre.

     La race humaine fait partie intégrante de l'environnement. Cette vision profonde nous est nécessaire si nous voulons réaliser l'harmonie entre les peuples. Cette harmonie est détruite, dans la famille humaine et dans l'environnement, par la violence et la ségrégation.

     Si nous voulons réduire la cruauté et la division, il nous faut des lois promouvant la non-violence envers les hommes et envers la nature.

 

        SAVITRI

                CHANT UN

A nouveau, c'est l'aube sur la Terre après beaucoup d'autres Terres ... disparues et naufragées dans l'éternelle quête de ce qu'est la Terre et de son But.

Savitri aussi s'éveille, fille du Soleil, le jour où Satyavane, l'âme de la Terre doit mourir.

La sauvera-t-elle cette fois-ci ?

L'Aube symbolique

C'était l'heure avant l'éveil des Dieux.

Sur le chemin de l'Evènement divin, barrant la route,

L'énorme front de la Nuit, menaçant, seul

Dans son temple d'éternité sans lumière

Reposait immobile aux lisières du Silence.

Une conscience informe désirait la lumière

Une prescience blanche appelait un changement lointain.

Un doigt d'enfant posé sur une joue

Rappelait à la Mère des mondes, distraite,

L'infini besoin au fond des choses :

Un cri d'enfant s'accrochait au sombre Vaste.

.....

Une main aventureuse de pâle lumière enchantée

Irradiait la crête d'un moment fugitif

Et posait des battants d'or sur des gonds d'opale :

Une porte de rêve entrouverte sur le versant du mystère.

Un coin radieux laissait transparaître les choses cachées

Forçant l'aveugle immensité du monde à voir.

...................................

A l' heure où une âme s'approche du seuil de la naissance

A la frontière du temps mortel et du Sans-Temps,

Etincelle divine engloutie dans les cryptes de la Matière,

Son éclat s'avanouit dans les plans inconscients,

............................................................................................................

La vie de Savitri partageait le fardeau cosmique.

A l'appel muet de son corps,

Son puissant esprit aux ailes lointaines revenait en arrière,

Revenait au joug de l'ignorance et du destin,

Revenait au labeur et à l'usure des jours mortels,

Et allumait une piste à travers d'étranges rêves symboliques

Au reflux des mers du sommeil.

Sa demeure dans la Nature sentait une invisible souveraineté

Les chambres obscurcies de la vie s'allumèrent vite,

Puis les battants de la mémoire s'ouvrirent sur les heures

Et les pas fatigués de la pensée s'approchèrent de sa porte.

Tout lui revenait: la Terre et l'Amour et le Destin,

Les anciens adversaires l'encerclaient

Telles des silhouettes géantes dans l'arène de la nuit:

Les divinités nées de l'Inconscient ténébreux

S'éveillaient pour la lutte et l'angoisse divine,

Tandis que dans l'ombre de son coeur flamboyant,

Au centre sombre de ce combat funeste

Gardiendes abîmes inconsolés,

Héritier de la longue agonie du globe,

Un visage de hautre Douleur divine, immobile comme une pierre,

Fixait l'espace de ses yaux vides

Regardant les profondeurs sans âge du malheur,

Mais non le but de la vie.

Affligé par sa propre divinité implacable

Enchaîné à son trône, inapaisé, il attendait

L'oblation quotidienne des larmes jamais pleurées de Savitri .

La féroce question des heures humaines revivait là toute entière.

 

 

 

 

Sri Aurobindo

 

 

The Symbol Dawn

It was the hour before the Gods awake.

Across the path of the divine Event

The huge foreboding mind of Night, alone

In her unlit temple of eternity,

Lay stretched immobile upon Silence' mage.

Almost one felt, opaque, impenetrable,

In the sombre symbol of her eyeless muse

The abysme of the unbodied Infinite;

A fathomless zero occupied the world.

A power of fallen boundless self awake

Between the first and the last Nothingness,

Recalling the tenebrous womb from which it came,

Turned from the insoluble mystery of birth

And the tardy process of mortality

And longed to reach its end in vacant Nought.

As in a dark beginning of all things,

A mute featureless semblance of the Unknown

Repeating for ever the unconscious act,

Prolonging for ever the unseeing will,

Cradled the cosmic drowse of ignorant Force

Whose moved creative slumber kindles the suns

And carries out lives in its somnambulist whirl.

Athwart the vain enormous trance of Space,

Its formless stupor without mind or life,

A shadow spinning throuth a soulless Void,

Thrown back once more into unthinking dreams,

Earth wheeled abandoned in the hollow gulfs

Forgetful of her spirit and her fate.

The impassive skies were neutral, empty, still.

Then something in the inscrutable darkness stirred;

A nameless movement, an unthought Idea

Insistent, dissatisfied, without an aim,

Something that wished but knew not how to be,

Teased the Inconscient to wake Ignorance.

A throe that came and left a quivering trace,

Gave room for an old tired want unfilled,

At peace in its subconscient moonless cave

To raise its head and look for absent light,

Straining closed eyes of vanished memory,

Like one who searches for a bygone self

And only meets the corpse of his desire.

It was as though even in this Nought's profound,

Even in this ultimate dissolution's core

There lurked an unremembering entity,

Survivor of a slain and buried past

Condemned to resume the effort and the pang, Reviving in another frustrate world.

An unshaped consciousness desiered light

And a blank prescience yearned towards distant change.

As if a childlike finger laid on a cheek

Reminded of the endless need in things

the heedless Mother of the universe,

An infant longing clutched the sombre Vast.

Insensibly somewhere a breach began :

A lone line of hesitating hue

Like a vague smile tempting a desert heart

Troubled the far rim of life's obscure sleep.

Arrived from the other side of boundlessness

An eye of deity pierced through the dumb deeps;

A scout in a reconnaissance of the sun,

It seemed amid a heavy cosmic rest,

The torpor of a sick and weavry world,

To seek for a spirit sole and desolate

Too fallen to recollect forgotten bliss.

Intervening in a mindless universe,

Its message crept through the reluctant hush

Calling the adventure of consciousness and joy

And, conquering Nature's disillusioned breast,

Compelled  renewed consent to see and feel.

A thought was sown in the unsounded Void,

A sense was born within the darkness' depths,

A memory quivered in the heart of Time

As  if a soul long dead were moved to live;

But the oblivion that succeeds the fall,

Had blotted the crowded tablets of the past,

And all that was destroyed must be rebuilt

And old experience laboured out once more.

All can be done if the God-touch is there.

A hope stole in that hardly dared to be

Amid the Night's forlorn indifference. 

As if solicited in an alien world 

With timid and hazardous instinctive grace,

Orphaned and driver out to seek a home,

An errant marvel with no place to live,

Into a far-off nook of heaven there came

A slow miraculous gesture's dim appeal.

 

PLANS ET PARTIES DE L'ÊTRE

L'âme d'une plante ou d'un animal n'est pas complètement latente: simplement, ses moyens d'expression sont moins développés que ceux d'un être humain. Il y a beaucoup de psychique dans une plante, beaucoup de psychique dans l'animal. Dans la forme de la plante, seul le vital-physique est évolué, donc elle ne peut pas s'exprimer; l'animal a un mental vital et le peut, mais sa conscience est limitée et ses expériences sont limitées, aussi la conscience et l'expérience de l'essence psychique sont-elles moins développées que dans l'homme ou du moins que ce n'est possible dans l'homme. Tout de même, les animaux ont une âme et répondent très volontiers au psychique en l'homme.

Quand l'âme ou " étincelle du Feu divin" commence à élaborer une individualité psychique, cette individualité psychique est appelée être psychique.

L'âme ou étincelle est là avant que ne se développent un vital et un mental organisés.  L'âme est quelque chose du Divin qui descend dans l'évolution en tant que Principe divin, afin de soutenir en elle l'évolution de l'individu sortant de l'Ignorance pour entrer dans la Lumière. Elle élbore, au cours de l'évolution, un individu psychique ou individualité d'âme qui croît de vie en vie, utilisant le mental, le vital et le corps en évolution comme ses instruments.

C'est l'âme qui est immortelle, alors que le reste se désintègre; elle passe de vie en vie, transportant l'essence de son expérience et la continuité de l'évolution de l'individu.

C'est toute la conscience - mentale, vitale et aussi physique  - qui doit s'élever et rejoindre la conscience supérieure et, une fois que la jonction est faite, la conscience supérieure doit descendre en eux.

Le psychique est derrière tout cela et le soutient.

Le Supramental est la Conscience-de-Vérité; au-dessous intervient le Surmental dont le principe consiste à recevoir les pouvoirs du Divin et à essayer de les mettre en oeuvre séparément, chacun agissant de son propre chef et travaillant à réaliser un monde à lui ou, s'il doit agir avec d'autres, à imposer le plus possible son propre principe. Les âmes qui descendent dans le Surmental agissent de même. 

Le principe de l'Individualité vient de là.

Encore consciente tout d'abord de son origine divine, l'âme s'en sépare à mesure qu'elle descend et l'oublie de plus en plus, étant dirigée par le principe de division et de l'ego.

Car le Mental est beaucoup plus éloigné encore de la Vérité que le Surmental.

La Nature vitale est absorbée dans la réalisation de forces ignorantes,

alors que dans la Matière tout cela entre dans - ce qui semble - une Inconscience originelle.

C'est la Mâyâ du Surmental qui gouverne ce monde,

mais dans la Matière elle s'est épaissie en une Inconscience

d'où la conscience ressort pour monter de nouveau et faire descendre dans la Matière la vie et le mental,

ouvrir le mental à de plus hauts sommets  - qui gardent encore un contact plus ou moins direct avec la Vérité ( intuition, surmental, supramental ).

Toutes les âmes ne sont pas évoluées ni actives; elles ne sont pas non plus toutes tournées vers le Divin avant la pratique du yoga. Pendant longtemps l'âme ne cherche pas le Divin directement mais plutôt à travers les hommes et les choses.

L'âme est toujours pure, mais la connaissance et la force qui sont en elle sont involuées, elles sortent seulement à mesure que le psychique évolue et se fortifie.

L'être psychique est l'âme, il évolue au cours des naissances et des renaissances.

L'âme est une parcelle du Divin.

Avec l'âme il y a toujours le Divin voilé :                  Hrishikesha le Seigneur des sens, un des noms de Krishna.

Le Divin est toujours dans le coeur intérieur et ne le quitte pas.

Le Psychique est le support de l'évolution individuelle; il est relié à l'universel à la fois par contact direct et par l'intermédiaire du mental, du vital et du corps.

Voici ce que l'être psychique apporte à la sâdhanâ:

1) l'amour et la bhakti ; un amour qui n'est pas vital, qui n'est pas exigeant ni égoïste, qui ne pose aucune condition, qui ne réclame rien, qui existe en soi.

2) Le contact ou la présence de la Mêre au-dedans.

3) Des indications intérieures infaillibles.

4) Un apaisement et une purification de la conscience mentale, vitale et physique par leur soumissionà l'influence et à la direction psychiques.

5) L'ouverture de toute cette conscience inférieure à la conscience spirituelle supérieure au-dessus pour qu'elle descende dans une nature pérarée à la recevoir avec une complète réceptivité et une attitude juste; car le psychique apporte en toutes choses une pensée juste, une perception juste, un sentiment juste, une attitude juste.

     On peut faire monter sa conscience à partir du mental et du vital et faire descendre le pouvoir, l'Ânanda, la lumière, la connaissance d'en haut; mais c'est beaucoup plus difficile et le résultat est incertain, et c'est même dangereux si l'être n'est pas préparé ou pas assez pur. S'élever avec le psychique est de loin la meilleure méthode d'ascension. Si vous vous élevez ainsi à partir du centre psychique, c'est bien.

     Ce que vous dites indique que les centres psychique et mental sont en communication et, à travers eux, vous pouvez faire descendre ce qui vient de la conscience supérieure. Mais vous vous situez encore dans le centre de la tête et non dans le centre au-dessus de la tête, ou dans l'immensité au-dessus de la tête.

     Cela vient habituellement  par une ascension progressive des parties conscientes vers le sommet de la tête et ensuite au-dessus. Mais il ne faut ni tirer ni forcer dans ce sens; cela viendra de soi-même.

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Il est inévitable qu'au cours de la sâdhanâ on ait à passer par toutes sortes d'états pour atteindre la plénitude de la vraie conscience.

Vous êtes maintenant  - comme la plupart des sâdhak - dans la conscience physique dont la principale difficulté est la tendance à s'extérioriser et à voiler l'expérience active, de sorte que l'on ne sait pas ce qui se passe à l'intérieur ou que l'on a l'impression qu'il ne s'y passe rien.

Quand cela se produit, c'est le signe qu'une certaine partie ou une certaine couche du physique a émergé parce qu'il faut s'en occuper, et quand le nécessaire a été fait - ce qui prend plus ou moins longtemps - l'expérience intérieure active et consciente reprend.

Un mental muet n'est pas mauvais en soi ; c'est un état favorable au travail intérieur.

vous décrivez aussi quelque chose qui se passe dans la tête: ce doit être une action de la Force à cet endroit ; cela donne parfois l'impression d'un mal de tête.                                    Une action se poursuit sans doute dans le mental physique pour le débarrasser d'une difficulté ou pour mieux le préparer à accueillir ce qui vient d'en haut.

     Une grande patience est nécessaire pour passer par ces différents états sans agitation ni frayeur, et aussi la confiance que toutes les difficultés seront surmontées.

 


 

 

 

    

 

   

 

LE YOGA ET LA SANTE.

UN DESEQUILIBRE DE L'ÊTRE

Maladie : désharmonie de l'être intérieur.

Sri Aurobindo :

« Les maladies se prolongent inutilement et se terminent par la mort plus souvent qu'elles ne le devraient car le mental du malade soutient la maladie du corps et s'appesantit sur elle »

« Toute maladie du corps est toujours l'expression extérieure et la traduction d'un désordre, d'une désharmonie de l'être intérieur ; à moins que ce désordre intérieur ne soit guéri, la guérison extérieure ne saurait être complète ni définitive. »

« Chercher les causes intérieures de la désharmonie est beaucoup plus important que d'en chercher les causes extérieures. C'est l'intérieur qui gouverne l'extérieur. »

« Enseigné par une personne compétente (guidée par SATYA),  le yoga aide à bâtir une santé solide, inaltérable »

La peur et la pression du yoga

16 juin 1929

Les neuf dixièmes du danger dans une maladie proviennent de la peur. La peur peut vous donner les symptômes apparents d'une maladie; elle peut même vous rendre malade, tant sont puissants ses effets. Il n'y a pas longtemps, la femme d'un de ceux qui fréquentent l'Ashram, mais ne pratiquant pas le yoga elle-même, apprit qu'il y avait un cas de choléra dans la maison où demeurait son laitier; elle fut saisie par la peur et, le moment suivant, elle commença à montrer les symptômes de la maladie. Cependant elle fut rapidement guérie, parce qu'on ne permit pas à ces signes extérieurs de se développer en la maladie véritable.

 Il y a des mouvements physiques provenant de la pression du yoga, qui créent quelquefois des craintes sans fondement, mais capables de faire du mal si la peur n'est pas rejetée. Il y a, par exemple, une certaine pression sur la tête que beaucoup éprouvent, spécialement dans les commencements quand quelque chose en eux est encore fermé et doit s'ouvrir.

C'est un malaise sans importance et qu'on peut surmonter facilement en sachant que c'est l'effet de la pression des forces quand elles travaillent fortement dans le corps pour produire un résultat rapide et hâter la transformation. En le prenant tranquillement, cet effet peut se changer en une sensation pas du tout déplaisante. Mais si l'on est effrayé, on est sûr de se donner un violent mal de tête, qui peut même aller jusqu'à la fièvre. Le malaise est dû à une résistance dans la nature; si vous savez relâcher la résistance, vous êtes immédiatement débarassé du malaise;  mais si vous êtes effrayé, cette simple incommodité se transforme en quelque chose de bien pire. Quel que soit le caractère de l'expérience que vous avez, ne laissez jamais la place à la peur; vous devez garder une confiance inébranlable et sentir que, quoi qu'il arrive, c'est cela même qui devait arriver.

Une fois que vous avez choisi la voie, vous devez hardiment accepter toutes les conséquences de votre choix. Mais si vous choisissez et puis que vous reculiez, pour choisir encore et encore reculer, hésitant toujours, doutant toujours, toujours effrayé, vous créez une désharmonie dans votre être, qui non seulement retarde votre progrès, mais peut être à l'origine de toutes sortes de désordres dans l'être mental et l'être vital, et de malaises ou d'indispositions dans le corps.

     LA PEUR DE LA MORT

En tout cas c'est l'usage d'une conscience plus profonde qui s'impose.

Dans un cas, le remède consiste à se dire que c'est une chose qui arrive à tout le monde et par conséquent, tôt ou tard cela arrivera et il n'y a pas de raison d'avoir peur, c'est tout à fait normal.

Vous pouvez ajouter à cela une idée de plus, à savoir que d'après l'expérience humaine collective, les circonstances étant les mêmes, absolument identiques, dans un cas les gens meurent , dans l'autre cas ils ne meurent pas - pourquoi? Si vous poussez la chose un peu plus loin, vous dites que cela doit dépendre de quelque chose qui est tout à fait en dehors de votre conscience - et finalement, on meurt quand on doit mourir. C'est tout. Quand on doit mourir on meurt, et quand on ne doit pas mourir on ne meurt pas. Même si vous êtes en danger mortel, si ce n'est pas votre moment de mourir, vous ne mourrez pas, et même si vous êtes hors de tout danger, il suffira de vous piquer le pied pour mourir, il y a des gens qui sont morts d'une piqûre d'épingle au pied  - parce que leur moment était venu.

Par conséquent, la peur n'a pas de sens. Ce que vous pouvez faire, c'est d'arriver à un état de conscience où vous direz:

" C'est comme cela, nous acceptons le fait parce qu'il semble reconnu que ce soit un fait inévitable. Mais je n'ai pas besoin de me tourmenter, cela m'arrivera quand cela doit m'arriver. Par conséquent, je n'ai pas besoin d'avoir peur: quand ça ne doit pas m'arriver, ça ne m'arrivera pas ; quand ça doit m'arriver, ça m'arrivera. Et comme cela m'arrivera inévitablement, il vaut mieux que je n'aie pas peur de la mort; au contraire il faut accepter ce qui est tout à fait naturel."

Cela est un remède très répandu, c'est à dire très en usage.

 Il y en a un autre, un peu plus difficile, mais je le crois meilleur, c'est de se dire: " Ce corps, ce n'est pas moi ", et de chercher en soi la partie qui est vraiment soi-même - jusqu'à ce que l'on ait trouvé son être psychique. Et quand on a trouvé son être psychique - instantanément, vous entendez -, on a le sens de l'immortalité. Et on sait que ça, ce qui s'en va ou ce qui vient, c'est seulement une commodité: " Je ne vais pas pleurer après une paire de chaussures que je laisse quand elle est toute trouée ! Quand ma paire de chaussures est usée, je la laisse, et je ne pleure pas." Eh bien l'être psychique a pris ce corps parce qu'il avait besoin de s'en servir pour faire son travail, mais quand le moment est venu de quitter le corps, c'est à dire quand on doit le laisser parce qu'il n'est plus bon à rien pour une raison ou une autre, on le laisse, on n'a pas peur. C'est un geste tout à fait naturel - et que l'on accomplit même sans regret. 

JNÂNA - YOGA

Swâmi Vivekânanda

De la nature réelle de l'homme

Un jour que des enfants passaient un examen l'examinateur posait des questions assez difficiles, entre autres celle-ci : " Pourquoi la terre ne tombe-t-elle pas?" il voulait provoquer des réponses sur la gravitation. La plupart des enfants étaient incapables de trouver la réponse, mais quelques-uns répondirent que c'était la gravitation, ou donnèrent quelque autre raison. Une petite fille à l'esprit éveillé répondit par une autre question: "Où est-ce qu'elle tomberait? " La question qu'on lui avait posée était absurde. Où la terre tomberait-elle? Pour la terre, il n'y a ni chute ni ascension. Dans l'espace infini, il n'est ni haut ni bas; cela n'existe que dans le domaine du relatif. Pour l'infini, qu'est-ce que l'éloignement? D'où viendrait-il et où irait-il? "

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Hubert Reeves, astrophysicien, directeur de recherches au CNRS, enseigne la cosmologie à Montréal et à Paris.

" Notre terre s'est formée il y a plus de quatre milliards d'années. Gagnant de la masse à chaque apport météoritique, elle a rapidement atteint le seuil où son champ de gravité lui a permis de retenir des nappes d'eau et de matières gazeuses: les océans et les atmosphères. La vie pourra dès lors s'y développer."    

OISEAUX MERVEILLEUX OISEAUX Les dialogues du ciel et de la vie  

Les oiseaux, leurs prouesses, leurs migrations, offrent l'un des plus émouvants témoignages de la prodigieuse richesse de notre univers. Comment le vol gracieux des hirondelles a-t-il pu émerger de la chaotique matière primordiale? Les oiseaux seront ici nos guides dans la recherche des ferments du levain cosmique.

Dans son évolution créatrice, la nature met en jeu toutes ses forces, elle fait feu de tous bois, lève la pâte du cosmos : dans les débris d'étoiles éclatées, les atomes d'hydrogène et d'oxygène s'associent pour donner l'eau vitale, et les cellules se fédèrent en organismes au sein de l'océan primitif de la Terre. Il y a soixante cinq millions d'années, la chute d'une météorite au Mexique fait disparaître les dinosaures, et les mammifères se développent; dans cette lignée évolutive à succès, apparaissent l'Homme et la pensée. Ce levain cosmique nous le portons en nous. C'est lui qui nous incite à poursuivre, à notre modeste échelle et pendant notre brève existence, la fabuleuse odyssée  de la complexité cosmique. "

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 Où pouvons-nous trouver l'explication de toute la morale?

Il y a une idée, exprimée sous diverses formes, qui se dégage comme élément central  de tous les systèmes de morale, c'est : Faites le bien. Le mobile qui inspire les actions des hommes devrait être la charité envers les hommes, la charité envers tous les animaux.

                                                        MÂYÂ ET L'ILLUSION

                                                                Conférence faite à Londres.

Presque tous, vous avez entendu le mot " Mâyâ " Généralement on l'emploie, de façon incorrecte, pour désigner l'illusion, ou la délusion *

(* " L'objet qui existe et nous induit en erreur cause une délusion; l'objet que l'on croit, à tort, exister, ou l'ensemble des qualités que l'on attribue à un objet existant qui ne les possède pas  est une illusion." A Dictionary of Modern English Usage, Oxford, 1926 )

La plus ancienne idée de Mâyâ que nous trouvions dans la littérature védique a le sens de délusion; mais à cette époque on n'était pas encore parvenu à la véritable théorie. Nous trouvons des passages comme celui-ci:

     " Indra, par sa Mâyâ, revêtit diverses formes."

Il est exact qu'ici le mot Mâyâ désigne quelque chose comme la magie, et nous trouvons plusieurs autres passages où il est pris dans la même acception. Puis le terme Mâyâ fut complètement perdu de vue - pendant ce temps l'idée se développait. Plus tard on posa la question suivante:

     " Pourquoi ne pouvons-nous pas connaître le secret de l'univers?"

Voici la réponse, qui est très significative:

     " Parce que nous parlons en vain, parce que nous nous contentons des objets des sens, parce que nous poursuivons nos désirs; c'est pourquoi nous recouvrons pour ainsi dire la Réalité d'un brouillard."

...

Vous savez tous, naturellement, qu'il y a une théorie selon laquelle la vie est venue d'autres planètes ; c'est pour certains philosophes védiques une doctrine bien arrêtée que la vie est arrivée ainsi, de la lune.

...

" Mais, dit le savant, nous ne faisons que commencer à connaître quelques petites choses; attendez quelques milliers d'années et nous trouverons la solution" 

     Puis il y a ce fait considérable qu'est la mort. Le monde tout entier va vers la mort. Tout meurt. Tout notre progrès, nos vanités, nos réformes, nos luxes, notre richesse, notre science, tout a cet aboutissement unique, la mort. C'est la seule chose qui soit certaine. Les villes apparaissent et disparaissent, les empires s'élèvent et s'écroulent, les planètes se brisent en morceaux et s'effritent en poussière, pour être dispersées au gré de l'atmosphère des autres planètes. Ainsi va le monde depuis un temps qui n'a pas eu de commencement. La mort est la fin de tout. La mort est la fin de la vie, de la beauté, de la richesse, de la puissance, et de la vertu aussi. Les saints meurent, et aussi les pécheurs; les rois meurent, et aussi les mendiants. Ils vont tous vers la mort, et pourtant il existe un formidablement attachement à la vie. De quelque manière, sans savoir pourquoi, nous nous cramponnons à la vie; nous ne pouvons pas y renoncer. Et cela c'est Mâyâ.

    Les animaux vivent aux dépens des plantes, les hommes aux dépens des animaux et, bien pis aux dépens les uns des autres, le fort au dépens du faible. Cela se passe partout. Et cela c'est Mâyâ.

     L'homme qui vit dans les bois ne sait pas ce que c'est d'être jaloux, d'aller devant les tribunaux, de payer des impôts, d'être critiqué par la société, d'être soumis jour et nuit à la tyrannie la plus effroyable que le diabolisme humain ait jamais inventée, et dont l'indiscrétion ne respecte aucun secret du coeur, chez personne.

     Il ne sait pas comment l'homme, avec tout son vain savoir, avec tout son orgueil est devenu mille fois plus satanique que n'importe quel autre animal. Et c'est ainsi que nous acquérons, au fur et à mesure que nous émergeons de nos sens, une plus grande capacité de jouissance, et qu'en même temps nous devons acquérir aussi une plus grande capacité de souffrance.

     Les nerfs s'affinent et deviennent capables de souffrir davantage.

     Dans n'importe quelle société, nous constatons souvent que l'homme ignorant, moyen, n'est pas très sensible aux injures, mais est très sensible aux coups, tandis que le gentleman ne peut supporter une seule insulte, tellement ses nerfs sont devenus délicats. Il est désormais d'autant plus misérable qu'il est capable de plus de bonheur. 

     Nous voyons que Mâyâ n'est pas une théorie pour expliquer le monde ; c'est seulement l'énoncé de faits tels qu'ils existent : la base même de notre être est contradiction, partout nous devons nous mouvoir dans cette formidable contradiction, partout où il y a le bien il doit aussi y avoir le mal, et partout où il y a le mal il doit y avoir aussi du bien, partout où il y a la vie, la mort doit la suivre comme son ombre, quiconque sourit devra aussi pleurer, et tous ceux qui pleurent devront aussi sourire. On ne peut pas porter remède à cet état de choses. 

   Les fanatiques ne peuvent pas travailler, car ils gaspillent les trois quarts de leur énergie.

Celui qui travaille c'est l'homme placide, calme, pratique.

Si tous les hommes parviennent à être bons, les animaux qui auront pendant ce temps-là évolué seront devenus des êtres humains; ils devront passer par les mêmes étapes, et il en sera de même des plantes.

De même qu'il est certain que le grand fleuve se précipite vers l'océan, que toutes les gouttes d'eau qui constituent le fleuve seront absorbées le moment venu dans cet océan sans bornes, de même, dans notre vie, avec toutes ses misères et ses chagrins, ses joies et ses sourires et ses larmes, un seul fait est certain:

c'est que toutes choses se précipitent vers leur destination, et que ce n'est qu'une question de temps avant que vous et moi, et les plantes et les animaux et chaque particule de vie qui existe, nous atteignions nécessairement l' Océan infini de la Perfection, la Liberté, le Divin.

Qu'entendez-vous par la vie ?

L'essence même de la vie est la marche vers la perfection.  Cela il nous le faut, et par conséquent nous ne pouvons pas prendre le monde tel qu'il paraît être.

     Toutes les religions, les plus rudimentaires comme les plus évoluées, sont plus ou moins des tentatives de parvenir au-delà de la nature, qu'elles s'expriment par mythologie ou par symbologie, par des histoiresde dieux, d'anges, de démons ou par des histoires de saints, d'annonciateurs, de grands hommes, de prophètes de saints, d'annonciateurs, de grands hommes, de porphètes, ou par des abstractions d'ordre philosophique - toutes ont ce même but, toutes s'efforcent d'aller au-delà de ces limitations. En un mot, elles luttent toutes pour parvenir à la liberté.

L'homme qui désire adorer les dieux voit en eux, par-dessus tout, une liberté plus grande que la sienne. Si une porte est fermée, il pense que les dieux peuvent passer au travers et qu'ils ne se laissent pas arrêter par des murs.

Cette idée de liberté s'accroît jusqu'à ce qu'elle arrive à l'idéal du Dieu Personnel, Être essentiellement au-delà des limitations de la nature, de Mâyâ.  

    L'homme qui dit:

" Je travaillerai lorsque le monde tout entier sera devenu bon, alors je jouirai de la félicité",   

 a autant de chances de réussir que l'homme assis au bord du Gange et qui dit :

" Je traverserai le fleuve à gué lorsque toute l'eau sera écoulée dans l'océan.."

Notre chemin ne nous conduit pas avec Mâyâ, mais contre elle. C'est là un autre fait que nous devons apprendre.               Nous ne sommes pas nés pour seconder la nature*, mais pour entrer en rivalité avec elle.

(* il s'agit de notre propre nature )

Mâyâ et l'évolution de la notion de Dieu

                                                                Conférence faite à Londres le 20 octobre 1896.

Mâyâ n'est pas une théorie, c'est la simple constatation de faits concernant l'univers tel qu'il existe ; pour comprendre Mâyâ, il nous faut remonter aux Samhitâs et prendre le concept dès ses débuts.

La plupart d'entre vous, lorsqu' ils lisent les anciennes Ecritures, que ce soit celles des Grecs ou des Hébreux, ou des Perses, ou celles d'autres nations, sont horrifiés de voir que les anciens dieux faisaient parfois des choses qui nous répugnent fort. Mais lorsque nous lisons ces livres, nous oublions tout à fait que nous sommes des gens du XIX° siècle et que ces dieux existaient il y a des milliers d'années.

Nous oublions aussi que les gens qui adoraient ces dieux ne voyaient rien de déplacé dans leur caractère, n'y trouvaient rien qui les effrayât, car eux-mêmes étaient fort semblables à ces dieux.

Lorsque nous jugeons les autres, nous les jugeons toujours d'après nos propres idéaux. Il ne devrait pas en être ainsi. Cahcun doit être jugé d'après son propre idéal, et non pas d'après celui de quelqu'un d'autre. 

...

 Lorsque nous nous jugeons ces anciennes religions, il ne faut pas nous placer au point de vue qui semble nous convenir le mieux, mais dans la situation de vie et de pensée de ces époques reculées.

     L'idée du Jéhovah cruel et implacable de l'Ancien Testament a effrayé beaucoup de gens, mais pourquoi ?

Quel droit avons-nous de poser en principe que le Jéhovah des anciens Juifs  doit représenter la même idée conventionnelle de Dieu que nous avons aujourd'hui ?

Et nous ne devons pas oublier qu'après nous viendrons d'autres hommes qui riront de nos idées sur la religion et sur Dieu, tout comme nous rirons des idées des anciens.

Pourtant à travers toutes ces conceptions diverses, court le fil d'or de l'unité, et le but du Védanta est justememnt de découvrir ce fil:

" Je suis le fil qui court à travers toutes ces idées diverses, dont chacune est comme une perle " * dit le Seigneur Krishna.         (* Bhagavad Gîtâ VII)

Et c'est la tâche du Védânta de démontrer le lien d'unité de ces idées, si incongrues ou repoussantes qu'elles nous semblent, d'aprés nos conceptions d'aujourd'hui.

Ces idées, dans leur cadre des temps passés, étaient harmonieuses et n'étaient pas plus hideuses que nos idées actuelles ; c'est seulement lorsque nous essayons de les sortir de leur cadre  et de les appliquer aux circonstances dans lesquelles nous vivons actuellement que leur horreur devient manifeste, car leur ancien milieu est mort et disparu. 

De même que le juif de l'antiquité s'est transformé  pour devenir le juif moderne à l'esprit vif et incisif, de même que l'ancien âryen a donné l'hindou intellectuel, de même aussi Jéhovah a grandi et les dévas ont grandi. 

La grande erreur que l'on fait, c'est de reconnaître que les adorateurs évoluent et de ne pas admettre que l'Objet de leur adoration évolue également.

On n'a pas confiance en Lui pour faire la marche ascendante que Ses adorateurs ont faite.

Cela revient à dire que vous et moi, en tant que représentant des idées, nous avons grandi ; ces dieux là aussi, en ce qu'ils représentent des idées, ont grandi également.

Il vous semble peut-être quelque peu bizarre que Dieu puisse grandir; il ne le peut pas; Il est immuable. Dans le même sens, l'homme réel ne grandit jamais. Mais l'idée que l'homme se fait de Dieu est constamment en train de changer et de se développer.

    ...

Si l'on veut décrire toutes les religions du monde, on voit que la question qu'elles se proposent de discuter est la suivante:

     Pourquoi l'inharmonie est-elle dans l'univers?

     Pourquoi dans l'univers y a-t-il le mal ?

L'homme primitif était fait d'impulsions. Il faisait ce qui lui venait à l'esprit et il essayait d'exécuter avec ses muscles les idées qui se présentaient à lui ; il ne s'arrêtait jamais pour se faire une opinion  et n'essayait que rarement de mettre un frein à ses impulsions.

Il en est de même des dieux ; eux aussi sont faits d'impulsions.

Indra arrive et détruit les forces des démons. Jéhovah est content d'une personne et mécontent d'une autre sans que nul sache pourquoi ou demande pourquoi.

On n'avait pas encore pris l'habitude de chercher le pourquoi, et tout ce qu'Il faisait était admis comme juste. Il n'y avait pas d'idée de bien ou de mal.

Les dévas ont commis beaucoup d'actions perverses, au sens que nous donnons à ce mot.

A maintes et maintes reprises, Indra et les autres dieux ont commis des actions abominables, mais pour les adorateurs d'Indra  les idées de perversité et de mal ne leur venaient même pas à l'esprit  - aussi n'éprouvaient -ils pas de doutes au sujet de ces actions.

Le conflit arriva avec le progrès des idées morales.

Il naquit en l'homme un certain sens que différentes langues et différents peuples baptisèrent de noms divers. Appelez-le la voix de Dieu ou le résultat de l'éducation reçue, ou de quelque nom que vous voudrez, mais il eut le pouvoir d'arrêter les impulsions naturelles de l'homme.

Nous avons dans notre esprit une impulsion qui nous dit: " Fais-le. "

Mais derrière s'élève une autre voix qui nous dit : " Ne le fais pas."

Nous avons dans notre esprit une série d'idées qui luttent continuellement pour se manifester par le canal des sens; et derrière cela, il y a une voix infiniment petite qui, toute grêle et faible qu'elle soit, nous dit: " Ne sors pas de toi-même. "

Les deux beaux termes sanskrits qui désignent ces phénomènes sont : prakriti et nivritti

décrire un mouvement circulaire en avant et décrire un mouvement circulaire vers l'intérieur.

Ce sont les cercles décrits vers l'avant qui déterminent généralement nos actions.

La religion commence avec les cercles décrits vers l'intérieur.

La religion commence avec : " Tu ne feras pas." .

La spiritualité commence avec : " Tu ne feras pas."

Tant que le " Tu ne feras pas. " n'est pas là, la religion n'a pas commencé.

" Tu ne feras pas " est venu, a fait se développer les idées des hommes, malgré les dieux batailleurs qu'on avait adorés.

     Un peu d'amour s'éveilla dans le coeur de l'homme. Il y en avait très peu tout d'abord, et maintenant encore il n'y en a pas beaucoup plus.

Cet amour était d'abord réservé à une tribu et en embrassait peut-être tous les membres; ces dieux aimaient leurs tribus, chacun d'eux était le dieu, le protecteur d'une tribu.

Parfois les membres de la tribu se considéraient comme les descendants de leur dieu,                                                                  de même que dans plusieurs nations les clans se considèrent comme la descendance de l'homme qui a fondé le clan.

     Il y avait autrefois - et il y a même encore maintenant  - des gens qui prétendent descendre non seulement de ces dieux de tribu, mais du dieu du Soleil et du dieu de la Lune.

     On lit dans les anciens livres sanskrits l'histoire des grands empereurs  héroïques de la dynastie solaire.

      Ils étaient d'abord des adorateurs du Soleil et de la Lune, et peu à peu ils en vinrent à se considérer comme des descendants du dieu du Soleil, du dieu de la Lune, etc...

     Lorsque ces notions de la tribu commenèrent à se développer, il y pénétra un peu d'amour, une faible idée de devoir envers autrui, un peu d'organisation sociale. 

     Puis, naturellement, l'idée nous vint :

" Comment pouvons-nous vivre ensemble si nous n'avons pas de patience et d'indulgence les uns pour les autres? "

Comment un homme peut-il vivre avec un autre sans devoir un jour ou l'autre réfréner ses impulsions, se contraindre, se retenir de faire des choses auxquelles son esprit le pousse?

C'est impossible. Ainsi naît l'idée de la contrainte sur soi-même. L'organisation sociale toute entière est assise sur cette idée de retenue, et nous savons tous que l'homme qui n'a pas appris cette grande leçon - qu'il faut être patient et indulgent - mène une vie extrêmement malheureuse.

Lorsque ces idées de religion apparurent, une lueur de quelque chose de plus élevé, de plus éthique, pénétra dans l'intellect de la race humaine.

Les anciens dieux furent trouvés incongrus, ces dieux turbulents, batailleurs, buveurs, mangeurs de viande de boeuf, que les anciens adoraient, ces dieux qui trouvaient leur plaisir dans l'odeur de la chair brûlée, dans les libations d'alcool.

Parfois Indra buvait tellement qu'il tombait et prononçait des paroles inintelligibles.

On ne pouvait plus tolérer ces dieux là. On avait conçu l'idée d'examiner les mobiles des actions, et à cet examen les dieux aussi durent se soumettre, comme les hommes.

On exigea de connaître les raisons de telle ou telle action, et on n'en trouva aucune.

C'est pourquoi l'homme abandonna ces dieux-là, ou plutôt acquit d'eux des conceptions plus élevées.

On fit un inventaire de toutes les actions et de toutes les qualités des dieux, on rejeta celles qu'on ne pouvait pas mettre en harmonie, on conserva celles que l'on pouvait comprendre, on les groupa, et on les baptisa  d'un seul nom: Déva-déva, le dieu des dieux.

Le dieu qu'on allait adorer n'était plus seulement un symbole de puissance ; il fallait quelque chose de plus. C'était un dieu moral ; il aimait l'humanité et il faisait du bien à l'humanité. Mais l'idée de dieu subsistait. Cela avait pour effet d'accroître aussi son pouvoir. Il devint l'être le plus moral de tout l'univers, et presque omnipotent.

     Mais tout ce rafistolage ne pouvait suffire. Au fur et à mesure que l'explication prenait de plus grandes proportions, la difficulté qu'elle cherchait à résoudre en faisait autant.

     Si les qualités du dieu augmentaient selon une progression arithmétique, la difficulté et le doute augmentaient selon une progression géométrique. Jéhovah ne présentait pas beaucoup de difficultés, sinon celles que soulève le Dieu de l'univers - et cette question reste posée encore aujourd'hui:

     Pourquoi est-il permis sous le règne d'un Dieu de l'univers, qui est tout-pouvoir et tout-amour, que des actes diaboliques se perpétuent ?

     Pourquoi tellement plus de malheur que de bonheur,

     pourquoi tellement plus de perversité que de bonté ? 

Nous pouvons fermer les yeux à toutes ces choses, mais le fait subsiste que ce monde-ci est un monde affreux.

En mettant les choses au mieux, c'est un supplice de Tantale.

Nous sommes là avec de violentes impulsions, et une soif plus violente des jouissances sensuelles, et nous ne pouvons pas les satisfaire. Une vague s'élève qui nous force à aller de l'avant, contre notre porpre gré, et dès que nous faisonsun pas, nous sommes frappés brutalement.

Tous nous sommes condamnés à vivre ici comme Tantale. Des idéaux se présentent à notre esprit qui sont bien au-delà des limites de nos idéaux sensuels, mais lorsque nous cherchons à les exprimer nous ne pouvons pas le faire. Au contraire, nous sommes écrasés par la masse qui déferle sur nous.

Et pourtant si je renonce à tout idéalisme, et si je me cramponne simplement à la vie dans ce monde, je mène une existence de brute, je dégénère, je m'avilis.

Ni une solution ni une autre ne donne le bonheur.

Le malheur est donné en partage à ceux quie se contentent, puisqu'ils y sont nés , de vivre dans ce monde.

Mais une misère encore mille fois plus grande est donnée en partage à ceux qui osent se dresser pour la vérité et pour des choses supérieures, qui osent demander quelque chose de plus élevé qu'une simple existence de brute ici-bas.

Ce sont des faits pour lesquels il n'y a pas d'explications. Il ne peut pas y en avoir, mais le Védânta nous montrera comment  sortir de l'impasse.

     Il faut vous rappeler que je dois vous dire des faits qui vous effraieront quelquefois, mais si vous n'oubliez pas ce que je vous dis, si vous y pensez, si vous l'assimilez,  cela deviendra votre propriété, cela vous élèvera davantage, vous rendra capables de comprendre, et de vivre dans la vérité.

     Or c'est une constatation de fait que la vie en ce monde est un supplice de Tantale, que nous ne savons rien de cet univers, et que pourtant  en même temps nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas. Je ne peux pas dire que cette chaîne existe quand je pense que je ne le sais pas.  C'est peut-être entièrement une délusion de mon cerveau. Il se peut que je rêve tout le temps. Je rêve que je vous parle et que vous m'écoutez. Personne ne peut prouver que ce n'est pas un rêve. Il se peut que mon cerveau lui-même soit un rêve, et quant à cela, personne n'a jamais vu son propre cerveau. Nous l'admettons en théorie et il en est de même de tout ; mon propre corps aussi je l'admets à priori. Et en même temps je ne peux pas dire que je ne sais pas.

     Cette position entre le savoir et l'ignorance, cette pénombre mystique, le mélange de vérité  et de fausseté , le point où l'une et l'autre se rencontrent, personne n'en sait rien. Nous marchons au milieu d'un rêve, à demi assoupis, à demi éveillés, passant toute notre vie dans une brume ; tel est le sort de chacun de nous. Tel est de tout savoir  qui vient des sens. Tel est le sort de toute philosphie, de toute science tant vantée, de tout le savoir humain dont nous sommes si fiers. C'est l'univers. 

     Ce que vous appelez matière, ou esprit, ou mental, ou de tout autre nom, nous ne pouvons pas dire que cela existe, nous ne pouvons pas dire que cela n'existe pas. Nous ne pouvons pas dire qu'ils sont un, nous ne pouvons pas dire qu'ils sont plusieurs. Ce jeu confus et éternel des ténèbres et de la lumière, indiscernables l'un de l'autre, inséparables, est toujours là.

C'est un fait et pourtant en même temps ce n'est pas un fait; éveil et sommeil sont tout en un.  Cela est la constatation de faits, et c'est cela que l'on appelle Mâyâ.

Nous naissons dans cette Mâyâ, en elle, nous vivons, nous pensons, nous rêvons. En elle nous sommes philosophes ; en elle nous sommes des êtres humains spiritualisés; dans cette Mâyâ aussi nous voyons des démons, et dans cette Mâyâ nous sommes des dieux.

Donnez à vos idées autant d'extension que faire se peut, élevez-les encore et toujours, appelez-les infinies ou de telle autre épithète qu'il vous plaira, et ces idées-là elles mêmes seront encore dans cette Mâyâ. Il ne peut pas en être autrement ; tout le savoir humain est une généralisation de cette Mâyâ, et cherche à la connaître telle qu'elle apparaît.

C'est l'oeuvre de - nâma rûpa - le nom et la forme. Tout ce qui a forme, tout ce qui éveille une idée dans votre esprit, est dans Mâyâ, car tout ce qui est lié par les lois de temps, d'espace et de causalité est compris en elle.

     Revenons un peu en arrière, à ces anciennes idées de Dieu, et voyons ce qu'il en est advenu.

Nous voyons immédiatement que l'idée d'un Être qui nous aime éternellement - qui est éternellement généreux et tout-puissant, et qui gouversne cet univers, ne pouvait pas satisfaire l'homme.

     " Où est le Dieu juste et miséricordieux ? " demandait le philosophe?.

Ne voit-Il pas des millions et des millions de Ses enfants qui périssent, sous la forme d'hommes ou d'animaux ? ; qui peut en effet vivre ici un instant sans tuer d'autres êtres ? Pouvez-vous respirer une fois sans détruire des milliers de vies?

Vous vivez parcequ'il y a des millions d'êtres qui meurent. Chaque instant de votre vie, chaque respiration, apporte la mort à des milliers ; chaque mouvement que vous faites apporte la mort à des millions ; chaque bouchée que vous mangez apporte la mort à des millions. Pourquoi faut-il qu'ils meurent ? 

Un vieux sophisme nous dit que ce sont desêtres inférieurs.

Supposons que ce soit vrai - ce qui est discutable : qui sait si la fourmi est plus grande que l'homme, ou l'homme que la fourmi? Qui pourrait faire la preuve de l'une ou l'autre assertion ? En dehors de cette question, et même en admettant que ce soient des êtres très inférieurs, pourquoi faut-il qu'ils meurent ? S'ils sont inférieurs, ils ont d'autant plus de raisons de vivre.

Pourquoi? puisqu'ils sont davantage dans le monde des sens, ils ressentent le plaisir et la douleur mille fois plus intensément que vous et moi ne pouvons le faire.

Lequel d'entre nous mange son repas avec le même enthousiasme qu'y apporte un chien ou un loup ?

Personne, parce que notre énergie ne se situe pas dans nos sens ; elle est dans notre intellect, dans notre esprit.

Mais chez les animaux l'âme toute entière est dans les sens, et ils s'affolent et ils jouissent de choses dont nous autres, êtres humains ne rêvons même pas, et la douleur est pour eux proportionnée au plaisir.

Le plaisir et la douleur sont distribués en égales mesures.

Si le plaisir qu'éprouvent les animaux est tellement plus vif que celui éprouvé par les hommes, il s'ensuit que le sens de la douleur est aussi vif , sinon plus vif chez les animaux que chez l'homme.

Ainsi c'est un fait que la douleur et la souffrance éprouvées par l'homme quand il meurt, sont mille fois plus grandes chez les animaux. Et pourtant nous les tuons sans nous préoccuper de leur souffrance. 

Cela c'est Mâyâ.

Si nous supposons qu'il y a un Dieu Personnel comme un être humain, qui a fait toutes choses, ces prétendues explications et théories, qui essaient de prouver que du mal naît le bien, ne sont pas suffisantes.

Qu'il se produise vingt mille  bonnes choses ; mais pourquoi faut-il qu'elles soient produites par du mal?

Avec ce principe, je pourrais couper la gorge d'autrui sous prétexte que je veux jouir pleinement de mes cinq sens. Ce n'est pas une raison.

Pourquoi faut-il que le bien nous arrive par l'intermédiare du mal ? La question attend toujours une réponse ; on ne peut y répondre. La philosophie de l'Inde fut obligée de le reconnaître.

     Le Vêdanta a été - et il reste - le système religieux le plus audacieux. Il ne s'est arrêté nulle part, et il a eu un avantage : il n'a pas eu de clergé cherchant à étouffer tous ceux qui essaient de dire la vérité ; il laissa toujours une liberté religieuse absolue. 

Dans l'Inde, l'esclavage de la superstition se fait sentir dans le domaine social; ici par contre, en Occident, la vie dans la société est très libre.

Au point de vue social, en Inde, on est très strict, mais on jouit de la liberté d'opinion en matière de religion.

En Angleterre un homme peut s'habiller comme il veut, manger ce qu'il veut - personne ne s'y oppose ; mais qu'il ne fréquente pas l'église, et aussitôt on le censure !

Il doit  en premier lieu se conformer à ce que la société dit de la religion, et ensuite seulement il peut penser à la vérité.

Dans l'Inde par contre, si un homme dîne avec quelqu'un qui n'appartienne pas à sa caste, le bras de la société s'abat sur lui, avec toute sa terrible puissance, et l'écrase sur-le-champ.

S'il veut s'habiller de façon un peu différente de celle l'habillait jadis son ancêtre, c'est un homme fini.

J'ai entendu parler d'un homme qui a été frappé d'ostracisme par la société parce qu'il avait fait plusieurs kilomètres pour aller voir le premier chemin de fer, mais supposons même que cette histoire ne soit pas vraie !

En matière de religion au contraire, nous voyons vivre côte à côte des athées, des matérialistes et des bouddhistes ; des croyances, des opinions, des théories de tous genres et de toutes sortes, dont certaines sont absolument renversantes.

Des prédicateurs de toutes  les sectes vont prêchant et catéchisant, et aux portes mêmes des temples des dieux, les brahmanes - disons-le à leur honneur - permettent même aux matérialistes de venir exposer leurs idées.

     Bouddha est mort à un âge fort avancé. Je me rapelle un de mes amis, un grand savant Américain, qui aimait à lire sa vie, mais à qui la mort de Bouddha ne plaisait pas parce qu'il n'avait pas été crucifié. Quelle idée fausse ! Pour qu'un homme soit un grand homme il faudrait qu'il fut assassiné !

De telles idées ne sont pas répandues en Inde. Ce grand Bouddha a voyagé dans toute l'Inde, en a repoussé les dieux, et même le Dieu de l'univers, et pourtan il a pu vivre très vieux. Il a vécu quatre-vingts ans et il a converti la moitiè du pays.

     Il y eut aussi les chârvâkas, qui prêchèrent des choses horribles, le matérialisme le plus grossier e le plus effronté, comme le XIX ° siècle n'oserait pas le faire. On laissa ces chârvâkas prêcher de temple en temple, de ville en ville, que lareligion n'était qu'absurdité et machinations de prêtres, que les Védas étaient les paroles et les écrits d'imbéciles, de canailles et de démons, et qu'il n'existait ni Dieu ni âme éternelle. S'il y avait une âme, pourquoi ne revenait-elle pas après la mort, attirée par l'amour de son épouse et de ses enfants?  Ils pensaient que s'il existe une âme, elle doit encore aimer, même après la mort, elle doit désirer de bonnes choses à manger et de beaux habits. Et pourtant personne ne fit de mal à ces chârvâkas.

     Ainsi l'Inde a toujours eu cette idée magnifique de la liberté religieuse, et il faut vous rappeler que la liberté est la condition première du développement. Ce que vous ne rendez pas libre ne grandira jamais.

L'idée que vous pouvez faire croître les autres, et aider à leur croissance, que vous pouvez les diriger et les guider, en réservant toujours pour vous-même la liberté de l'instructeur, est une absurdité, un mensonge dangereux, qui a retardé dans ce monde la croissance de millions et de millions d'êtres humains. Que les hommes aient la lumière de la liberté. C'est la seule condition du développement.

     Nous autres, dans l'Inde, nous laissons toute liberté dans les questions spirituelles, et nous avons dans la pensée religieuse encore aujourd'hui, une puissance spirituelle formidable.

     Vous accordez la même liberté dans les questions sociales et ainsi vous avez une organisation sociale splendide.

Nous n'avons accordé aucune liberté pour le développement des choses sociales, et nous avons une vie sociale étriquée.

Vous n'avez jamais donné aucune liberté dans les choses religieuses, vous avez imposé vos croyances par le fer et par le feu, et le résultat c'est que la religion n'a eu dans l'esprit européen qu'une croissance abâtardie et rabougrie.

Dans l'Inde, il nous faut libérer la société de ses entraves , en Europe il faut enlever les boulets qui sont aux pieds du progrés spirituel. Et alors se produiront chez l'homme une croissance et un développement merveilleux. Si nous découvrons qu'il est une unité au travers de tous ces développements spirituels, moraux et sociaux, nous trouverons que la religion, au sens le plus complet du mot, doit pénétrer  dans la société et dans notre vie de tous les jours.

A la lumiière du Védânta, vous comprendrez que toutes les sciences ne sont que des manifestations de la religion, et qu'il en est de même de tout ce qui existe dans ce monde.

     Nous voyons ainsi que c'est grâce à a liberté que les sciences se sont édifiées ; et dans ces sciences nous trouvons deux groupes d'opinions : les unes matérialistes et agressives, les autres positives et constructives.

     C'est un fait fort curieux qu'on les trouve dans toutes les sociétés. Dès qu'il y a dans la société une faute, vous voyez immédiatement un groupe se dresser et la dénoncer avec une haine qui dégénère souvent en fanatisme.

     Il existe des fanatiques dans toutes les sociétés, et les femmes, à cause de leur nature impulsive, se joignent fréquemment au tollé des accusateurs. Tout fanatique qui se dresse pour dénoncer quelque chose trouvera des gens pour le suivre.

     Il est très facile de tout jeter à terre; un fou peut abattre tout ce qu'il veut, mais il lui serait difficile de construire quoique ce fût. Ces fanatiques peuvent faire quelque bien, selon la manière dont ils comprennent les choses, mais ils font beaucoup plus de mal encore, parce que nos institutions sociales ne se construisent pas en un jour, et que pour les corriger il faut faire disparaître la cause du mal. Supposons une imperfection ; ce n'est pas en la dénonçant qu'on s'en débarrassera ; il faut s'attaquer à la racine même du mal.

     Trouvez d'abord la cause, et puis faites-là disparaître ; l'effet disparaîtra également. Pousser des cris ne produira aucun effet - à moins en vérité cela ne cause des malheurs.

     Il y a eu des hommes dont le coeur était plein de sympathie et qui comprennaient quenous devons approfondir les causes ; c'étaient des grands saints. Il faut vous rappeler que tous les grands instructeurs du monde ont déclaré qu'ils sont venus non pour abolir mais pour accomplir. Bien souvent cela n'a pas été compris et, leur indulgence a été prise pour un indigne compromis avec les opinions populaires du moment.

   

 

 

    

     

 

 

 

SWÂMI VIVEKÂNANDA

L'arche de Manou

Ce ne sont pas nos seuls mouvements et activités physiques que l'on entend par oeuvres, par karma notre existence mentale aussi est une grande action complexe, elle est même la plus grande part et la plus importante des oeuvres de l'inépuisable énergie - la cause subjective et l'élément déterminant de l'existence physique.

Sois libre de l'obscurcissement et de l'égarement dus aux trois gounas car rien alors ne touche le Pourousha.

L'âme possède le naïshkarmya.

Manou, un grand sage de l'antiquité, priait au bord du Gange, lorsqu'un petit poisson, un vairon, vint lui demander protection: ll le mit dans un vase d'eau qu'il avait devant lui. " Que veux-tu ? " demanda Manou. Le petit vairon répondit qu'il était poursuivi par un gros poisson et qu'il avait besoin d'être protégé. Manou porta chez lui le petit poisson. Le lendemain matin, celui-ci était devenu aussi gros que le vase; il dit à Manou : " Je ne peux plus vivre dans ce vase" Manou le mit dans un bassin; le lendemain le vairon était devenu aussi gros que le bassin et déclarait ne plus pouvoir y rester. Alors Manou dut le porter à la rivière; dès le matin suivant le poisson remplissait la rivière. Alors Manou le mit dans l'océan...

Le poisson lui déclara:

" Manou, je suis le Créateur de l'Univers. J'ai pris cette forme pour t'avertir que je vais inonder le monde. Tu construiras une arche, tu y metras un couple de chaque espèce d'animaux, et tu feras entrer dans l'arche toute ta famille: alors ma corne surgira de l'eau. Amarre-s-y ton arche, et lorsque les eaux se retireront, sors et peuple la terre".

Ainsi le monde fut submergé, et Manou sauva sa propre famille, un couple de chaque espèce d'animaux, et des graines de toutes les plantes. Lorsque les eaux se furent retirées, il sortit et peupla le monde. Nous sommes tous appelés des hommes (en anglais "man" , en sanskrit "mânava") parce que nous sommes les descendants de Manou.

LA MAISON CONSACREE

Mirra était assise à son bureau, elle écrivait dans son journal que nous connaissons sous le titre de

Prières et Méditations de la Mère.

C'était le 3 mars 1914. Elle était sur le point de se mettre en route pour rencontrer Sri Aurobindo.

C'était avec une profonde affection que Mirra disait au revoir à la maison de la rue du Val-de-Grâce. Car c'était là sous ce toit, que son intimité avec le Divin intérieur avait grandi. Elle épanchait son coeur avec Lui :

" Tout me paraît beau, hamonieux, silencieux malgré le tapage extérieur. Et dans ce silence, c'est Toi Seigneur que je vois; et je Te perçois de telle façon que je ne puis exprimer cette perception que comme celle d'un invariable sourire."

7 mars 1914 A bord du Kaga Maru.

     Tu fus avec nous hier comme la plus merveilleuse des protections; Tu permis que Ta loi pouisse trimplher jusque dans la manifestation la plus extérieure. A la violence il a été répondu par le calme, à la brutalité par la force et la douceur; et là où aurait pu prendre place un irréparable malheur, Ta puissance a été glorifiée. Ô Seigneur ! avec quelle fervente reconnaissance j'ai salué Ta présence. Ce fut pour moi le signe certain que nous aurions la force d'agir, de penser, de vivre en Ton nom et pour Toi; non pas seulement dans l'intention et la volonté, mais effectivement, dans la réalisagtion intégrale.

    Ce matin ma prière monte vers Toi dans une aspiration toujours identique : vivre Ton amour, rayonner Ton amour si puisamment, si efficacement que tous se sentent fortifiés, régénérés, illuminés à notre contact. Pouvoir guérir les maux, soulager les souffrances, faire naître la paix et la calme confiance, effacer les angoisses et les remplacer par la perception du bonheur véritable, celui qui réside en Toi et qui ne s'éteint jamais....Ô Seigneur, merveilleux Ami, Maître tout-puissant, pénètre tout notre être et transfigure-le afin que Toi seul vives en nous et par nous!

Le 22 février 1914

   Lorsque j'étais enfant - vers l'âge de 13 ans et pendant un an environ - tous les soirs dès que j'étais couchée, il me semblait que je sortais de mon corps et que je m'élevais  tout droit au-dessus de la maison, puis de la ville, très haut. Je me voyais alors vêtue d'une magnifique robe dorée, plus longue que moi; et au fur et à mesure que je montais, cette robe s'allongeait en s'étendant circulairement  autour de moi pour former comme un toit immense au-dessus de la ville. Alors je voyais sortir de tous côtés des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, des malades, des malheureux; ils s'assemblaient sous la robe étendue, implorant secours, racontant leurs misères, leurs souffrances, leurs peines. En réponse, la robe souple et vivante, s'allongeait vers eux individuellement, et dès qu'ils l'avaient touchée, ils étaient consolés ou guéris, et rentraient dans leurs corps plus heureux et plus forts  qu'avant d'en être sortis. Rien ne me paraissait plus beau, rien ne me rendait plus heureuse; et toutes mes activités de la journée me semblaient ternes et grises, sans vie réelle, à côté de cette activité de la nuit qui était pour moi la vie véritable. Souvent pendant que je m'élevais ainsi, je voyais à ma gauche un vieillard silencieux et immobile, qui me regardait avec une bienveillante affection et m'encourageait de sa présence. Ce vieillard , vêtu d'une longue robe d'un violet sombre, était la personnification, - je l'ai su plus tard - de celui qu'on appelle l'Homme de Douleur.

     Maintenant l'expérience profonde, la réalité presque inexprimable, se traduit dans mon cerveau par d'autres notions que je puis définir ainsi:

     Bien des fois dans la journée et dans la nuit il me semble que je suis, ou plutôt que ma conscience est concentrée toute entière dans mon coeur, qui n'est plus un organe, ni même un sentiment, mais l'Amour divin, impersonnel, éternel; étant cet Amour, je me sens vivre au centre de toute chose sur toute la terre, et en même temps il me semble m'étendre en des bras immenses, infinis, et envelopper d'une tendresse sans limite tous les êtres serrés, groupés, blottis sur ma poitrine plus vaste que l'univers... Les mots sont pauvres et malhabiles, ô divin Maître, et les traductions mentales sont toujours enfantines... Mais mon aspiration vers Toi est constante, et à dire vrai, c'est bien souvent Toi-même et Toi seul qui vis en ce corps, imparfait moyen de Te manifester.

     Que tous les êtres soient heureux dans la paix de Ton illumination ! 

Le 3 avril 1914

      Il me semble que je suis en train de naître à une vie nouvelle et que toutes les méthodes, les habitudes du passé ne peuvent plus être d'aucune utilité. Il me semble que ce qui était des résultats n'est plus qu'une préparation.

     Je me sens comme si je n'avais rien fait encore, comme si j'entrais seulement dans la voie qui y mène, il me samble que je ne sais rien, que je suis incapable de rien formuler, que toute l'expérience est encore à faire.

     C'est comme si j'étais dépouillée de tout mon passé, des erreurs comme des conquêtes, comme si tout cela s'était évanoui pour faire place à un nouveau-né  dont toute l'existence est à faire, qui ne posssède aucn karma, n'a aucune expérience dont il puisse profiter, mais aucune erreur non plus qu'il lui faille réparer. Ma tête est vide de toute connaissance et de toute certitude, mais aussi de toute vaine pensée. Je sens que si je sais m'abandonner sans résistance à cet état, si je ne tâche pas de savoir ou de comprendre, si je consens à être complétement comme un enfant ignorant et candide, quelque possibilité nouvelle s'ouvrira devant moi.

     Je sais qu'il me faut maintenant renoncer définitivement à moi-même et être comme une page absolument blanche où Ta pensée, Ta volonté, Seigneur, pourra s'inscrire librement à l'abri de toute déformation.

     Une immense gratitude monte de mon coeur, il me semble être enfin arrivée au seuil que j'ai tant cherché.

     Oh permets, Seigneur, que je sois assez pure, assez impersonnelle, assez animée de Ton divin amour, pour pouvoir le franchir définitivement.

     Oh T'appartenir sans ombre et sans restriction !

 

 

 

 

 

 

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4 mai 1972  ( Entrevue avec Sujata )

Depuis hier soir, une curieuse impression que le Divin est devenu une Force dorée qui fait pression sur la terre.                  Seuls ceux qui sont capables de traverser par leur aspiration vers l'Origine Divine échapperont aux catastrophes.

Seuls ceux qui ont une aspiration sincère vers le Divin, unconditional , sans condition, passeront au travers  - ils se trouveront dans une gloire dorée.

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L' Agenda de Mère

6 mai 1972 ( Entrevue avec Satprem )

Il y a une !force dorée qui appuie, qui n'a pas de consistance matérielle, et pourtant semble terriblement lourde et qui appuie sur la Matière pour l'obliger à se tourner vers le Divin INTERIEUREMENT - pas une fuite extérieure vers le haut, intérieurement pour se tourner vers le Divin. Le résultat apparent, c'est comme si les catastrophes étaient inévitables. Et en même temps que cette perception de catastrophe inévitéble, il y a des solutions à la situation, des événements qui apparraissent eux-mêmes tout à fait comme miraculeux. 

C'est comme si les deux extrêmes devenaient plus extrêmes : comme si ce qui est bon devenait meilleur, ce qui est mauvais devenait pire. Avec une Puissance formidable qui PRESSE  sur le monde.

Et dans les circonstances, à la fois, des choses qui généralement se passent d'une façon indifférente, deviennent aiguës; des mauvaises volontés qui deviennent aiguës; et en même temps des miracles extraordinaires. Des gens qui sont sauvés et qui étaient sur le point de mourir, des choses inextricables qui tout d'un coup s'arangent.

Et c'est aussi comme cela pour les individus.

Ceux qui SINCEREMENT font appel au Divin, qui sentent que c'est le seul salut, le seul moyen d'en sortir et qui sincérement se donnent. alors en quelques minutes cela devient merveilleux - pour les toutes petites choses : il n'y a pas de petit et de grand, d'important et de pas important, tout est la même chose. 

Les valeurs changent. C'est comme si la vision du monde changeait.

C'est comme pour donner une idée du changement dans le monde par la descente du Supramental. Les choses qui étaient indifférentes deviennent catégoriques : une petite erreur devient catégorique dans ses conséquences, et une petite sincérité, une petite aspiration vraie devient miraculeuse dans son résultat. Ce sont les valeurs qui sont augmentées dans les gens. Et au point de vue matériel, la moindre faute a de grosses conséquences, et la moindre sincérité dans l'aspiration a de merveilleux résultats.

Ce sont les valeurs qui sont augmentées, précisées.

La perception d'ensemble, c'est que tout est voulu en vue de l'ascension consciente du monde. La conscience se prépare à devenir divine.

Il faut que toute la manifestation, toute le création ne veuille que manifester le Divin, et tout ce qu'elle fait, ( comme ses prétendues erreurs ), ce sont des moyens de rendre inévitable que toute la création doit manifester le Divin - mais pas le "Divin" tel que l'homme le conçoit avec toutes sortes de restrictions: un ENSEMBLE d'une puissance et d'une lumière formidables. 

C'est vraiment la Puissance dans le monde, une Puissance nouvelle et formidable qui est venue dans le monde et qui doit manifester et rendre " manifestable " cette Toute-Puissance divine.

 Je suis arrivée à cette conclusion : en regardant, en observant, j'ai vu que ce que nous appelons " supramental " faute d'un mot meilleur, ce Supramental rend la création plus sensible au Pouvoir supérieur.

C'est quelque chose ( geste de descente et de pression ) qui doit rendre la Matière plus sensible et plus..."responsive " à la Force. ... Maintenant, tout ce qui est invisible ou insensible est pour nous irréel ( je veux dire pour l'être humain en général ); Nous disons qu'il y a des choses " concrètes" et des choses qui ne le sont pas; alors cette Puissance, ce Pouvoir, qui n'est pas MATERIEL, devient plus concrétement puissant sur la terre que les choses terrestres matérielles. C'est cela.

C'est cela, la protection et le moyen de défense des êtres supramentaux. Ce sera une chose qui n'est pas en apparence matérielle, et qui a un pouvoir SUR LA MATIERE  plus grand que les choses matérielles. 

Cela, ça devient de jour en jour, d'heure en heure plus vrai.  L'impression que cette Force, quand elle est dirigée par ce que nous appelons le " Divin ", elle PEUT, elle peut vraiment , elle a le pouvoir  de faire mouvoir la Matière, elle peut produire un accident MATERIEL ; et elle peut sauver d'un accident tout à fait matériel, elle peut supprimer les conséquences d'une chose absolument matérielle - elle est plus forte que la Matière. Ca c'est ce qu'il y a de tout à fait nouveau et d'incompréhensible. Et alors, ça fait ... ( geste frémissant dans l'atmosphère ) ça produit une espèce d'affolement dans la conscience ordinaire des gens. Il semble que ce n'est plus comme c'était. Et vraiment, il y a quelque chose de nouveau - ce n'est PLUS  comme c'était.

Tout notre bon sens, toute notre logique, tout notre sens pratique : par terre! perdu - cela n'a plus de force, plus de réalité, cela ne correspond plus à ce qui est. 

C'est vraiment un monde nouveau.

C'est ce qui, dans le corps, a de la difficulté à s'adapter à cette Puissance nouvelle, qui crée le désordre et les diffiultés, les maladies. Mais tout d'un coup, on sent que si on était pleinement réceptif, on deviendrait formidable.C'est cela l'impression. C'est l'impression que j'ai de plus en plus:  que si toute la conscience, toute la conscience la plus matérielle - la plus matérielle - était réceptive à cette Puissance nouvelle ... on deviendrait for - mi - da - ble. (Mère ferme les yeux )

Mais une condition essentielle: le règne de l'ego doit être fini. L'ego est l'obstacle maintenant. Il faut que l'ego soit remplacé par la conscience divine - ce que moi j'appelle la conscience divine;  Sir Aurobindo, lui, disait "supramental"; nous pouvons dire supramental pour qu'il n'y ait pas de malentendu parce que dès que l'on parle du " Divin " les gens pensent à un " Dieu " et ça gâte tout. La descente du monde supramental n'est pas une chose purement imaginative ( geste là-haut) : c'est une Puissance ABSOLUMENT  matérielle. Mais qui n'a pas besoin des moyens matériels.

Ce qui dans le bon sens humain dit: " C'est impossible, ça n'a jamais été. " C'est cela qui est fini. On pourrait dire:                 C'est possible PARCE QUE  ça n'a jamais été.

C'est le monde nouveau et c'est la conscience nouvelle et c'est la Puissance nouvelle; c'est possible, et cela est et sera de plus en plus manifesté PARCE QUE c'est le monde nouveau, parce que cela n'a jamais été.

Cela sera parce que cela n'a jamais été  - PARCE QUE cela n'a jamais été. C'est à l'oeuvre. Ce n'est pas matériel et c'est plus concret que la Matière !

Ce qui n'est pas réceptif sent l'écrasement, mais tout ce qui est réceptif  sent, au contraire une DILATATION PUISSANTE

Satprem: " Oui, on sent comme un gonflement, comme si tout allait éclater, et en même temps c'est quelque chose qui est écrasé."

Oui, mais ça, ce qui est écrasé, c'est ce qui résiste, c'est ce qui n'est pas réceptif. Il n'y a qu'à s'ouvir. Alors cela devient une chose FOR MI DABLE. C'est extraordinaire ! C'est notre habitude de siècles qui résiste et donne cette impression, mais tout ce qui s'ouvre ...on sent comme si on devenait grand-grand- grand ... C'est magnifique!

QUESTION : " Dans la Nature, nous voyons souvent la disparition d'une espèce toute entière. Quelle en est la cause? "

Mère : Probablement la Nature a-t-elle pensé que ce n'était pas réussi ! ...Elle se précipite dans l'action avec une abondance et un manque total de sens de l'économie. Elle essaie tout ce qu'elle peut, de toutes les manières, avec toutes sortes d'inventions qui sont remarquables, mais quelquefois c'est un chemin sans issue, en poussant les choses de ce côté-là on arriverait à des choses absolument inacceptables. Elle jette son esprit créateur avec une abondance qui ne calcule point. Quand la combinaison n'est pas très réussie elle la supprime. Pour elle c'est une abondance sans limites. Si quelque chose a une chance d'aboutir elle continue. Il y a eu très certainement des formes intermédiaires ou parallèles entre le singe et l'homme. On en a trouvé des traces. Ces espèces-l à ont disparu. Si nous aimons spéculer, nous pouvons nous demander si l'espèce qui va venir maintenant, qui est un intermédiaire entre l'homme-animal et le surhomme, demeurera, ou si elle sera considérée comme ininteressante et supprimée. C'est tout simplement l'action d'une abondance sans limites. Elle a suffisamment de connaissance et de conscience pour se comporter comme quelqu'un qui aurait une quantité d'éléments innombrable et incalculable, que l'on mélange, resépare, reforme, redéfait...C'est le gros chaudron : on tourne là-dedans, on en sort quelque chose,  ça ne va pas, on le rejette dedans, on prend qutre chose. Une forme ou cent formes, pour elle cela n'a aucune importance; il y en a des milliers et des milliers ; et puis des années, cent années, mille années, de millions d'années, cela n'a aucune importance, on a l'éternité devant soi ! 

Quand nous regardons les choses à la proportion d'une dimension humaine, dans l'espace et le temps, cela paraît considérable, mais pour elle, ce n'est rien, c'est un amusement, elle n'est pas pressée. 

 

    THE   MAHABHARATA

                                                                         Translated by

                                                                    Kisari Mohan Ganguli

Published by Munshiram Manoharlal Publishers PVT. LTD. 54 Rani Jhansi Road, NEW DELHI -110055 and printed by Gayatri Offset Press, 76 Dayanand colony, Lajpat Nagar, NEW DELHY - 110 024

                                                                       PREFACE TO THE NEW EDITION

In the world of classical literature the Mahabharata is unique in many respects. As an epic, it is the greatest - seven times as great as the Illiad of the Odyssey combined, and the grandest  - animating the heart of India over two thousand years past and destined to lead humanity for thousands of years in future. It is the mighiest single endeavour of literary creation of any culture in human history. The effort to conceive the mind that conceived it is istself a liberal education and a walk through its table of contents is more than a Sabbath day's journey.

     The Western world was long acquainted with the epic rather superficially through the transcribed fragments of Boppn Fauche, Romesh Dutta, Monier  Williams, etc.: But the task of making it fully accessible for the first time to men of this age fell  upon Late Kisari Mohan Ganguli towards the end of the last century. Dr Reynold Rost of India Office Library incidentally wrote about the crying need for an English version, complete and authentic, of the original Mahabharata to Mr Pratap Chandra Roy, a leading bookseller and publisher of Calcutta in those days renowned for publishing ancient Indian classics. He was almost dissuaded from the mighty projec for its fantastic difficulties. As Mrs Sundari Bala Roy, the widow of Pratap Chandra Roy, wrote elsewhere,

     " Some said it was impossible, some said it was offensive to Hindu religion. When my husband approached Pandit Iswara Chandra Vidyasagar, he laughed outright and doubted my husband's sanity

- Whence the money to come? Where could a competent translator be had having such patience, if unirofmity of style was to be secured? - was his remark.  Now that the works have been completed, alas, where are both my husband and Vidyasagar to-day?

The translation was completed and serially published in thirteen years, from 1883 AD to 1896 AD, in one hundred fascicules. Those covering first fourteen 'Parvas' were published by Pratab Chandra Roy and the last four 'Parvas' by his widow Mrs Sundari Bala Roy after his death. considering the unique nature of the undertaking, vast and difficult beyond conception  and baffling all similar attempts previously made by others both in India and abroad, Ganguli preferred public anonymity till completion...

...

Munshiram Manharlal Publishers Pvt. Ltd. 

 

                                THE MAHABHARATA

                                                         ADI PARVA

                                                             SECTION  I

OM ! having bowed down to Narayana and Nara, the most exalted male being, and also to the goddess Saraswati, must the word Jaya be uttered.

     " Sauti said, '  I journeyd to the country venerated by the Dwijas ( twice-born) and called Samatapanchaka where formerly was fought the battle between the children of Kuru and Pandu , and all the chiefs of the land ranged on either side.

     In this world, when it was destitute of brightness and light, and enveloped all around in total darkness, there came into being, as the primal cause of creation, a mighty egg, the one inexhaustible seed of all created beings. It is called Mahadivya, and was formed at the beginning of the Yuga, in which we are told, was the true light Brahma, the eternal one, the wonderful and inconceivable being present alike in all places; the invisible and subtile cause, whose nature partaketh of entity and non-entity.

From this egg came out the lord Pitamaha Brahma, the one only Prajapatis, viz, Manu, Vasishtha and Parameshthi; ten Prachetas, Daksha, and the seven sons of Daksha.

Then appeared the man of inconceivable nature whom all the Rishis know and so the Viswe-devas, the Adityas, the Vasus, and the twin Aswins : the Yakshas, the Sadhyas, the Pisachas, the Guhyakas, and the Pitris.

...

So the water, the heavens, the earth, the air, the sky, the points of the heavens, the years, the seasons, the months, the fortnights, called Pakshas, with day and night in due succession. And thus were produced all things which are known to mankind.

     And what is seen in the universe, whether animate or inanimate, of created things, will at the end of the world, and after the expiration of the Yuga, be again, confounded. And, at the commencement of other Yugas, all things will be renovated, and, like the various fruits of the earth, succeed each other in the due order of their seasons.

The generation of Devas, in brief, was thirty-three thousands, thirty-three hundred and thirty-three.

...

Vyasa hath fully represented the greatness of the house of Kuru, the virtuous principles of Gandhari, the wisdom of Vidura, and the constancy of Kunti. The noble Rishi hath also described the divinity of Vasudeva, the rectitude of the sons of Pandu, and the evil practices of the sons and partisans of Dhritarashtra.

 

Vyasa executed the compilation of the Bharata, exclusive of the episodes originally in twenty-four thousand verses; and so much only is called by the learned as the Bharata.

 

Yudhisthira is a vast tree, formed of religion and virtue.

Arjuna is its trunk.

Bhimasena its branches

the two sons of Madri are its full-grown fruit and flowers

its roots are Krishna, Brahma, and the Brahmanas.

PANDU, after having sudued many countries by his wisdom and prowess, took up his abode with the Munis in a certain forest as a sportsman, where he brought upon himself a very severe misfortune for having killed a stag coupling with is mate, which served as a warning for the conduct of the princes of his house as long as they lived.

Their mothers, in order that the ordinances of the law might be fulfilled, admitted as substitutes to their embraces the gods Dharma, Vayu, Sakra, and the divinities the twin Aswins. And when their offspring grew up, under the care of their two mothers, in the society of ascetics, in the midst of sacred groves and holy recluse-abodes  of religious men, they were conducted by Rishis into the presence of Dhritarashtra and his sons, following as students in the habit of Brahmacharis, having their hair tied in knots on their heads. These our pupils', said they, 'are as your sons, your brothers, and your friends; they are Pandavas' Saying this, the Munis disappeared.

When the Kauravas saw them introduced as the sons of Pandu, the distinguished class of citizens shouted exceedingly for joy.  Some, however, said, they were not the sons of Pandu; others said, they were ; while a few asked how they could be his offspring, seeing he had been so long dead.

Still on all sides voices were heard crying.' They are on all accounts welcome! Through divine Providence we behold the family of Pandu ! Let their welcome be proclaimed! ' As these acclamations ceased, the plaudits of invisible spirits, causin every point of the heavens to resound, were tremendous. There were showers of sweet-scented flowers, and the sound of shells and kettle-drums. Such were the wonders that happened on the arrival of the young princes . The joyful noise of all the citizens, in expression of their satisfaction on the occasion, was so great that it reachd the very heavens in magnifying plaudits.

     Having studied the whole of the Vedas and sundry other shastras, the Pandavas resided there, respected by all and without apprehension from any one.

     The principal men were pleased with the purity of Yudhishthira, the courage of Arjuna, the submissive attention of Kunti to her superiors, and the humility of the twins, Nakula and Sahadeva; and all the people rejoiced in their heroic virtues.

       When I heard that the celestial Sakti given by Indra to Karna was by Madhava's machinations caused to be hurled upon Rakshasa Ghatotkacha of frightful countenance, then, O Sanjaya, I had no hope of success.    

C.G. Jung.

SOUVENIRS, RÊVES, PENSEES, VOYAGES.

Il nous faut toujours un point de vue hors de l'objet de nos préoccupations pour placer efficacement le levier de la critique.

Cela est tout spécialement vrai quand il s'agit de faits psychologiques, car nous y sommes naturellement impliqués, bien plus subjectivement que dans aucune autre science. Comment, en effet, pourrions-nous prendre conscience de particularités nationales, si nous n'avions jamais l'occasion de regarder du dehors notre propre nation?

Regarder du dehors signifie regarder du point de vue d'une autre nation. Pour cela, il nous faut acquérir une connaissance suffisante de l'âme collective étrangère et, dans ce processus d'assimilation, on se heurte toujours à toutes les incompatibiliés qui constituent le préjugé national et la particularité de la nation.

Tout ce qui m'irrite chez les autres peut servir ma connaissance de moi-même.

L'Europe le plus grand de nos problèmes, je ne la comprends que lorsque je vois où moi, Européen, je suis en marge du monde.

J'ai fait la connaissance de nombreux Américains et j'ai beaucoup voyagé en Amérique; c'est à ces circonstances que je dois une grande part de ma compréhension et de mes critiques à l'adresse du caractère européen; il me semble que rien n'est plus utile pour l'Européen que de regarder l'Europe du haut du toit d'un gratte-ciel.

Quand, pour la première fois, j'avais considéré le spectacle de l'Europe depuis le Sahara, du sein d'une civilisation qui est à la nôtre à peu près ce qu'est l'antiquité romaine à l'époque moderne, je compris combien j'étais enfermé et emprisonné encore, même en Amérique, dans la conscience culturelle de l'homme blanc.

A cette époque a mûri en moi le désir de pousser plus loin les comparaisons historiques en descendant jusqu'à un niveau culturel encore moins évolué.

Mon voyage suivant me conduisit, en compagnie de quelques amis américains, chez les Indiens du Nouveau-Mexique, les Pueblos, bâtisseurs de villes.Parler de "villes", c'est évidemment trop dire. En réalité il s'agit de villages. Mais leurs maisons serrées et bâties les unes au-dessus des autres , éveillent le nom " ville ", de même que leur langage et toute leur manière d'être.C'est là que j'eus pour la première fois la chance de parler à un non Européen, c'est à dire à un homme qui n'était pas de race blanche.Il était chef des Taos Pueblos, homme intelligent de quarante à cinquante ans.Il s'appelait Ochwiay Biano - " Lac des montagnes ".Je pus lui parler comme j'avais rarement encore parlé à un Européen. Evidemment il était enfermé dans son monde tout autant qu'un Européen dans le sien, mais dans quelle sorte de monde !

Parle-t-on avec un Européen, on s'enlise toujours dans le sable de ce qui est connu depuis longtemps et pourtant jamais compris, tandis que là-bas le navire flotte sur des mers étrangères et profondes.On ne sait jamais ce qui nous enchante le plus de la vue des rives nouvelles ou de la découverte de nouveaux accès  à ce qui, connu depuis toujours, est aussi presque oublié.

" Vois, disait Ochwiay Biano, comme les Blancs ont l'air cruels. Leurs lèvres sont minces, leurs nez pointus, leurs visages sont sillonnés de rides et déformés, leurs yeux ont un regard fixe, ils cherchent toujours. Que cherchent-ils ? Les Blancs ne connaissent point le repos. Nous ne savons pas ce qu'ils veulent. Nous ne les comprenons pas, nous croyons qu'ils sont fous !"

Je lui demandai pourquoi donc il pensait que les Blancs sont tous fous.

Il me rétorqua: " Ils disent qu'ils pensent avec leurs têtes."

 - "Mais naturellement ! Avec quoi donc penses-tu?" demandai-je étonné.

- "Nous pensons ici" dit-il en indiquant son coeur.

Je tombai dans une profonde réflexion.Pour la première fois de ma vie, me sembla-t-il quelqu'un m'avait donné une image du véritable homme blanc.

LA FORÊT, POUMON DE LA TERRE

FORÊT AMAZONIENNE :

Elle est habitée par 34 millions d'habitants.

Cette forêt est habitée depuis 11 000 ans.

MANAUS : 1,8 millions

BELEM : 2 millions

TROIS MILLIONS D'INDIENS:

420 tribus

60 tribus en isolement total

86 langues + 650 dialectes

TRIBU TIKUNA 40 000 personnes: réparties au BRESIL, au PERU ,en COLOMBIE.

RAONI METUKKIRE : chef indien Brésilien de la tribu KAYAPO.

Il voyage depuis 1989 pour la préservation de la forêt et des peuples indigènes.

TRESOR DE BIODIVERSITE

2, 1 millions de Km2 sont des zones protégées.

Biodiversité unique au monde.

1 quart des espèces mondiales.

30 000 espèces de plantes.

2 500 espèces de poissons.

1 500 espèces d'oiseaux

500 espèces de mammifères.

550 espèces de reptiles

2 millions d'insectes.

Depuis 1999 plus de 2 200 espèces de plantes et d'animaux ont été découvertes.

Les derniers représentants du tamarin à face noire sont incapables de nous dire si, et de quelle manière, ils perçoivent la menace d'extinction qui pèse sur eux. L'espèce fut découverte en juin 1990 par des chercheurs sur un petit îlot au large de la côte brésilienne. Une seule douzaine d'individus furent trouvés. Les derniers membres de cette espèce de singe de la taille d'un chat vivent dans des forêts côtières dont la mise en valeur touristique avance à grands pas.

On pourrait s'attendre à ce que l'extinction massive d'espèces ne soit pas un évènement qui passe inaperçu, c'est pourtant ce qui arrive. Nous ne prêtons attention ni aux voix des espèces en train de mourir ni aux myriades de formes de vie qui partagent la planète avec nous.  En particulier, ceux qui vivent en milieu urbain, loin de la nature, ont perdu toute notion quant à la fragilité des conditions environnementales qui régissent la survie de toutes les espèce sur terre, y compris la nôtre.

La crise de la biodiversité

Selon une estimation de Peter Raven, directeur des jardins botaniques du Missouri, nous sommes peut-être en train de perdre environ 100 espèces par jour. E.O. Wilson et Norman Myers évaluent à 50 le nombre d'espèces qui disparaissent quotidiennement. La grand majorité de ces disparitions survient dans les zones de la forêt tropicale. Les divergences entre ces évaluations et d'autres estimations sont le résultat de différentes hypothèses quant au nombre total d'espèces et au taux de destruction des écosystèmes. wilson reconnaît que son évaluation est prudente, car fondée sur un total de 5 millions d'espèces des forêts tropicales et un taux de déforestation de O,7% par année( des données récentes font apparaître un taux trois fois plus élevé. An dépit des divergences dans les estimations, toutes les prédictions aboutissent à la conclusion que ce qui est en train de se produire est davantageque la perte d'espèces individuelles.

Pour la première fois dans l'histoire humaine , la biodiversité est menacée dans son ensemble. Les biologistes partisans de la conservation préviennent que ces 25% de toutes les espèces à venir risquent de disparaître au cours des vingt ou trente années à venir.

SERAIT-CE LA FIN DE L'EVOLUTION NATURELLE ?

Depuis que la vie est apparue sur la terre il y a quelque quatre milliards d'années, l'extinction d'espèces a toujours été un phénomène naturel. De toutes les espèces ayant peuplé la terre à un moment ou un à un autre, seuls entre 1 et 6 pour cent existent toujours. Ainsi, certains paléontologues estiment que la durée de vie moyenne des espèces vertébrées est d'environ cinq millions d'années. Des extinction massives eurent lieu avant que l' homo sapiens n'apparaisse sur la planète; la dernière s'est produite il y a 65 millions d'années et a causé la disparition de la presque totalité du plancton  marin, de nombreuses grandes familles d'invertébrés marins et de l'ensemble des dinosaures. L'être humain est-il réellement responsable de l'extinction massive actuelle?

 Au cours des derniers 200 millions d'années, chaque siècle a vu la disparition de quelque 90 espèces dans le cadre d'un processus évolutif naturel. Simultanément, l'évolution a fait apparaître de nouvelles formes de vie qui ont plus que compensé les espèces perdues. De nos jours, le taux d'extinction est environ 40 000 fois plus élevé que ce taux "historique" en raison des activités de l'homo sapiens. Or, cette disparition massive menace non seulement de dépasser toutes les extinctions du passé, mais les conditions en ce qui concerne le développement de nouvelles espèces n'ont jamais été pires. Différents éléments, tous interconnectés, expliquent cet état de fait:

Jamais encore une seule espèce n'a influé de manière aussi déterminante sur les conditions environnementales de toute la planète. La somme des activités humaines, dont l'agriculture, le défrichement de forêts, le pacage et l'estension tentaculaire des centres urbains et industriels est telle que notre espèce consomme actuellement (1994 ) quarante pour cent de la production annuelle nette de photosynthèse de la planète. La consommation des deux cinquièmes des ressources alimentaires annuelles nettes de la planète par une seule espèce est à l'évidence incompatible avec la diversité et la stabilité biologiques.

La quasi-totalité des écosystèmes est menacée de destruction et de dégradation imputables aux humains. La perte d'écosystèmes qui jouent un rôle vital dans le processus évolutif constitue cependant un sujet de préoccupation particulièrement grave.

Cette catégorie vitale comprend les récifs coraliens, d'anciens lacs, des éco-systèmes de la zone climatique méditerranéenne, des zones de marée et, bien entendu, les forêts tropicales. Qualifiées de " centrales énergétiques de l'évolution" . Ensemble avec d'autres biomes riches en espèces, elles sont à proprement parler la matrice de la vie.

Pour la première fois, une partie importante d'espèces végétales terrestres, qui constituent la base des écosystèmes terrestres, est menacée. Les extinctions massives du passé n'ont guère affecté les plantes terrestres, mais aujourd'hui, un cinquième de toutes les espèces végétales sur terre risque de disparaître au cours des 20 années à venir. La perte d'espèces signifiera non seulement l'extinction de nombreux autres organismes, elle portera également un coup sérieux à la base des ressources sur laquelle les futurs processus évolutifs se dérouleront.

Les effets de l'influence humaine sur les processus évolutifs naturels sont à ce point dévastateurs que des biologistes de renom disent de la crise actuelle qu'elle mène non seulement à la mort d'espèces, mais qu'elle aboutit à la "fin des naissances".

Les causes "immédiates" de la perte d'espèces

 Il existe de nombreuses causes qui expliquent la perte des espèces, mais les plus importantes sont sans aucun doute la disparition et la fragmentation des habitats naturels. Une étude menée en 1986 par l'Union internationale pour la conservation de la nautre et des ressources naturelles ( UICN) a constaté qu'au sud du Sahara, 65% des écosystèmes d'origine avaient subi des perturbations écologiques  majeures tandis qu'en Asie du Sud-Est, 67% de l'habitat naturel avaient été perdus. En Europe occidentale, la proportion de l'habitat perdu est encore plus élevée.

La surexploitation des espèces végétales et animales joue également un rôle important dans la destruction des habitas. La commision pour la survie des espèces de l' UICN estime que ce facteur est décisif en ce qui concerne l'extinction prochaine de deux sur cinq espèces vertébrées menacées.

Il nous faut bâtir une nouvelle civilisation qui refléterait le même souci de la nature que celui de la philosophie traditionnelle des Amérindiens:

" Nous n' héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants."

Le sens profond de la vie réside dans la conscience de ce que l'humanité ne vit pas seule en ce monde, que l'être humain n'est pas le roi, mais une partie de la nature. Cette idée doit s'intégrer dans nos principes éthiques.

Causes sous-jacentes à la perte de la biodiversité

Les feux gigantesques dans l'Amazonie ont été alimentés de deux manières: par les subventions versées à l'élevage industriel qui permettent que des ranches d'élevage soient taillés dans la jungle, et par l'accaparement de terres fertiles par des industries agro-alimentaires consacrées aux cultures d'exportation... des milliers de personnes, peut-être un million ont perdu leur terre ou l'accès à la terre et quisont poussés vers la forêt tropicale.

En Asie du Sud-Est, l'industrie du bois tropical est en train d'abattre les dernières forêts tropicales vierges contre la volonté des populations locales. Comme au Brésil les pratiques et droits traditionnels des communautés locales sont violés.

Les forêts tropicales figurent au nombre des écosystèmes qui enregistrent les taux de disparition les plus rapides...Si cette progression du taux de destruction n'est pas stoppée, la quasi-totalité des forêts tropicales restantes aura disparu d'ici 20 ans    ( rédigé en 1994 )

Ce fut la mort des écosystèmes tropicaux qui incita Paule et Ann Ehrlich au début des années 1980 à exprimer leurs craintes que, tandis que les écologist es des régions tempérées menaient des combats d'arrière-garde pour  " quelques espèces et populations menacées" dans leur pays, " les trésors de la diversité organique ne soient pillés dans les Tropiques."

Une évaluation socio-économique

     De nombreux rapports et articles traitant de la crise de la diversité biologique qualifient les forêts tropicases de " banques de gènes " ou de " pharmacies ". On regrette généralement qu'en raison de leur destruction continue, le monde industriel ne perde la chance d'utiliser de nouvelles plantes "miracles" et d'importantes ressources génétiques . Certes il est légitime de souligner l'importance considérable de ces forêts pour l'agriculture, la médecine et l'industrie du monde industrialisé ainsi que leur potentiel inexploité dans ces domaines. Mais ce type d'argument occupe une place si éminente dans le débat international que la valeur des forêts tropicales pour les populations humaines locales n'a été que peu abordée.

     L'utilisation de tous les écosystèmes, et non seulement des forêts tropicales, par les humains peut être envisagée sous trois angles principaux:

* Fonctions écologiques, y compris la sauvegarde et la protection des bassins fluviaux et dse sols, la régulation du climat et de l'habitat des espèces végétales et animales sauvages.

* Fonctions de subsistance, y compris la fourniture de nourriture, fibres, médicaments et autres produits consommés en marge de l' économie de marché.

* Fonctions commerciales, y compris les produits extractifs vendus au plan local et régional, les produits d'exportation tels que: résine, teintures, rotin et bois tropical, et les ressources génétiques employées dans l'agriculture et la syvilculture.

Les fonctions écologiques

Si nous comparons ces trois valeurs : Fonctions écologiques, Fonctions de subsistance, Fonctions commerciales.

Il s'avère que la préservation des fonctions écologiques des forêts tropicales est absolument prioritaire du point de vue social et économique. Bien que les forêts tropicales ne couvrent qu'un sixième de la surface de la terre, elles reçoivent la moitié de toutes les pluies qui tombent sur la terre. Des millions de tonnes d'eau traversent ces forêts dans un cycle sans fin de transpiration, évaporation et précipitation. Au fur et à mesure que les forêts sont détruites, leur capacité de réguler la température et l'humidité se perd, ce qui affecte sérieusement les climats locaux et régionaux.

     Les forêts tropicales sont un gigantesque réservoir d'eau qui protège les zones en aval contre les inondations et la sécheresse. Des études menées en Côte d'Ivoire sur les perturbations et la sécheresse.

Des études menées en Côte d'Ivoire sur les perturbations du régime de l'eau ont démontré que le niveau d'eau des riviières venant du parc national Tai est trois à cinq fois supérieur à la fin de la saison sèche à celui de rivières venant des zones voisines où les forêts du bassin fluvial ont été détruites pour les besoins des plantations de café.

Tout au long de l'année, et plus encore pendant la saison sèche, ces eaux jouent un rôle esssentiel pour léagriculture en aval.

En Amazonie, la plupart des communautés humaines sont installées le long des rivières et adaptent leur agriculture au cycle régulier des flots.

La perturbation des forêts du bassin fluvial a entraîné d'importantes pertes pour les communautés paysannes en aval.

Dans certaines régions déboisées du Pérou, les écoulements de l'eau sont cent cinquante fois supérieurs à ce qu'ils sont dans les forêts intactes. Dans ces régions, la production agricole en aval de la rivière a notablement souffert de l'accroissement des crues.

Dans les forêts tropicales intactes, seule une partie des précipitations atteint le sol, le reste étant absorbée par la végétation.

     Des études menées en Asie du Sud-Est démontrent que la canopée d'une forêt vierge intacte est capable d'absorber jusqu'à 35% des pluies.

     Après défrichement: ce taux tombe à moins de 20%.

     Dans les plantations de caoutchouc, la canopée absorbe en règle générale seulement 12% ds pluies. La plus faible absorption des pluies par la végétation engendre une très forte progression dans l'érosion du sol.

     Des plantations d'huile de palme, par exemple, peuvent perdre jusqu'à 11 fois plus de terre que les forêts naturelles.

     Le taux d'érosion des terrains tropicaux agricoles peut être 34 fois supérieur à celui des zones forestières naturelles.

CONSEQUENCES:

     Les conséquences écologiques de la dégradation et de la destruction des forêts tropicales affectent bien plus de monde que les 200 millions d'habitants de ces forêts.

     40 % des paysans des pays en développement vivent dans des zones agricoles qui dépendent des eaux de la forêt. 

    Ce n'est pas sans raison que les populations rurales de Thaïlande, Malaisie, Indonésie et des Philipines s'opposent activement à la déforestation.

    La catégorie de réfugiés la plus nombreuse dans le tiers monde est aujourd'hui (1994 ) constituée des millions de personnes qui ont été déplacées par suite de la destruction du milieu naturel.

     Assurer les fonctions écologiques de la forêt revient à assurer la survie de ceux qui en dépendent.

HISTOIRE DU LOUP:

Les premiers mammifères apparurent il y a 200 millions d'années à l'époque des Dinosauriens. Ils se déplaçaient agilement dans les arbres et les fourrés. Ils protégeaient leurs petits: allaitement, sociabilité. Leur fourrure les protégeaient du froid.

Il y a 65 millions d'années un animal pas plus grand qu'un écureuil chassait les insectes.

Il y a 58 millions d'années naissance des carnivores et des créodontes, ensuite disparus. Il y a aujourd'hui 98 genrs de carnivores, antérieurement il y en avait 45.

Il y a 55 millions d'années: apparition de mammifères  les miacidés. De taille moyenne ils pouvaient grimper aux arbres. Ceratins ressemblaient à une martre et occupaient le Nouveau Monde. D'autres semblables à la genette, vivaient dans l'Ancien Monde.

Les vulpavines ont donné la branche des canidés et des pinipèdes; les vivarines celle des chats et des viverridés.

LES PREMIERS LOUPS D'EUROPE

Ils apparaissent il y a 2 millions d'années.

Premiers loups d'Amérique

L'alternance des périodes glacières et tempérées du Pléistocène provoque un formidable brassage de la faune à l'échelle planétaire. Elle entraîne des migrations gigantesques chez les herbivores suivis de leurs prédateurs. Les loups ont occupé l'Amérique du nord il y a 750 000 ans, l'Asie, le Moyen-Orient, et l'Europe. Il y a environ 7000 ans, le loup gris est devenu le plus grand canidé.

FAMILLE DU LOUP:  14 genres et 38 espèces. Tous les canidés sont des animaux terrestres qui se meuvent rapidement et mettent bas dans des cavités naturelles ou creusées. ils communiquent entre eux gràce à des mimiques faciales, des postures du corps et de la queue, et par la vocalisation. Ils se reproduisent une fois par an.

Le chien domestique est le plus proche parent du loup. Le nom latin du loup: canis familiaris lupus , le chien : canis familiaris familiaris. Il serait judicieux de protéger un écotype possédant une histoire. 

SOUS-ESPECES DU LOUP

Comme le loup a été éradiqué de la quasi-totalité du territoire des Etats-Unis, des "sous-espèces" ont disparu.

Les populations du nord-est et eu nord-ouest ont été séparées par les glaces. Le loup occupait originellement toute l'Amérique. Le record de migration connu est de 886 kms pour un mâle et 840 kms pour une femelle.

Le loup rouge : canis rufus. Il se situe entre le coyote et le loup. C'est un animal social. Ils vivent en meute occupe un territoire qu'ils défendent. Ils peuvent tuer un loup étranger. Les jeunes aident les parents à élever les petits. Il se nourrit principalement de jeunes cerfs,( ils mangent les cerfs adultes charognes)  et de ratons laveurs.

Le loup rouge aurait pour origine une hybridation entre le coyote et le loup.

Le loup serait à l'origine de toutes les races actuelles de chiens. Une étude confirme que le loup est bien l'ancêtre du chien.

L'origine du chien remonterait à plus de 135 000 an. Loups et chiens n'auraient cessé d'échanger des gènes.

Au néolithique quand le chasseur-cueilleur est devenu cultivateur, donc sédentaire, il a certainement imposé une nouvelle sélection aux chiens qu'il a progressivement isolés de leurs congénères lupus, en les leaissnat errer dans les villages où ils venaient se nourrir. De nos jours, il existerait 200 à 400 races de chiens.

PARIS

Paris est né, comme on sait, dans cette vieille île de la Cité qui a la forme d'un berceau. La grève de cette île fut sa première enceinte, la Seine son premier fossé. Paris demeura plusieurs siècles à l'état d'île, avec deux ponts, l'un au nord, l'autre au midi, et deux têtes de pont, qui étaient à la fois ses portes et ses forteresses: le Grand-Châtelet sur la rive droite, le Petit-Châtelet sur la rive gauche.

Puis, dès les rois de la première race, trop à l'étroit dans son île, et ne pouvant plus s'y retrourner, Paris passa l'eau. Alors, au-delà du Grand, au delà du Petit-Châtelet, une première enceinte de murailles et de tours commença à entamer la campagne des deux côtés de la Seine. De cette ancienne clôture il restait encore au siècle dernier quelques vestiges; aujourd'hui, il n'en reste que le souvenir, et çà et là une tradition, la porte Baudets ou Baudoyer, Porta Bagauda. 

Peu à peu le flot des maisons, toujours poussé du coeur de la ville au dehors, déborde, ronge, use et efface cette enceinte. Philippe-Auguste lui fait une nouvelle digue. Il emprisonne Paris dans une chaîne circulaire de grosses tours, hautes et solides. Pendant plus d'un siècle, les maisons se pressent, s'accumulent et haussent leur niveau dans ce bassin, comme l'eau dans un réservoir. Elles commencent à devenir profondes; elles mettent étages sur étages; elles montent les unes sur les autres; elles jaillissent en hauteur comme toute sève comprimée, et c'est à qui passera la tête au-dessus de ses voisines pour avoir un peu d'air.

La rue de plus en plus se creuse et  se rétrécit; toute place se comble et disparaît. Les maisons enfin sautent par-dessus le mur de Philippe-Auguste, et s'éparpillent joyeusement dans la plaine, sans ordre et tout de travers, comme des échappées. Là elles se carrent, se taillent des jardins dans les champs, prennent leurs aises.

Dès 1367, la ville se répand tellement dans le faubourg qu'il faut une nouvelle clôture, surtout sur la rive droite; Charles V la bâtit. Mais une ville comme Paris est dans une crue perpétuelle. Il n'y a que ces villes-là qui deviennent capitales. Ce sont des entonnoirs où  viennent aboutir tous les versants géographiques , politiques, moraux, intellectuels d'un pays, toutes les pentes naturelles d'un peuple; des puits de civilisation, pour ainsi dire, et aussi des égouts, où commerce, industrie, intelligence, population, tout ce qui est âme dans une nation, filtre et s'amasse sans cesse, goutte à goutte, siècle après siècle. L'enceinte de Charles V a donc le sort de l'enceinte de Philippe Auguste. Dès la fin du quinzième siècle, elle est enjambée, dépassée, et le faubourg court plus loin.

 Au seizième, il semble qu'elle recule à vue d'oeil et s'enfonce de plus en plus dans la vieille ville, tant une ville neuve s'épaissit au dehors. Ainsi, dès le quinzième siècle, pour nous arrêter là, Paris avait déjà usé les trois cercles contentriques de murailles qui, du temps de Julien l'Apostat, étaient pour ainsi dire, en germe dans le Grand-Châtelet et le Petit-Châtelet. La puissante ville avait fait craquer successivement ses quatre ceintures de murs, comme un enfant qui grandit et qui crève ses vêtements de l'an passé. Sous Louis XI, on voyait, par places, percer, dans cette mer de maisons, quelques groupes de tours en ruines des anciennes enceintes, comme les pitons des collines dans une inondation, comme des archipels du vieux Paris submergé sous le nouveau. 

Notre Dame de Paris:

L'incendie de Notre Dame de Paris en 2019 a touché le monde entier...Victor Hugo nous a relaté la naissance et le développement de Paris, et grâce à son récit nous découvrons ce que fut l'évènement puissant de la découverte de Notre Dame de Paris.

Il y a  aujourd'hui trois cent quarante-huit ans six mois et dix-neuf jours que les Parisiens s'éveillèrent au bruit de toutes les cloches sonnant à grande volée dans la triple enceinte de la Cité, de l'Université et de la Ville.

Pose de la première pierre de la cathédrale Notre Dame de Paris : le 12 décembre mille cent soixante deux : 12.12.1162

Ce n'est cependant pas un jour dont l'histoire ait gardé souvenir que le 6 janvier 1482.

Rien de notable dans l'évènement qui mettait ainsi en branle, dès le matin , les cloches et les bourgeois de Paris.

...

Le 6 janvier, ce qui mettoit en émotion tout le populaire de Paris, comme dit Jehan de Troyes, c'était la double solennité, réunie depuis un temps imméorial, du jour des Rois et de la fête des Fous.

Le peuple affluait surtout dans les avenues du Palais-de-Justice, parce qu'on savait que les ambassadeurs flamands, arrivés de la veille, se proposaient d'assister à la représentation du mystère et à l'élection du pape des fous, laquelle devait se faire également dans la grand'salle.

Aux portes, aux fenêtres, aux lucarnes, sur les toits, fourmillaient des milliers de bonnes figures bourgeoises, calmes et honnêtes, regardant le palais, regardant la cohue, et n'en demandant pas d'avantage; car bien des gens à Paris se contentent du spectacle des spectateurs, et c'est déjà pour nous une chose très-curieuse qu'une muraille derrière laquelle il se passe quelque chose.

S'il pouvait nous être donné à nous, hommes de 1830, de nous mêler en pensée à ces Parisiens du quinzième siècle et d'entrer avec eux, tiraillés, coudoyés, culbutés, dans cette immenxe salle du Palais, si étroite le 6 janvier 1482.

LIVRE TROISIEME

Sans doute, c'est encore aujourd'hui un majestueux et sublime édifice que l'église de Notre Dame de Paris. Mais si belle qu'elle soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s'indigner devant les dégradations, les mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne, qui en avait posé la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait posé la dernière.

Sur la face de cette vieille reine de nos cathédrales, à côté d'une ride on trouve toujours une cicatrice.

"Tempus edax, homo edacior " ce que je traduirais volontiers ainsi: " le temps est aveugle, l'homme est stupide "

Et d'abord, pour ne citer que quelques exemples capitaux, il est à coup sûr, peu de plus belles pages architecturales que cette façade où successivement et à la fois, les trois portails creusés en ogive, le cordon brodé et dentelé des 28 niches royales, l'immense rosace centrale flanquée de ses deux fenêtres latérales comme le prêtre du diacre et du sous-diacre, la haute et frêle galerie d'arcades à trèfle qui porte une lourde plate-forme sur ses fines colonnettes, enfin les deux noires et massives tours avec leurs auvents d'ardoise, parties harmonieuses d'un tout magnifique, superposées en cinq étages gigantesques, se développent à l'oeil, en foule et sans trouble, avec leurs innombrables détails de statuaire, de sculpture et de ciselure, ralliés puissamment à la tranquille grandeur de l'ensemble; vaste symphonie en pierre, pour ainsi dire: oeuvre colossale d'un homme et d'un peuple, tout ensemble une et complexe comme les Iliades et les romanceros dont elle est soeur; produit prodigieux de la cotisation de toutes les forces d'une époque, où sur chaque pierre  on voit saillir en cent façons la fantaisie de l'ouvrier disciplinée par le génie de l'artiste; sorte de création humaine, en un mot, puissante et féconde comme la création divine dont elle semble avoit dérobé le double caractère: variété, éternité.

Et ce que nous disons ici de la façade, il faut le dire de l'église entière; et ce que nous disons de l'église cathédrale de Paris, il faut le dire de toutes les églises de la chrétienté au moyen âge. Tout se tient dans cet art venu de lui-même, logique et bien proportionné. Mesurer l'orteil du pied, c'est mesurer le géant.

     Revenons à la façade de Notre Dame, telle qu'elle nous apparaît encore à présent, quand nous allons pieusement admirer la grave et puissante cathédrale, qui terrifie, au dire de ses chroniqueurs ;

  "quae mole sua terrorem inculit spectantibus."

Trois choses importantes manquent aujourd'hui à cette façade :

d'abord le degré de onze marches qui l'exhaussait jadis au-dessus du sol; ensuite la série inférieure de statues qui ocupait les niches des trois portails, et la série supérieure des vingt-huit plus anciens rois de France, qui garnissait la galerie du premier étage , à partir de Childebert jusqu'à Philippe-Auguste, tenant en main " la pomme impériale ".

     Le degré, c'est le temps qui l'a fait disparaître en élevant d'un progrès irresistible et lent le niveau du sol de la Cité; mais tout en faisantdévorer une à une, par cette marée montante du pavé de Paris, les onze marches qui ajoutaient à la hauteur majestueuse de l'édifice, le temps a rendu à l'église plus peut-être qu'il ne lui a ôté, car c'est le temps qui a répandu sur la façade cette sombre couleur ds siècles qui fait de la vieillesse des monuments l'âge de leur beauté.

     Mais qui a jeté bas les deux rangs de statues ? qui a laissé les niches vides ? qui a taillé, au beau milieu du portail central, cette ogive neuve et bâtarde ? Qui a osé y encadrer cette fade et lourde porte de bois sculptée à la Louis XV, à côté des arabesques de Biscornette ? Les hommes, les architectes, les artistes de nos jours. 

     Si nous entrons dans l'intérieur de l'edifice, qui a renversé ce colosse de saint Christophe, proverbial parmi les statues au même titre que la grand'salle du Palais parmi les statues au même titre que la grand'salle du Palais parmi les salles, que la flèche de Strasbourg parmi les clochers ? et ces myriades de statues qui peuplaient tous les entre-colonnements de la nef et du choeur, à genoux, en pied, équestres, hommes, femmes, enfants, rois, évêques, gendarmes, en pierre, en marbre, en or, en argent, en cuivre, en cire même, qui les a brutalement balayées ? Ce n'est pas le temps.

     Et qui a substitué au vieil autel gothique, splendidement encombré de châsses et de reliquaires, ce lourd sarcophage de marbre à têtes d'anges et  à nuages, lequel semble un échantillon dépareillé du Val-de-Grâce ou des Invalides ? Qui a bêtement scellé ce lourd anachronisme de pierre dans le pavé carlovingien de Hercandus ? N'est-ce pas Louis XIV accomplissant le voeu de Louis XIII ?

     Et qui a mis de froides vitres blanches à la place de ces vitraux " hauts en couleur " qui faisaient hésiter l'oeuil émerveilléde nos pères entre la rose du grand portail et les ogives de l'abside ? Et que dirait un sous-chantre du seizième siècle, en voyant le beau badigeonnage jaune dont nos vandales archevêques ont barbouillé leur cathédrale ? Il se souviendrait que c'était la couleur dont le bourreau brossait les édifices scélérés ; il se rappellerait l'hôtel du Petit-Bourbon, tout englué de jaune aussi pour la trahison du connétable; " Jaune après tout de si bonne trempe, dit Sauval, et si bien recommandé, que plus d'un siècle n'a pu encore lui faire perdre sa couleur. " Il croirait que le lieu saint est devenu infâme et s'enfuirait.

     Et si nous montons sur la cathédrale, sans nous arrêter à mille barbaries de tout genre ,qu'a-t-on fait de ce chaemant petit clocher qui s'appuyait sur le point d'intersection de la croisée, et qui, non moins frêle et non moins hardie que sa voisine (détruite aussi) de la Sainte-Chapelle, s'enfonçait dans le ciel plus avant que les tours, élancé, aigu, sonore, découpé à jour? Un architecte de bon goût (1787) l'a amputé, et a cru qu'il suffisait de masquer la plaie avec ce large emplâtre de plomb qui ressemble au couvercle d'une marmite. C'est ainsi que l'art merveilleux du moyen âge a été traité presque en tout pays, surtout en France. 

     On peut distinguer sur sa ruine trois sortes de lésions, qui toutes trois l'entament à différentes profondeurs :                          le temps d'abord qui a insensiblement ébréché çà et là et rouillé partout sa surface; ensuite, les révolutions politiques et religieuses, lesquelles, aveugles et colères de leur nature, se sont ruées en tumulte sur lui, ont déchiré son riche habillement de sculptures et de ciselures, crevé ses rosaces, brisé ses colliers d'arabesques  et de figurines,arraché ses statues, tantôt pour leur mitre, tantôt pour leur couronne; enfin, les modes, de plus en plus grotesques et sottes, qui depuis les anarchiques et splendides déviations de la Renaissance, se sont succédé dans la décadence nécessaire de l'architectur. Les modes ont fait plus de mal que les révolutions. Elles ont tranché dans le vif, elles ont attaqué la charpente osseuse de l'art; elles ont coupé, taillé, désorganisé, tué l'édifice, dans la forme comme dans le symbole, dans sa logique comme dans sa beauté. Et puis, elles ont refait; prétention que n'avaient eue, du moins, ni le temps, ni les révolutions. 

Elles ont effrontément ajusté, de par le bon goût , sur les blessures de l'architecture gothique, leurs misérables colifichets d'un jour, leurs rubans de marbre, leurs pompons de métal : véritable lèpre d'oves, de volutes, d'entournements, de draperies, de guirlandes, de frange, de flammes de pierre, de nuages de bronze, d'amours replets, de chérubinsbouffis, qui commence à dévorer la face  de l'art dans l'oratoire de Catherine de Médicis, et le fait expirer, deux siècles après, tourmenté et grimaçant dans le boudoir de la Dubarry. 

 

 

 

The Human Cycle

The Psychology of Social Developement.

CHAPTER XVI

THE SUPRARATIONAL ULTIMATE OF LIFE

In all the higher powers of his life man may be said to be seeking, blindly enough, for God. to get at the Divine and Eternal in himself and the world and to harmonise them, to  put his being and his life in tune with the Infinite reveals itself in these parts of his nature as his concealed aim and his destiny. He sets out to arrive at his highest and largest and most perfect self, and the moment he at all touches upon it, this self in him appears to be one with some great Soul and Self of Truth and Good and Beauty in the world to which we give the name of God. To get at this as a spiritual presence is the aim of religion, to grow into harmonay with its eternal nature of light, love, strength and purity is the aim of ethics, to enjoy and mould ourselves into the harmony of its eternal beauty and delight is the aim and consummation of our aesthetic  need and nature, to know and to be according to its eternal principles of truth is the end of science and philosophy and of all our insistent drive towards knowledge. 

The Discovery of the Absolute Brahman

     The idea of transcendental Unity, Oneness, and stability behind the flux and variety of phenomenal life is the basal idea of the Upanishads : this the pivot of all Indian metaphysics, the sum and goal of our spiritual experince. To the phenomenal world around us stability and singleness seem at first to utterly alien; nothing but passes and changes, nothing but has its counterparts, contrasts, harmonised and dissident parts; and all are perpetually shifting and rearranging their relative positions and affections. Yet if one thing is certain, it is that the sum of all this change and motion is absolutely stable, fixed and unvarying, that all this heterogeneous and one. Otherwise nothing could endure, nor could there be any certainty in existence. And this unity, stability, unvarying fixity which reason demands, and ordinary experience points to is being ascertained slowly but surely by the investigations of Science. we can no longer escape from the growing conviction that however the parts may change and shift and appear to perish, yet the sum and the whole remains unchanged, undimished and imperishable; however multitudinous, mutable and mutually irreconcilable forms and compounds may be, yet the grand substratum is one, simploe and enduring; death itself is not a reality but a seeming, for what appears to be destructio, is merely tranformation and a preparation for rebirth.

                      HUBERT REEVES

         Oiseaux, merveilleux oiseaux.

                Dialogues du ciel et de la vie

    Serait-ce la fin de l'évolution naturelle?

Depuis que la vie est apparue sur terre, il y a quelque quatre milliards d'années, l'extinction d'espèces a toujours été un phénomène naturel. De toutes les espèces ayant peuplé la terre, seuls entre 1 et 6 pour cent existent toujours. Certains paléontologues estiment que la durée de vie moyenne des espèces vertébrées est d'environ 5 millions d'années.  Des extinctions massives eurent lieu avant que l' homo sapiens apparaisse sur la planète. La dernière s'est produite il y a 65  millions d'années et a causé la disparition de la presque totalité du plancton marin, de nombreuses grandes familles d'invertébrés marins et de l'ensemble des dinosaures. L'être humain est-il réellement responsable de l'extinction massive actuelle?

 Au cours des derniers  200 millions d'années, chaque siècle a vu la disparition de quelque 90  espèces dans le cadre d'un processus évolutif naturel. Simultanément, l'évolution a fait apparaître de nouvelle formes de vie qui ont plus que compensé les espèces perdues. De nos jours, le taux d'extinction est environ 40 000 fois plus élevé que ce taux " historique " en raison des activités de l'homo sapiens.

Or, cette disparition massive menace non seulement de dépasser toutes les extinctions du passé, mais les conditions en ce qui concerne le développement de nouvelles espèces n'ont jamais été pires. Différents éléments, tous interconnectés, expliquent cet état de fait.

 Jamais encore une seule espèce n'a influé de manière aussi déterminante sur les conditions environnementales de toute la planète.

" Au retour d'une expédition au Sahara, j'ai connu d'importants problèmes de santé... Les infirmières me "changent " jour et nuit. ..L'idée de la mort me devient douce. Une nuit d'insomnie, je lève les yeux vers la fenêtre et reconnais les étoiles de la Grande Ourse. Je sens monter en moi une intense émotion et m'entends dire: " Je suis en vie! ". Les yeux fixés sur la constellation, ces mots se répètent plusieurs fois dans ma tête. L'idée de la mort ne m'a plus jamais effleuré.

Il me remonte aussi à l'esprit que mon corps souffrant plonge ses racines dans la vaste étendue des espaces et des temps cosmiques. Le scintillement des étoiles aperçu par la fenêtre de ma chambre d'hôpital me rappelle la moisson d'atomes qu'elles élaborent dans leur coeur et qui jouent un rôle si important dans l'évolution de l'univers. 

L'écriture de ce livre a été largement motivée par la demande d'un éducateur spécialiste des adolescents en difficulté. Invité dans son institution au Québec, j'ai pu m'entretenir avec un groupe de jeunes gens. J'ai senti leur démobilisation profonde, voire leur désespoir*

" Vous ne sauriez imaginer à quel point vos propos sur les étoiles et le cosmos les atteignent en profondeur. Ils en parlent constamment. A travers leurs mots, on entend un désir de réveiller leur pulsion de vie atrophiée. "

A une autre occasion, un psychanalyste m'a parlé des résonances bénéfiques qu'une causerie sur l'ordre et la beauté du ciel avait fait vibrer chez des schizophrènes et de la sérénité qui en avait résulté.

Suite à ces échanges, j'ai entrepris la rédaction de ce livre:  "Oiseaux, merveilleux oiseaux" pour expliquer, à ceux sur qui la vie pèse trop lourd, à quelle merveilleuse séquence de phénomènes cosmiques ils doivent leur existence.